Souvenez-vous, le 17 novembre 2023, nous apprenions que le conseil d’administration d’OpenAI avait décidé de licencier le cofondateur et PDG Sam Altman. Pendant quelques jours, le monde de la Tech et le grand public se sont passionnés pour ce feuilleton qui s’est conclu par le retour en force de l’entrepreneur qui avait au préalable obtenu le soutien d’une grande partie du personnel.
La décision de licencier Sam Altman
Dans le podcast The TED AI Show, Helen Toner, ancienne membre du conseil d’administration, est revenue sur cet événement. Elle a notamment expliqué les raisons qui ont poussé ce dernier à évincer Sam Atman.
D’après elle, il a été décidé d’agir en toute discrétion par crainte de représailles : “Il était très clair pour nous tous que dès que Sam aurait le moindre soupçon que nous puissions faire quelque chose qui aille à l’encontre de sa volonté, il mettrait tout en œuvre, ferait tout ce qui est en son pouvoir pour saper le conseil d’administration, pour nous empêcher d’en arriver au point de pouvoir le renvoyer”
La chercheuse australienne souligne que plusieurs causes ont mené à cette décision radicale du conseil. Le CEO aurait ainsi menti sur le processus de sécurité de l’entreprise “à de multiples occasions”. De même, il l’aurait personnellement visé pour avoir publié un document de recherche.
Plusieurs cadres ont également avancé que l’entrepreneur instaurait une atmosphère toxique au sein de l’organisation et l’ont accusé de mentir et de manipuler ses interlocuteurs.
La victoire de Sam Altman
Helen Toner ne s’est pas trop longuement étendu sur les jours qui ont suivi le licenciement de Sam Alman puis son retour triomphal. Elle affirme toutefois que les employés n’avaient pas trop le choix.
On leur indiquait qu’ils devaient rétablir Sam Altman dans ses fonctions et évincer le conseil d’administration sous peine de voir OpenAI s’effondrer. Selon elle, de nombreux collaborateurs ont aussi eu peur de s’opposer au chef d’entreprise, car ils l’ont déjà vu exercer des représailles sur des gens qui se sont opposés à lui.
OpenAI réagit
Assez lourdement mise en cause dans ce podcast, la direction actuelle d’OpenAI a réagi par l’intermédiaire de Bret Taylor, actuel président du conseil d’administration.
Ce dernier affirme ainsi :
Nous sommes déçus que Mme Toner continue à revenir sur ces questions. Un comité indépendant du conseil d’administration a travaillé avec le cabinet d’avocats Wilmer Hale pour mener un examen approfondi des événements de novembre. Cet examen a conclu que la décision du conseil d’administration précédent n’était pas fondée sur des préoccupations concernant la sûreté ou la sécurité des produits, le rythme de développement, les finances d’OpenAI ou ses déclarations aux investisseurs, aux clients ou aux partenaires commerciaux.
Il ajoute : “En outre, plus de 95 % des employés, y compris les cadres supérieurs, ont demandé la réintégration de Sam en tant que PDG et la démission de l’ancien conseil d’administration. Notre objectif reste d’aller de l’avant et de poursuivre la mission d’OpenAI afin que l’AGI (intelligence artificielle générale) profite à l’ensemble de l’humanité”.
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Dixit Bret Taylor, actuel président du conseil d’administration “Notre objectif reste d’aller de l’avant et de poursuivre la mission d’OpenAI afin que l’AGI (intelligence artificielle générale) profite à l’ensemble de l’humanité”.
C’est cela, oui (façon Thierry Lhermitte dans ‘Le Père Noël est une ordure’). Qui sait si cela profitera, et à qui ? Ce qui est certain c’est que le syndrome du savant fou existe et, sans aller jusqu’à la folie, l’excitation parfois hystérique provoquée par le chercheur peut lui faire abandonner tout sens éthique, tout sens de la mesure car seul compte pour lui cette lumière qu’il entrevoit au bout du tunnel qu’il parcourt, une expérience quasi mystique dans le pire des cas. Il faut le savoir, le frisson de l’argent n’est rien en comparaison de celui de la découverte lequel peut provoquer l’ivresse de la déification nombriliste.
Comme toujours ou presque je repense à l’article après l’avoir quitté ..
L’intelligence artificielle générale (AGI), générale, mais générale générale, partout et tutti quanti ? Cela veut dire à tous les échelons, stades et strates de la société ? Dans l’administration, les banques et assurances, dans tous les postes de prises de décision, à des postes gouvernementaux en lieu et place de la technocratie (cela ne changera peut-être pas grand chose vu que le technocrate “raisonne” déjà comme une machine à calculer) ? Mais enfin, la vie ne se met pas en équation, elle ne se résume pas à l’intelligence quand bien même celle-ci saurait-elle intégrer le bon sens, celui de l’entendement. Amour, compassion, sentiments sont peut-être la clé de voûte du genre humain.
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Quels lendemains, quel futur que celui animé de bout en bout par l’AGI,? J’entrevois un monde froid, déshumanisé, formellement, martialement encadré. En outre, l’imperfection — si l’on peut évoquer ce mot pour désigner l’intelligence humaine face à celle, artificielle jusqu’à l’excellence — est peut-être infiniment plus humaine qu’une vision puriste d’une perfection impossible. Ce qui fait la beauté de toute création ce sont ses imperfections lesquelles signent une identité, une existence spécifique à nulle autre pareille.
Je suis, ainsi, très sceptique sur la validité d’une AGI à “profitee à l’ensemble de l’humanité”.