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Aurores boréales : pourquoi ont-elles été si nombreuses ces derniers jours ?

Des aurores boréales d’une intensité et d’une fréquence exceptionnelles ont illuminé les cieux nocturnes ces derniers jours à de multiples endroits de notre planète. Il y a bien une explication à cela.

Depuis quelques nuits, un spectacle d’une rare beauté se déroule dans le ciel : des aurores boréales d’une intensité inhabituelle, aux teintes vibrantes de vert et de rouge, illuminent le ciel bien au-delà de leurs latitudes habituelles. La France elle même a été concernée pendant le week-end de l’Ascension, ainsi que d’autres zones du monde : Autriche, Suisse, Californie ou encore Russie.

Ce phénomène extraordinaire, directement lié à des tempêtes solaires d’une ampleur remarquable, rappelle les grandes perturbations de 2003, connues sous le nom de « Great Halloween Solar Storms ». Une série de puissantes tempêtes solaires qui se sont produites de fin octobre à début novembre 2003. Celles-ci étaient parmi les plus puissantes jamais enregistrées et ont causé des perturbations très importantes sur Terre. Si ces événements célestes ne sont pas sans risque, ils ont jusqu’à présent davantage fasciné par leur beauté que par leur potentiel destructeur. Ces derniers jours n’ont pas fait exception.

L’origine des tempêtes : des perturbations solaires massives

Si ces aurores ont été si spectaculaires, c’est qu’elles ont été provoquées par deux tempêtes géomagnétiques majeures de niveau G5, considérées parmi les plus intenses possibles sur l’échelle utilisée pour mesurer ce type de phénomène. Ces dernières, d’une puissance phénoménale, ont été déclenchées par des éjections de masse coronales (CME), de gigantesques explosions de plasma et de champs magnétiques expulsés par le Soleil.

Ces CME proviennent d’une région d’activité solaire particulièrement intense, identifiée sous le nom de AR 3664. Cette zone, connue pour sa propension à générer des éruptions solaires de classe X, les plus énergétiques et puissantes qui soient, a récemment libéré une série d’événements solaires d’une ampleur exceptionnelle.

C’est précisément cette interaction entre les CME et le champ magnétique terrestre qui est à l’origine des magnifiques aurores boréales que nous avons pu observer ces derniers jours. Du moins les quelques chanceux qui ont pu y assister Lorsque les particules énergétiques projetées par le soleil percutent notre planète, elles sont guidées par le champ magnétique terrestre vers les pôles. À ce moment-là, elles entrent en collision avec les molécules de l’atmosphère, créant ainsi ces fascinantes lueurs ondulant dans le ciel.

Des conséquences visibles et invisibles

La couleur des aurores dépend de plusieurs facteurs : l’altitude à laquelle se produisent les interactions entre les particules solaires et l’atmosphère terrestre. Ces interactions se produisent essentiellement dans la thermosphère, à des altitudes comprises entre 80 et 300 km au-dessus de la surface de la Terre. La nature des particules solaires impliquées dans le processus jouent également un rôle sur la coloration des aurores (protons ou électrons). Les aurores vertes sont les plus communes et résultent généralement d’interactions à des altitudes comprises entre 100 et 300 km. Elles sont principalement dues à l’excitation d’atomes d’oxygène. En revanche, les aurores rouges, d’une teinte plus flamboyante, proviennent de réactions plus élevées, entre 300 et 400 km, et impliquent des molécules d’azote. Ces manifestations sont la partie émergée de l’iceberg.

La partie invisible de l’activité du Soleil sur la Terre peut avoir des conséquences assez importantes. Ces tempêtes solaires peuvent, en effet, entraîner de graves perturbations sur les réseaux électriques, affectant potentiellement le fonctionnement de certains appareils et infrastructures. De même, les communications satellites et radiofréquences peuvent être temporairement perturbées. Ces impacts passent bien souvent inaperçus aux yeux du grand public, mais ce n’est pas toujours le cas.

Certaines éruptions solaires dans le passé ont eu des effets qui, pour le coup, ont été parfaitement visibles. En mars 1989, une tempête géomagnétique d’une rare violence a frappé la Terre. Provoquée par une éruption de 36 fois la taille de la Terre, elle a provoqué une véritable panique. Plus de six millions de Québecois se sont retrouvés sans électricité pendant neuf heures et une opération militaire de l’ONU en Namibie a été également perturbée. Survenu en pleine guerre froide, certains ont même cru à une attaque nucléaire surprise.

Actuellement, les tempêtes solaires sont assez intenses et l’activité solaire, approchant le pic de son cycle de 11 ans, il est fort probable que d’autres manifestations de la même envergure se reproduisent. Chercheurs et prévisionnistes, notamment ceux du NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) ont les yeux rivés vers le ciel afin de surveiller ces phénomènes pour évaluer les risques. En attendant, le spectacle des aurores continuera à faire briller nos yeux !

  • Ces derniers jours, de nombreuses aurores boréales ont parsemé le ciel à des endroits inhabituels.
  • Un phénomène provoqué par deux violentes tempêtes géomagnétiques qui ont eu lieu dans la région AR 3664 du Soleil.
  • Ces tempêtes peuvent aussi perturber gravement les réseaux électriques.

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