La pire des pollutions, ce n’est pas l’usage, mais la fabrication. C’est en cette phrase que l’on pourrait résumer le dernier rapport de l’Arcep sur l’empreinte environnementale des produits technologiques. L’agence gouvernementale estime que 75% de la pollution générée dans la vie entière d’un appareil comme un smartphone provient de sa seule production.
Si ce chiffre peut donner le tournis, il démontre que la fabrication d’appareils est bien plus polluante que leur utilisation de tous les jours. Dans son rapport, l’Arcep estime que 81% de la pollution française liée aux nouvelles technologies provient des “terminaux” (smartphones, tablettes et objets connectés). Le réseau informatique souvent pointé du doigt avec ses immenses data centers ne représente lui que 5% de cette pollution.
Une pollution à la source
Toujours selon le rapport de l’Arcep “Pour un numérique soutenable”, la seule production d’un smartphone représenterait 75% de ses émissions globales. C’est à peu près la même proportion pour les ordinateurs et les postes de télévision, mais dans des niveaux bien plus élevés.
Face à ce problème de “pollution originelle” les associations de consommateurs ainsi que l’Arcep donnent tous le même conseil. Il faut réussir à faire durer l’utilisation d’un appareil électronique le plus possible, réduisant ainsi le nombre de smartphones que vous aurez en main au cours de votre vie.
Une solution, faire durer
Comme pour les voitures électriques, très polluantes à produire, c’est une utilisation sur le long terme qui permettra de “lisser” cette “pollution originelle”. Pour les smartphones, une entreprise propose déjà cette solution, c’est Fairphone.
Le constructeur néerlandais a construit ses modèles sur un principe simple, donner la possibilité aux utilisateurs de réparer leur appareil. Ainsi, la marque européenne annonce que son dernier Fairphone 4 pourrait très bien fonctionner à pleine puissance pendant 5 à 7 ans en changeant une à deux fois la batterie ou l’écran.
Le marché du smartphone doit s’adapter
Des réparations qui ont un prix, mais qui sont toujours moins coûteuses que l’achat d’un nouvel appareil. Si cette initiative à le mérite de proposer une solution aux consommateurs, elle est bien la seule à le faire pour le moment. En effet, les autres constructeurs de smartphones, Apple en tête, ne semblent pas préoccuper par la réparation et la durée de vie des appareils.
Si les derniers iPhone, au même titre que les Galaxy S4 de Samsung ou le Pixel 8 de Google, sont garantis 7 ans au niveau logiciel, les coûts de réparation continuent de s’envoler et le moindre changement de la batterie demande de passer en magasin.
Produire moins pour produire mieux
L’autre grand combat qui doit occuper les constructeurs de smartphones dans les prochaines années, c’est la quantité de production. Produire un smartphone n’est pas une activité sans conséquence pour la planète, il faudrait donc la réduire au strict minimum pour répondre à une demande donnée.
Avec une baisse de cette dernière, un fossé est en train de se creuser entre le nombre d’appareils produits et le nombre de smartphones en vente. Ces stocks d’invendus sont des cimetières à pollution.
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