Le gouvernement Barnier qui espérait engranger plus de 3 milliards d’euros de recettes supplémentaires vient de subir un revers majeur. Dans un vote surprise qui transcende les clivages politiques, les sénateurs ont choisi de protéger le portefeuille des Français chauffés à l’électricité. Cette décision marque un tournant décisif dans l’examen du budget 2025, alors que le gouvernement fait déjà face à des menaces de censure de plus en plus pressantes.
Le Sénat préfère taxer le gaz plutôt que l’électricité
La Chambre haute a tranché. Plutôt que d’accepter la hausse massive de la fiscalité sur l’électricité proposée par le gouvernement, les sénateurs ont opté pour une solution alternative : augmenter la taxe sur le gaz. Cette décision permettrait de générer 1,2 milliard d’euros de recettes, soit nettement moins que les 3 milliards espérés par l’exécutif avec sa taxe sur l’électricité.
Pour Jean-François Husson, rapporteur général Les Républicains, ce choix s’inscrit dans une logique de transition énergétique. « Nous devons privilégier l’électricité, une énergie décarbonée », explique-t-il. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec la proposition initiale du gouvernement, une maison de 100 m² chauffée à l’électricité aurait vu sa facture grimper de 200 à 300 euros par an. Avec la solution du Sénat, les foyers chauffés au gaz ne subiront qu’une augmentation d’environ 60 euros annuels.
Le gouvernement Barnier dans l’impasse
Laurent Saint-Martin, ministre du Budget, a immédiatement exprimé son désaccord avec ce rééquilibrage. Le gouvernement maintient sa position : une augmentation de la TICFE (taxe sur l’électricité) serait préférable, arguant que la baisse des prix de gros sur le marché permettrait de compenser cette hausse.
L’exécutif s’était d’ailleurs engagé à réduire les factures d’électricité de 9 % au 1er février pour 80 % des Français. Une promesse qui semble désormais compromise par ce vote du Sénat. Cette situation met en lumière les tensions croissantes entre le gouvernement et sa majorité sénatoriale, traditionnellement acquise.
Une opposition qui se cristallise autour de la question énergétique
Ce revers au Sénat fait écho à un précédent vote à l’Assemblée nationale, où une coalition des oppositions avait déjà rejeté la mesure gouvernementale. Le Rassemblement national a même fait de cette question l’un de ses principaux arguments pour une éventuelle motion de censure contre le gouvernement Barnier.
Le socialiste Thierry Cozic résume le sentiment général : « Le gouvernement a choisi la facilité pour trouver de nouvelles recettes en taxant à nouveau l’électricité. Cette mesure est socialement injuste. » Une critique qui trouve un écho favorable auprès de nombreux élus, toutes tendances politiques confondues.
Cette décision du Sénat pourrait marquer un tournant dans l’examen du budget 2025. Le gouvernement devra désormais trouver d’autres sources de financement pour compenser ce manque à gagner de plusieurs milliards d’euros, alors même que sa position politique semble de plus en plus fragile.
- Le Sénat rejette la hausse de la fiscalité sur l’électricité qui devait rapporter 3 milliards d’euros
- Les sénateurs proposent d’augmenter la taxe sur le gaz pour un gain de 1,2 milliard d’euros
- Cette décision fragilise le gouvernement Barnier déjà menacé par une motion de censure
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