Les images sont à peine croyables. Des maisons suspendues au-dessus d’un gouffre de vingt mètres, des voitures englouties, des canalisations qui pendent dans le vide. Ces images de chaos nous proviennent de Niscemi, petite ville de 25 000 habitants située dans le sud de la Sicile. Les raisons de ce désastre : un glissement de terrain déclenché par le passage dévastateur du cyclone Harry.
Le glissement de terrain a créé une véritable falaise, avec une paroie de 40 mètres de hauteur à des endroits, et désormais sur quatre kilomètres de long. Une cicatrice béante qui menace d’engloutir des pans entiers de cette commune située sur un plateau dominant la plaine de Gela, dans le sud de l’île. « La colline entière est en train de s’effondrer », a reconnu Fabio Ciciliano, le chef de la protection civile italienne, lors d’une conférence de presse sur place.
Plus de 1 500 personnes ont dû quitter leur domicile dans l’urgence. Certaines n’ont même pas eu le temps de rassembler leurs affaires. « Des visages incrédules et perdus, des yeux embués de larmes, des enfants effrayés portant des objets précieux », a témoigné Luigi Virone, médecin à l’hôpital local, décrivant les scènes auxquelles il a assisté dimanche, quelques heures après le début de la catastrophe.
Une semaine après la catastrophe, les rues et les bâtiments continuent de tomber. La zone d’exclusion pourrait augmenter (elle est actuellement de 150 mètres aux abords de la falaise).
La saturation des sols de Niscemi, une catastrophe prévisible
Le pire dans tout cela : la catastrophe était prévisible. Niscemi est construite sur des couches de sable et d’argile particulièrement perméables en cas de fortes pluies. Les géologues alertent depuis des décennies sur les risques d’instabilité. En 1997, un premier glissement de terrain avait déjà contraint 400 habitants à évacuer. Près de trente ans plus tard, l’histoire se répète, en bien pire.
« Nous avons eu le premier glissement il y a trente ans, et personne n’a jamais rien fait », lâche un résident, amer, aux journalistes présents sur place. La polémique enfle désormais sur les autorisations de construire accordées au fil des années sur des terrains dont la dangerosité géologique était documentée. Les sols, gorgés d’eau, s’effondrent comme du sable.
Homes teeter on the edge of a huge cliff created by a landslide in the hilltop town of Niscemi on the Italian island of Sicily. pic.twitter.com/6gwoWC6hrN
— ABC News (@ABC) January 28, 2026
Renato Schifani, le président de la région Sicile, a reconnu que ces questions étaient « légitimes », tout en rappelant qu’il n’était en poste que depuis quelques années. Une défense qui passe mal auprès des sinistrés, qui ont peur de ne jamais pouvoir regagner leur domicile.
Car le glissement de terrain reste actif. Les pluies continuent de tomber, aussi le sol gorgé d’eau poursuit sa lente progression vers la plaine. Les autorités ont établi une zone d’exclusion de 150 mètres autour de la faille, interdisant tout accès. « Soyons clairs : les maisons situées en bordure du glissement ne pourront plus jamais être habitées », a tranché Fabio Ciciliano, annonçant que les familles concernées seraient relogées de manière permanente.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni s’est rendue sur place mercredi et a survolé la zone en hélicoptère avant de rencontrer les élus locaux. Elle a qualifié la situation de « particulièrement complexe » et promis que les 100 millions d’euros débloqués en urgence pour les trois régions touchées par le cyclone ne constituaient qu’une première étape. Les autorités siciliennes estiment de leur côté les dégâts à plus de deux milliards d’euros pour l’ensemble de l’île.
- La ville sicilienne de Niscemi, 25 000 habitants, est victime d’un glissement de terrain de quatre kilomètres provoqué par le cyclone Harry.
- Plus de 1 500 personnes ont été évacuées et ne pourront jamais regagner leur domicile selon les autorités.
- La catastrophe relance la polémique sur les permis de construire accordés pendant des décennies sur des terrains connus pour leur risque géologique élevé.
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