- L’Aéroport d’Amsterdam Schiphol, l’un des plus grands d’Europe va devoir faore décroître son trafic aérien
- Le gouverment néerlandais veut désormais limiter le trafic à 440 000 vols par an
- Un projet d’extension a par ailleurs été tout simplement annulé
- Le but : contribuer à l’atteinte des objectifs climatiques tout en réduisant les nuisances pour les riverains
Dès que l’on parle d’énergie et d’environnement, la question de la hausse du trafic aéroportuaire et des grands aéroports en général se pose de manière aiguë. Surtout dans l’après COVID marqué à la fois par la reprise du trafic aérien, et la lutte contre le réchauffement climatique. L’aviation civile est à elle seule responsable de 3 % des émissions de CO2 mondiales.
Ce qui représente tout de même 660 millions de tonnes de CO2 par an. En France, il est vrai que les émissions liées au transport aérien ont chuté de 49,3 % entre 2000 et 2020 – grâce notamment à des avions plus efficaces d’un point de vue énergétique, et des coûts des énergies fossiles en hausse constante qui poussent les compagnies aériennes à moderniser leur flottes.
Pourquoi le pari de la décroissance du trafic aérien est sans doute la solution
En termes de chiffres absolus les émissions liées au trafic aérien ont ainsi diminué de l’ordre de 1,5 % par an dans l’hexagone. Mais la situation n’est pas forcément la même partout, et quand vous êtes un tout petit pays comme les Pays-Bas (par ailleurs encore très dépendant des énergies fossiles) et que vous disposez d’un des plus grands aéroports d’Europe, la part des émissions causées par le secteur peut vite vous empêcher d’atteindre vos objectifs climatiques.
C’est entre autres cela qui a conduit le gouvernement néerlandais à faire le pari inverse de ce que font d’autres aéroports aériens dans l’ère post-COVID pour l’immense aéroport d’Amsterdam Schiphol. Désormais il n’est plus question de croissance du trafic, mais plutôt de décroissance. Première en Europe : le trafic sera désormais limité strictement à 440 000 vols par an.
D’ici 2023, les décollages seront interdit de minuit à 6 heures du matin, et les avions qui arrivent dans la zone ne pourront plus atterrir à Schiphol entre minuit et 5 heures du matin. Tout cela concerne tout de même 10 000 vols par an. Exit également la construction plannifiée d’une piste supplémentaire, fortement contestée par les riveains.
Et la décroissance des décollages ne devrait pas s’arrêter là : le gouvernement réfléchit aussi à interdire les jets privés et petits avions d’affaires sur le site. Ils pourront toujours décoller et atterrir de Rotterdam, à une quarantaine de minutes en train ou un peu plus loin par exemple à Eindhoven, le 2e aéroport du pays.
Très concrêtement, réduire le trafic signifie aussi partager la charge avec de grands aéroports environnants, y compris de l’autre côté de la, ou dans ce cas des deux frontières. Les deals intéressants en partance de l’aéroport de Bruxelles ou de Paris Charles de Gaulle par exemple ne manquent pas. N’en déplaise à KLM, fleuron aérien national, a toujours misé sur Schiphol pour sa croissance.
Les nuisances liées aux aéroports excèdent de plus en plus les riverains
La compagnie devra donc vraisemblablement se reporter sur des alternatives pour poursuivre son développement. En plus des émissions carbonées l’Aéroport de Schiphol explique que les décollages et atterrissages incessants causent des nuisances disproportionnées dans cette partie densément peuplée du Randstadt – cette mégalopole de fait qui rassemble les villes d’Amsterdam, Rotterdam, La Haye et Utrecht.
En France, peu d’aéroports font également le pari d’une décroissance du trafic aérien. On peut tout juste citer l’aéroport de Orly, 22,9 millions de passagers en 2022, situé en région parisienne (habituellement réservé aux connexions nationales et outre-mer).
Toutefois ce n’est pas le cas de l’aéroport de Charles de Gaulle tout proche ou d’autres noeuds aéroportuaires majeurs comme l’aéroport de Nice-Côte d’Azur (13 millions de passagers), Lyon-Saint-Exupéry (9,6 millions de passagers) ou encore l’aéroport de Marseille-Provence (10,2 millions de passagers).
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hello, trafic.. 😉