L’annonce ne passe clairement pas inaperçue. Ce mercredi 2 septembre, Ryanair a dit prévoir moins de vols cet hiver, notamment en raison de la hausse des coûts du carburant dans le contexte de la guerre en Iran qui s’étend au Moyen-Orient.
Dans le même temps, la compagnie aérienne prévient les passagers que les prix des billets vont « sensiblement augmenter » si la situation internationale perdure. La société justifie son choix en expliquant que la période hivernale reste « peu rentable » et qu’il est donc pertinent de réduire son offre.
Dès lors, pour l’exercice en cours, qui s’achèvera en avril 2027, Ryanair prévoit 214 millions de passagers, contre 216 millions qui étaient initialement prévus. Comme l’explique BFM, cette décision est relativement attendue de la part de l’entreprise, car elle enregistre souvent des pertes entre novembre et mars, suite à la période estivale généralement bien plus faste.
Pour expliquer le probable coup de massue en vue sur les billets, Ryanair indique que si le cours du pétrole, très élevé actuellement, se maintient jusqu’à l’été 2027, elle n’aura d’autre choix que de passer à l’action. Pour l’heure, la hausse de tarif reste contenue, car la plupart de son kérosène est couvert par un contrat à 67 dollars le baril. Or, à l’heure où nous écrivons ces lignes, ce dernier dépasse les 90 dollars.
Il faut d’ailleurs savoir que les compagnies low-costs comme EasyJet et Ryanair répercutent assez vite les hausses de prix du carburant, car elles disposent de moins de marge sur les tarifs que leurs plus gros rivaux.
Comment expliquer la hausse du prix du kérosène ?
Comme le résument à juste titre nos confrères, en Europe, le kérosène s’échange aujourd’hui entre 1 200 et 1 400 dollars la tonne, contre 750 dollars avant le conflit et un pic à 1 900 dollars début avril. Au-delà du seul cours du brut, ce niveau s’explique par des frais fixes propres au raffinage aérien, ainsi que par le transport, la devise et les stratégies de couverture des compagnies.
S’y ajoutent des facteurs conjoncturels : tensions géopolitiques, perturbations d’approvisionnement, notamment autour du détroit d’Ormuz, par où transite près d’un quart des exportations mondiales, restrictions à l’export de certains pays comme la Chine, capacités de raffinage réduites et envolée des primes d’assurance liées au transport.
Dans un communiqué publié sur son site, la compagnie aérienne précise par ailleurs avoir transporté 22,2 millions de passagers en août 2026, soit 6 % de plus qu’un an plus tôt, malgré près de 400 vols annulés à cause des éruptions de l’Etna.
Son taux de remplissage reste très élevé, à 96 %. Sur les douze derniers mois, la compagnie a accueilli 214,4 millions de voyageurs. Malgré tout, Ryanair revoit ses ambitions à la baisse pour l’année à venir pour les raisons que nous vous indiquions plus haut.
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