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C’est officiel, la nouvelle “e-lettre rouge” de La Poste est un échec

Disponible depuis quelques semaines, la nouvelle “e-lettre rouge” est un fiasco. Et c’est sans doute un peu normal… Explications.

  • La “e-lettre” a remplacé le timbre rouge en début d’année
  • Les premiers retours sont très (très) décevants
  • La Poste n’exclut pas de supprimer ce nouveau service numérique

Vous le savez sans doute, depuis le tout début de l’année 2023, le célèbre timbre rouge de La Poste n’existe plus. Après 173 ans de bons et loyaux services, le timbre rouge, qui permettait aux lettres prioritaires d’arriver chez leurs destinataires le lendemain de leur expédition, a disparu… pour laisser place à la “e-lettre rouge“. Toutefois, et c’était plutôt prévisible, il semblerait que le nouveau format électronique mis en place par La Poste soit un échec…

La e-lettre rouge, déjà un échec ?

En effet, depuis quelques semaines déjà, pour envoyer une lettre prioritaire (avec ou sans suivi) via La Poste, il faut passer par un nouveau service en ligne. Il y a quelques jours, face aux sénateurs, le patron du groupe La Poste, Philippe Wahl, a tenu à revenir sur les premiers moments de cette nouvelle e-lettre rouge… et le constat n’est pas très positif.

Ce dernier estime en effet que le service est utilisé à raison de 3 500 fois par jour en moyenne. Un chiffre loin des objectifs fixés par le groupe La Poste pour rendre cette nouvelle e-lettre rouge un minimum rentable, ces derniers étant fixés entre 5 000 et 10 000 utilisations quotidiennes.

Evidemment, depuis quelques années déjà, les envois par courrier classique ont considérablement chuté, cédant leur place aux courriers électroniques. À en croire La Poste, le volume de distribution du timbre rouge a été divisé par 14 en moins de quinze ans. “Industriellement, il fallait supprimer la lettre rouge” car “les besoins devenaient tellement marginaux”, a notamment expliqué Phillipe Wahl.

Une e-lettre trop obscure pour les utilisateurs ?

Force est d’admettre également que si, pour les habitués de l’Internet, la démarche parait simple, pour d’autres, envoyer une e-lettre rouge a tout du parcours du combattant.

Outre le fait de devoir saisir son texte (ou d’importer un document) sur le site de La Poste et d’effectuer un paiement en ligne, difficile pour certains de saisir précisément ce concept dématérialisé de “e-lettre rouge“, facturé 1,49€, qui va se charger d’imprimer le courrier de l’utilisateur et de le distribuer à son destinataire le lendemain. A cela s’ajoute un tarif supérieur (au timbre rouge de l’époque), mais aussi une confidentialité certes garantie par La Poste, mais qui peut en faire douter certains.

Toujours est-il que selon Philippe Wahl, faute de convenir aux utilisateurs, ce nouveau format de e-lettre rouge pourrait prochainement être supprimé. Rappelons au passage que depuis le 1er janvier, le timbre vert, qui reste d’actualité et qui permettait jusqu’alors d’acheminer un courrier en deux jours, a légèrement ralenti la cadence, avec un délai d’acheminement désormais porté à trois jours. A l’instar de nombreuses autres sociétés, La Poste vise évidemment à réduire ses émissions de CO2 et vise le zéro émission net d’ici à 2030.

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Par : Opera
8 commentaires
8 commentaires
  1. La lettre avec timbre rouge était soumise à une obligation de service public et un taux de distribution à 24 heures d’au moins 80%.Aujourd’hui La Poste, ce débarrasse de ce service, pour une continuité mercantile… Privatiser un service public qui datait de François 1er même les américains l’ont pas fait. Surtout quand on voit le résultat concret…

    1. Le monde a changé et clairement, le courrier papier, c’est pas l’avenir. Le produit a eu son heure de gloire mais c’est terminé.

