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Une banque suisse bientôt bannie des États-Unis : pourquoi MBaer suscite la colère

Accusée de graves manquements en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, la banque zurichoise MBaer Merchant Bank AG se retrouve dans le collimateur des autorités américaines et suisses.

Ce sont des accusations particulièrement lourdes portées par le Trésor américain. Selon Washington, MBaer a servi de plaque tournante pour des activités illicites liées à la Russie et à l’Iran. Concrètement, la banque est soupçonnée d’avoir facilité la corruption et le blanchiment d’argent pour le compte d’acteurs russes, mais aussi d’avoir permis le financement de groupes liés au Corps des gardiens de la révolution islamique et à la Force Al-Qods.

L’enquête de la FINMA, le régulateur financier suisse, dresse un constat accablant : l’établissement aurait systématiquement ignoré les alertes de son propre département de conformité. Pire encore, la banque aurait délibérément aidé certains clients à contourner le gel de leurs avoirs.

L’instance dénonce une culture du risque hors de contrôle, où la quasi-totalité des fonds entrants provenaient de clients jugés « à haut risque », sans que les vérifications nécessaires ne soient jamais effectuées.

Suisse banque finance
© Shutterstock / Michael Derrer Fuchs

Une liquidation inévitable

Les conséquences de ces dérives ne se sont pas fait attendre. Face à la menace des États-Unis de couper totalement l’accès de MBaer au système financier américain – une sentence de mort pour toute banque internationale – la FINMA a décidé de mettre l’établissement en liquidation. Et le couperet est tombé : la licence bancaire a été révoquée et le conseil d’administration a été contraint de démissionner en bloc.

Désormais, la banque est gérée par des liquidateurs externes. Si l’établissement affirme disposer d’assez d’actifs pour rembourser l’intégralité de ses créanciers, les clients font face à des restrictions immédiates. Les paiements ne peuvent être effectués qu’en francs suisses et sont plafonnés à 100 000 francs par personne. Une mesure drastique qui vise à protéger ce qui reste des avoirs tout en stoppant net toute transaction suspecte.

Au-delà du cas MBaer, cette affaire sert d’avertissement pour l’ensemble de la place financière helvétique. Le Trésor américain a été clair : cette collaboration avec la Suisse est un modèle pour « nettoyer » les plus petites banques privées qui penseraient encore pouvoir opérer dans l’ombre des sanctions internationales.

Pour bien comprendre l’ampleur de la chute, rappelons que MBaer Merchant Bank, fondée en 2018 par un descendant de la célèbre famille Baer, gérait fin 2025 environ 4,9 milliards de francs suisses pour le compte de 700 clients. Malgré cette assise financière, ses 60 employés n’ont pu empêcher la dérive d’un établissement où 80 % des relations d’affaires présentaient des risques jugés disproportionnés par les autorités.

  • La banque suisse MBaer est accusée par les États-Unis de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme au profit de la Russie et de l’Iran.
  • Face à la menace américaine de lui couper l’accès au dollar, le régulateur suisse (FINMA) a ordonné la liquidation immédiate de l’établissement.
  • Cette chute brutale d’une banque gérant 4,9 milliards de francs sert d’avertissement aux petites banques privées tentées de contourner les sanctions internationales.

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