Souvenez-vous, à quelques jours de l’élection présidentielle américaine, Elon Musk avait défrayé la chronique en organisant, via son Super PAC, un tirage au sort attribuant un million de dollars par jour à un signataire d’une pétition de soutien au premier et au deuxième amendement.
Ses opposants (et la plupart des observateurs) y avaient vu un soutien déguisé à la campagne de Donald Trump, voire un quasi-achat d’électeurs, et la justice américaine vient justement de statuer sur ce dossier.
« Une arnaque »
Un juge de Pennsylvanie, Angelo Foglietta, a estimé que le tirage au sort pouvait se poursuivre. Et pour cause, il ne s’agit pas d’un tirage au sort, car les gagnants sont des porte-paroles payés et non choisis par hasard, ont plaidé les avocats d’Elon Musk.
Cela n’a en tout cas pas convaincu le procureur de district démocrate, Larry Krasner, qui a estimé que ce processus est une escroquerie « conçue pour influencer une élection nationale ». Il ajoute : « Tout cela n’était qu’un marketing politique déguisé en loterie », a témoigné Krasner lundi. « C’est ce que c’est. Une arnaque. »
Chris Young, directeur et trésorier de l’America PAC, a de son côté précisé que les bénéficiaires sont sélectionnés en amont, pour « sonder leur personnalité (et) s’assurer qu’ils sont des personnes dont les valeurs sont alignées », sur le groupe.
Les arguments des avocats d’Elon Musk sont très clairs et entendables, mais ce n’est pas ce que le grand public avait compris des propos de l’entrepreneur qui présentait publiquement son projet comme une loterie.
Le soutien d’Elon Musk à Donald Trump pose question
Elon Musk a donc provisoirement gagné, mais cette initiative touche quoi qu’il en soit à sa fin puisque l’élection se joue aujourd’hui. Son soutien appuyé à Donald Trump continue en tout cas à poser question.
Pour rappel, ses entreprises reçoivent de généreuses commandes de la part de l’État américain et ses agences fédérales. Certains litiges opposent également ses compagnies aux régulateurs nationaux. Or, Donald Trump a promis de le nommer à la tête d’une nouvelle « commission d’efficacité gouvernementale » avec le pouvoir de recommander des coupes budgétaires de grande envergure dans les agences fédérales et des changements dans les règles fédérales, en cas de victoire.
Cette perspective avait notamment fait dire à nos confrères du New York Times : « Cela donnerait essentiellement à l’homme le plus riche du monde et à un important sous-traitant du gouvernement le pouvoir de réglementer les régulateurs qui exercent une influence sur ses entreprises, ce qui constituerait un conflit d’intérêts potentiellement énorme. »
Pour approfondir cette question du soutien d’Elon Musk au candidat républicain, on vous invite d’ailleurs à aller lire notre analyse approfondie du sujet ici.
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