      La poste devrai plutôt se concentrer sur une distribution fiable et a prix raisonable des colis.

      1. Malheureusement certaines démarchent fonctionnent encore obligatoirement par courrier papier, comme l’envoi d’une résiliation de bail. J’ai donc testé la e-lettre rouge, je confirme que c’est une arnaque, lettre composée le jeudi, en pensant qu’elle arriverait le vendredi, il s’agit d’un courrier adressé dans une très grande ville, donc ils ont qu’à imprimer et distribuer direct, eh non, courrier distribué en début de la semaine suivante… Je me suis plaint, la réponse est : les délais ne sont qu’indicatifs dont allez vous faire voir, et par ailleurs impossible de répondre à ça, évidemment.

    2. Ça a beau être un service publique, on ne peut pas le maintenir si les coûts de production on explosé faute de volume. Et si les coûts explosent c’est le contribuable qui paye.
      Rappelez vous que nous sommes passés au vingt et unième siècle et que le numérique remplace ce timbre rouge pour ceux qui avaient une nécessité d’urgence(les professionnels).

  2. Si la poste continue comme ça : le zéro émission est garantie pour un avenir très proche.
    Les gens qui utilisent le courrier traditionnel sont peu ou pas à l’aise avec Internet. Ou bien ils n’ont tout simplement pas d’ordinateur ou de Smartphone (trop cher).
    Supprimer un service postal traditionnel pour le remplacer par un service dématérialisé est sans doute vertueux mais encore une fois, cela ne fait qu’aggraver la fracture sociale.

    1. « Supprimer un service postal traditionnel pour le remplacer par un service dématérialisé est sans doute vertueux »

      Et encore, même pas. Le « dématérialisé » n’existe pas. Il y a tout le tableau de Mendeleiev dans un smartphone lambda, donc je peux vous assurer que c’est très matériel ! Outre la consommation de métaux (dont certains comme le cuivre ont déjà une production en tension) et les pollutions monstrueuses qu’entraîne leur exploitation minière, la numérisation de tout et n’importe quoi nécessite des quantités énormes d’énergie pour faire tourner les data centers. Et on parle d’électricité très souvent produite à partir d’énergies fossiles, donc bonjour CO2

      Ne vous y trompez pas : pouvoir échanger des Go de données chaque jour via les réseaux est une catastrophe environnementale. En revanche, ça permet de faire du greenwashing auprès de gens peu informés (avec le fameux « numérique = vert », qui est donc un enfumage complet). Dans le cas de la Poste, l’écologie fournit aussi un bon prétexte : les services supprimés, c’est surtout parce qu’ils n’ont plus un radis…

  3. Le vrais soucis selon moi, c’est surtout que ce qui été envoyé via la poste, c’etait des documents qui ne pouvaient pas être envoyés par voie numérique, les documents officiels par exemple. Ici ce service est une absurdité sans nom, je sais pas qui est le grand malin a laposte qui s’est dit que c’était une super idée de proposer un service qui consiste a… Imprimer un mail. Mais si je résume j’ai le choix entre, 1 envoyer un mail a mon destinataire avec toutes les pièces jointes numérisées que je veux, le tout gratuitement et en instantané, ou alors,2 je peux payer presque 2€ pour que laposte imprime mon mail est mes pièces jointes, et les distribuent avec 24h de delais.

    Et étrangement ca intéresse pas grand monde, nan mais rigolez pas c’est payé par nos impôts ces conneries.

    Le plus étonnant dans l’histoire c’est qu’il y a quand même des gens qui choisisent l’option 2.

    M’est d’avis que laposte devrait plutôt bosser son service de e-recommandé histoire de faire disparaître le papier plutôt que ces conneries.

    1. Complètement d’accord avec vous. Ils sont complètement déconnectés à la Poste.Il faut sortir de l’asile pour vouloir payer ce service alors que vous le faites vous même et gratos.Et les chèques ? On les envoie comment pour payer des factures ?

Les commentaires sont fermés.