Passer au contenu

Avion à hydrogène 100 % électrique : Airbus fait un pas de géant pour le transport de demain

Airbus s’apprête à briser un tabou historique en fabriquant ses propres moteurs d’avion, grâce à une alliance inédite à 1,2 milliard d’euros avec l’allemand MTU. Découvrez comment ce futur géant européen veut imposer le moteur électrique à hydrogène.

C’est un petit séisme. Airbus bouscule ses habitudes pour développer des moteurs d’avions. Jusqu’ici, la répartition des rôles était stricte : le constructeur assemblait les avions, et achetait ses moteurs à des spécialistes comme Rolls-Royce ou GE Aerospace. Mais dans un communiqué, il annonce s’associer au motoriste allemand MTU Aero Engines pour créer une coentreprise valorisée à plus de 1,2 milliard d’euros. Détenue à 75 % par Airbus, cette nouvelle entité devrait démarrer ses activités dès 2027.

Cette alliance vise à bâtir un « mastodonte européen capable de transformer la recherche avancée en systèmes de propulsion électriques industrialisés et certifiables », explique Bruno Fichefeux, directeur des programmes futurs chez Airbus. Objectif : « garantir notre souveraineté stratégique dans les technologies aéronautiques de nouvelle génération ».

Ainsi, cette union est exclusivement dédiée à l’avion à hydrogène, considéré comme l’appareil du futur. Exit la très polluante combustion classique.

Le choix de la pile à combustible

Cependant, deux technologies s’opposent autour de l’hydrogène. D’un côté, on a la combustion directe, qui consiste à brûler de l’hydrogène dans des turbines modifiées. Et de l’autre, on retrouve la pile à combustible, le choix technologique désormais privilégié par Airbus.

Son fonctionnement s’apparente à une petite centrale électrique embarquée : une réaction électrochimique entre l’hydrogène et l’oxygène de l’air produit de l’électricité. Puis celle-ci alimente ensuite des moteurs électriques qui font tourner les hélices. Car, contrairement à la combustion directe, qui génère encore des oxydes d’azote à cause de la chaleur, la pile à combustible n’émet aucun gaz polluant. Son unique rejet en plein vol est de la simple vapeur d’eau.

Les récents progrès d’Airbus dans les tests de prototypes et le stockage de l’hydrogène liquide sous très basse température ont fini par valider la viabilité de cette option 100 % électrique. Cette ambition va « profondément façonner l’aviation du futur, de la même manière que les véhicules électriques ont transformé l’industrie automobile », estime Bruno Fichefeux.

Airbus Ventes
© Coby Wayne / Shutterstock.com

Le défi des infrastructures

Mais le chemin vers un transport aérien neutre en carbone est encore très long. Si la coentreprise prendra vie en 2027, le premier vol commercial n’arrivera pas tout de suite. Airbus a d’ailleurs repoussé ses ambitions initiales de 2035 vers l’horizon 2040-2045.

Car le monde n’est pas encore prêt : il faudra produire ce carburant proprement et en quantité massive, mais aussi adapter les infrastructures des aéroports pour stocker et distribuer un gaz hautement inflammable sous forme liquide. « Nous voulons créer une entreprise qui couvre l’ensemble du cycle de vie des moteurs à pile à combustible – du développement et des essais à la commercialisation, en passant par la certification », rappelle Stefan Weber, vice-président de l’ingénierie chez MTU. Il faudra donc s’armer de patience, même si c’est un bon début.

  • Airbus s’associe à l’allemand MTU pour créer une coentreprise à 1,2 milliard d’euros et fabriquer ses propres moteurs.
  • Le projet mise tout sur des moteurs 100 % électriques alimentés par une pile à combustible à hydrogène, qui ne rejette que de la vapeur d’eau.
  • Si la nouvelle entité sera opérationnelle dès 2027, le premier avion de ligne commercial de ce type ne devrait pas décoller avant les années 2040.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech