C’est une affaire importante dont Uber se serait sans doute bien passé. La Ligue des droits de l’Homme, qui représente 171 chauffeur VTC, vient en effet de déposer une plainte contre la plateforme devant la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Ils accusent l’entreprise de les avoir banni en ayant recours à un système automatisé consistant en l’envoi de messages identiques.
Citée par BFM TV, la société américaine justifie ces exclusions par une « violation de l’un des principes de la charte de la communauté d’Uber » et parle aussi « d’anomalie » sans en dire davantage.
Le modèle d’Uber est remis en cause
De leur côté, les plaignants estiment que dans ces procédures de sanctions automatisées, il n’y a aucune intervention humaine et que cela revêt donc un caractère illégal. Les cas cités seraient d’ailleurs loin d’être isolés et tendraient même à se multiplier.
À l’étranger, la firme a d’ailleurs déjà été condamné à ce sujet par le tribunal d’Amsterdam. Une décision de justice contestée par Uber. Un porte-parole a pris le soin de commenter l’affaire en expliquant que la décision de déconnexion « est prise après un examen manuel par notre équipe de spécialistes ». De plus, les chauffeurs seraient en droit de demander un accès à leurs données sauf si « leur divulgation porterait atteinte aux droits d’une autre personne ».
Cette procédure est en tout cas un nouvelle épine dans le pied d’Uber. La compagnie voit en effet son modèle de plus en plus contesté et certains chauffeurs estiment qu’ils ne sont pas des indépendants mais bien des employés de l’entreprise américaine. Ils exigent donc les avantages sociaux qui vont avec.
Dans certains cas cela fonctionne. Pour ne citer qu’un seul exemple, au Royaume-Uni, au terme d’une longue bataille judiciaire et suite à une décision de la Cour suprême, les 70 000 chauffeurs britanniques ont obtenu le statut de travailleurs salarié. Cela leur donne droit au salaire minimum, à des congés pays, et à divers droits sociaux.
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