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Boeing propose une augmentation des salaires de 45 % et les salariés en grève ont refusé

Le bras de fer entre Boeing et ses machinistes s’intensifie, au risque de perturber encore davantage la production militaire américaine.

Près de trois mois après le début de la grève, les employés des usines militaires de Saint-Louis dans le Missouri et Mascoutah dans l’Illinois ont à nouveau rejeté une offre de la direction. Une claque pour le constructeur aéronautique, déjà fragilisé financièrement.

Le dialogue s’enlise

Lancée le 4 août, la grève mobilise environ 3 200 membres du syndicat IAM District 837. Les sites concernés fabriquent une large partie de l’arsenal militaire de Boeing, et leur revendication principale demeure inchangée : les employés réclament de meilleurs salaires, une couverture santé renforcée et des retraites plus solides.

Et pour la quatrième fois, ils n’ont pas cédé aux propositions de l’entreprise : sa dernière offre, soumise au vote ce dimanche 26 octobre, a été rejetée à 51 %. « Boeing prétend avoir écouté ses employés, le résultat d’aujourd’hui prouve le contraire. Les dirigeants continuent d’insulter ceux-là mêmes qui construisent les avions militaires les plus avancés au monde, ces mêmes avions et systèmes militaires qui assurent la sécurité de nos militaires et de notre nation », a réagi Brian Bryant, président du syndicat International Association of Machinists and Aerospace Workers.

La proposition en question prévoyait une hausse moyenne de 45 % des salaires sur cinq ans, un bonus en actions Boeing de 3 000 dollars, une prime de fidélité de 1 000 dollars au bout de quatre ans, et une progression de salaire légèrement accrue pour les plus anciens. En contrepartie, le bonus de ratification initial était réduit, une concession mal perçue par les votants.

Sans surprise, la déception est palpable du côté de la direction. « Le vote a échoué de justesse, 51 % contre 49 %. Nous allons désormais mettre en œuvre notre plan de continuité pour soutenir nos clients », a déclaré Boeing, tout en assurant « entendre les salariés prêts reprendre le travail malgré la grève ».

Greve Boeing
© PhotoGranary02 / Shutterstock.com

Une grève qui pèse lourd sur les chaînes et les comptes

Car les conséquences industrielles s’accumulent, les usines affectées produisant certains des appareils les plus stratégiques de la défense américaine. D’ailleurs, la livraison des F-15EX à l’US Air Force a déjà été repoussée selon Kenneth Wilsbach, général de la branche militaire.

Pour limiter la casse, Boeing a mobilisé des managers et intérimaires sur les chaînes, et commencé à recruter des remplaçants. Une décision qui hérisse évidemment le syndicat, accusant l’entreprise de « mettre en danger la qualité et la sécurité » de ses produits.

Le moment est d’autant plus critique que Boeing Defense, Space & Security pèse plus d’un tiers du chiffre d’affaires du groupe, lequel doit annoncer cette semaine des résultats trimestriels à nouveau dans le rouge. Aucune reprise du travail n’est pour l’instant en vue. Le syndicat campe sur ses positions, et Boeing sur sa stratégie de résistance. Une situation qui, semaine après semaine, fragilise un peu plus l’image d’un géant déjà cabossé.

  • Les ouvriers de Boeing ont rejeté à 51 % la dernière offre de leur direction, prolongeant une grève entamée le 4 août.
  • La proposition prévoyait une hausse moyenne de 45 % sur cinq ans et plusieurs primes, jugées insuffisantes par le syndicat.
  • Le mouvement bloque la production de plusieurs programmes militaires clés et pèse sur les finances déjà fragiles du constructeur.

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