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Ce smartphone interdit l’accès aux réseaux sociaux, bonne ou mauvaise idée ?

Alors que la rentrée scolaire approche, un smartphone qui bannit les réseaux sociaux est-il réellement la solution pour les adolescents ?

Chaque année, c’est la même rengaine à l’approche de la rentrée des classes. L’entrée au collège pousse généralement les parents à s’interroger : faut-il équiper leur chère tête blonde d’un smartphone ? Alors que leurs nuisances sont connues et de plus en plus pointées du doigt, leur ubiquité les rend presque indispensables… Du moins, dans une certaine mesure.

Aujourd’hui, les dumbphones font leur grand retour, avec certains utilisateurs décidant de sauter le pas pour troquer leur smartphone nouvelle génération pour un bon vieux téléphone tout droit sorti des années 2000. Mais ces derniers ont, bien évidemment, leurs limites. À destination des enfants, Gabb propose des smartphones qui empêchent d’accéder aux réseaux sociaux, mais pas au reste. Une journaliste de Business Insider a décidé de l’essayer.

Oublier les réseaux sociaux, mais pas le reste

Les dumbphones, pourquoi pas. Mais ils sont quand même très radicaux. Si les smartphones ont leur lot d’inconvénients, ils s’avèrent tout de même très pratiques sur bien des aspects. Avec ses téléphones portables destinés aux plus jeunes utilisateurs, Gabb semble avoir trouvé l’équilibre.

Avec une interface proche des smartphones classiques ou encore un appareil photo de bonne qualité, les téléphones Gabb permettent de profiter du meilleur des téléphones sans avoir accès aux réseaux sociaux, et à Internet. Ainsi, les utilisateurs ne peuvent pas scroller pendant des heures sur TikTok ou Instagram, mais peuvent suivre leurs leçons sur Duolingo, commander un burger sur UberEats, rentrer avec Google Maps et écouter un livre audio sur Audible. À condition que les parents aient téléchargé ces applications en amont depuis leur propre smartphone.

Gabb Smartphone Ados
© Gabb

Comme l’explique Julia Pugachevky, journaliste chez Business Insider, les téléphones Gabb ne sont pas trop limitants, juste ce qu’il faut pour tomber dans le scroll bête et méchant qui est souvent dénoncé. Il existe même une application ressemblant fortement à Spotify avec des versions censurées des chansons. Bref, tout est pensé pour être à destination des plus jeunes utilisateurs.

Surveillance accrue ?

Mais le problème, c’est à quel point les parents peuvent “surveiller” leur progéniture. Sur le papier, Gabb a eu de très bonnes idées pour renforcer la sécurité des enfants et adolescents. Pour commencer, les parents peuvent accéder à la location de leurs chères têtes blondes. Ils peuvent même recevoir une notification quand elles quittent les “zones sécurisées” désignées grâce à l’application MyGabb. Il existe également une option pour des appels vidéo en toute sécurité puisque ces téléphones peuvent détecter tout type de nudité et suspendre l’appel en cours.

Adolescente Smartphone
© Pexels / cottonbro studio

Avec l’application GabbMessenger, les parents sont notifiés lorsque leur enfant reçoit un message d’un numéro inconnu ou des propos ou contenus inappropriés. Le problème, c’est que le moindre mot grossier est relayé aux parents. Ce qui pousse l’aspect surveillance un peu trop loin pour la journaliste de Business Insider. Surtout que les parents n’ont pas la possibilité de personnaliser ce filtre et le désactiver. Et c’est bien dommage.

Si un téléphone portable bannissant l’accès aux réseaux sociaux peut permettre aux enfants d’adopter de bonnes pratiques, cela ne fait pas tout. Il est important de sensibiliser les plus jeunes utilisateurs et de communiquer avec eux. Mais pour un premier téléphone, cela permet de profiter des meilleurs atouts des smartphones… Sans en subir toutes les conséquences négatives, et être exposé au cyberharcèlement, à du contenu pornographique violent ou à d’autres contenus non-filtrés.

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3 commentaires
3 commentaires
  1. Pour répondre à la question formulée dans le titre de l’article : mauvaise idée.
    Rien ne se fait ou se défait correctement avec l’atteinte à la sacro-sainte liberté, quand bien même s’agit-il de combattre un fléau, hormis évidement ceux qui tombent dans le domaine de la loi pour peu que celle-ci ait la légitimité inhérente à un état démocratique.
    Si l’on érige la responsabilité individuelle au même rang que la liberté, il n’est que l’individu, ou ses ayant-droit, pour décider, le contraindre n’est jamais une solution pérenne.
    Sentiment ici exprimé par quelqu’un qui abhorre ce qu’il est convenu de dénommer les “réseaux sociaux”.
    S’agit-il d’envisager une société à ce point aveugle, démunie, irresponsable qu’il s’agirait de la protéger malgré elle? Conceptuellement, cela reste un dilemme, malgré tout, tant est que la question est toujours de savoir quelle est la légitimité d’une autorité à décider de ce qui est bien et ce qui est mal.

  2. Non, les réseaux sociaux ne doivent pas êtres interdits, ce sont de simples outils qui sont détournés de leur usage prévu. Tout comme un couteau, une barre de fer, un marteau etc, etc…
    .
    L’interdiction n’éradiquera jamais les mauvais usages. C’est même l’essence profonde de notre espèce:
    Dans la plupart des gènes est inscrit: “Comment je vais bien pouvoir faire pour pourrir ce nouveau truc qui vient de sortir ?” . Question quotidienne que se posent la plupart des gens.
    .
    Faut il interdire aux humains de faire du mal aux humains ?
    Oui, mais déjà fait et inapplicable !
    .
    Faut juste assumer, mais ça ce n’est pas dans les gènes !

    1. Tout à fait d’accord avec vous, sur l’essentiel. J’ajouterai néanmoins que la compassion, que l’amour pour tout dire, est inscrit au plus profond de chacun d’entre-nous, même si d’aucuns les refusent délibérément ou inconsciemment. Après tout, cette “fraternité” n’est-elle pas la synthèse de “liberté et “égalité” ? In fine, et à bien y réfléchir me semble-t-il, il n’est de liberté ni d’égalité sans fraternité, laquelle fixe naturellement les limites des deux autres aspirations : l’avenir du monde sera éthique ou ne sera pas, j’en suis convaincu. Je ne pense pas à une moralisme mais bien plutôt à l’abandon de notre psyché au sentiment de fraternité qui anime toute conscience, du moins éveillée. Ce n’est pas pour demain, tant il y aura toujours, pour paraphraser votre remarque, des êtres pour avoir comme premier réflexe face à une nouveauté l’intérêt qu’ils peuvent en tirer. Mais le monde avance, et la spiritualité fait peut-être bien partie de notre évolution, évolution qui a toujours procédé avec lenteur mais non sans inertie.

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