[Blogger Bus Tour] Orange et la Silicon Valley, un géant français en mode startup

Orange est présent depuis dix ans au coeur de la Silicon Valley, où une cellule de soixante personnes est en charge de la R&D et de la veille. Etat des lieux sur une région en perpétuelle ébullition.

A tout seigneur tout honneur, le Blogger Bus Tour, voyage d’observation de la Silicon Valley à l’initiative et à l’invitation d’Orange, a débuté lundi dans les locaux d’Orange Silicon Valley, sis dans le centre de San Francisco.

En keynote d’introduction, Georges Nahon CEO d’Orange Silicon Valley, a présenté sa vision du business internet et des médias sociaux et dressé un état des lieux de l’activité foisonnante qui règne ici à quelques encablures du fief de Facebook et consorts.

Evidemment, l’exercice est intéressant car si Orange est un géant en France et dans d’autres pays, principalement européens, ce n’est pas faire offense de dire qu’ici – à part quelques mentions dans les blogs high-tech – la marque n’est pas très connue. Ce qui n’est pas forcément un handicap sur la terre des startups puisque justement Orange entretient ici depuis une dizaine d’années une structure légère de soixante personnes dont la vocation première est la Recherche & Développement, ainsi que la veille.

Orange Silicon Valley est également « accélérateur » de projets de services web et multimédia à destination du grand public développés en interne, dont nous avons pu voir quelques démos sur lesquelles je reviendrai dans un prochain article. L’idée étant pour l’opérateur français d’être en prise directe avec l’énergie et la créativité qui règnent entre San Francisco et San Jose, et faire remonter régulièrement les meilleurs informations au quartier général parisien.

bay bridge
Pas mal la vue des bureaux d’Orange à San Francisco, non ?

Beaucoup de chiffres lors de cette présentation qui mettait en perspective la place et le poids de la Silicon Valley dans l’évolution de l’écosystème internet au cours des vingt dernières années. J’ai retenu trois marqueurs importants qui permettent de situer l’enjeu :

  • En 2011, la Silicon Valley a drainé près de la moitié, soit 46% des 7 milliards de dollars des investissements faits aux USA par les sociétés de capital-risque
  • Dans ces investissement où toutes la catégories sont prises en compte (industrie, bio-tech, autres…), c’est la catégorie Logiciels qui est en tête.
  • Dans le Top 25 des plus grosses capitalisations boursières, figurent 5 entreprises qui sont nées, ou ont grandi, ou ont une antenne importante dans la Silicon Valley : Apple, Microsoft, IBM, Google et Oracle.

Ces chiffres donnent une idée du poids de « l’informatique » au sens large dans l’économie. Et l’informatique, c’est la Silicon Valley. D’où la nécessité indiscutable pour une entreprise comme Orange d’avoir une antenne sur place.

Georges Nahon est également revenu sur les bouleversements qu’a apporté l’économie numérique ces dernières années, comme l’arrêt de la version imprimée de l’Encyclopédie Britannica après 244 ans de bons et loyaux services, la fin du téléviseur comme premier équipement d’électronique grand public, et l’émergence des autres écrans, ou encore le développement du mobile : les trois géants japonais Sony, Panasonic et Sharp on perdu 20 milliards de dollars l’an dernier et voient le smartphone comme le plus gros concurrent du téléviseur.

Au sujet des mobiles, deux faits et chiffres que nous avons déjà eu souvent l’occasion de commenter ici :

  • Les appels ne sont plus la première raison de l’achat d’un mobile : en 2006 la durée moyenne de communication était de 3,03 mn, elle est aujourd’hui de 1,78mn. Autrement dit, nous avons toujours notre mobile en main mais nous passons deux fois moins de temps… au téléphone.
  • 30% des recherches de restaurant se font sur mobile. Les restaurateurs qui hésitent encore à proposer une vraie version mobile de leur site ne devraient plus hésiter trop longtemps…

Talents à vendre et BtoB

Côté innovations, je ne sais pas s’il faut s’en réjouir ou s’en inquiéter, mais le boss d’Orange pointe une tendance que nous avons tous constatée sans nécessairement l’identifier comme telle : l’acquisition est la nouvelle forme de Recherche & Développement (Acquire is the new R&D). Avec « pivot », l’autre mot à la mode ici serait « acqui-hire », à savoir la propension des grands groupes au portefeuille bien garni mais un peu à court d’idées à racheter des startups pour embaucher à la hussarde, pardon, pour intégrer leurs meilleurs talents dans des délais très courts, dans une région où il se dit que le salaire annuel d’un développeur PHP se situe entre 100.000 et 150.000 dollars… Car l’autre caractéristique ici est que tout va très vite, et que sous un vernis cool la concurrence est impitoyable.

Orange Silicon Valley
Vous avez demandé un opérateur, ne quittez pas…

Enfin, pour ceux qui ont l’oreille fine, ou qui sont les plus attentifs, une autre petite musique se fait entendre, et celle-ci est synonyme de formidables opportunités : alors que la majorité des startups se focalisent sur des services destinés au grand public (le syndrome du nouveau Facebook/Google…) ce sont peut-être ceux qui investissent du côté du BtoB qui aujourd’hui ont le plus de chances de remporter les gros lot : au cours des 10 dernières années, 56 startups BtoB sont devenues milliardaires contre seulement 23 sur le marché grand public.

Finalement, entre un Linkedin et un Foursquare, et si la plus sexy n’était pas celle que l’on croit…

(suite des chroniques en direct de la Silicon Valley demain)


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