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Boeing le sait : cette nouvelle grève « va durer des mois »

Alors que Boeing s’attend à ce que la grève de ses machinistes se poursuive, l’avionneur prend des décisions de plus en plus controversées pour pallier leur absence.

Le mouvement de grève chez Boeing se poursuit, et les tensions entre les syndicalistes et la direction ne semblent pas prêtes de s’apaiser. La réputation du constructeur est-elle en jeu ?

Un bras de fer historique

Pour rappel, la grève, débutée le 4 août, mobilise près de 3 200 membres du syndicat IAM District 837 dans les usines de Saint-Louis dans le Missouri et d’Illinois. Ces sites stratégiques fabriquent une grande partie de l’arsenal militaire de Boeing : chasseurs F-15, F/A-18, bombes guidées JDAM et, bientôt, le F-47 de 6e génération.

Les revendications des ouvriers sont claires : hausse réelle des salaires, meilleure couverture santé et retraites plus solides. Mais malgré des propositions de la part de la direction, et des contre-propositions émanant des grévistes, la situation demeure au point mort. À tel point que dans un mémo interne adressé aux salariés, Dan Gillian, patron de la branche Boeing Air Dominance, a lui-même admis que « cette grève pourrait continuer pendant des semaines, voire des mois ».

Boeing F 15
© Unsplash / Bing Hui Yau

Boeing prend une décision radicale

Pour tenir face à l’absence de milliers d’ouvriers qualifiés, Boeing avait d’abord recruté des remplaçants permanents non syndiqués. Mais l’entreprise vient d’aller plus loin en mobilisant des managers et intérimaires envoyés directement sur les chaînes d’assemblage.

Une décision explosive, qui a vivement fait réagir les syndicalistes. « Ils sont en train de mettre en danger leurs propres produits », a dénoncé Jody Bennett, négociateur de l’IAM. Selon lui, l’expertise accumulée par les machinistes de Saint-Louis ne peut être remplacée du jour au lendemain. Beaucoup de grévistes, ulcérés par la démarche, songent désormais à quitter définitivement Boeing.

Boeing Bourget
© Peter Krocka / Shutterstock.com

Des programmes militaires ralentis

Malgré le discours rassurant de la direction, l’impact industriel est bien réel. La grève touche de plein fouet plusieurs programmes clés de l’avionneur. Si les livraisons continuent « à peu près comme prévu », les plans de montée en cadence sont retardés : le passage de 1 à 2 F-15EX par mois d’ici à 2026 semble, par exemple, compromis.

Cette crise sociale s’ajoute à d’autres turbulences chez Boeing. Son activité commerciale reste plombée par les divers incidents survenus ces dernières années sur ses appareils, écornant sérieusement sa réputation. Au-delà des milliards de dollars en jeu sur les contrats militaires, c’est la confiance du Pentagone et la crédibilité industrielle de Boeing qui risque de vaciller un peu plus.

  • En grève depuis le 4 août, plus de 3 200 machinistes de Boeing bloquent toujours la production dans les usines de Saint-Louis et d’Illinois.
  • Alors que la direction a décidé d’embaucher des remplaçants non syndiqués, le syndicat dénonce une mise en danger de la qualité et un mépris des travailleurs expérimentés.
  • Cette crise sociale retarde plusieurs programmes militaires stratégiques et menace la réputation déjà fragilisée du constructeur.

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