Pendant que certains rêvent de voir l’humanité s’envoler vers les étoiles ; au hasard, sur la planète Mars, par exemple ; au large du Panama, un homme vient d’accomplir un exploit plutôt ahurissant. Rudiger Koch, ingénieur aérospatial de 59 ans, a vécu durant 120 jours consécutifs dans les profondeurs marines, sans jamais remonter à la surface. Un nouveau record mondial, détenu auparavant par Joseph Dituri, qui avait passé 100 jours dans un lodge sous-marin en Floride.
Le rêve de Jules Verne devient réalité
Bien évidemment, Koch ne flottait pas dans les eaux cristallines des Caraïbes, mais a vécu dans une capsule, développée par une entreprise spécialisée : Ocean Builders. Une société qui a choisi la construction d’habitat sous-marin comme activité principale et qui a construit son premier prototype en 2019.
Koch a donc été immergé à 11 mètres de profondeur dans une résidence aquatique de 30 m² assez minimaliste. L’habitat intégrait des équipements essentiels : un lit, des toilettes, une connexion internet, l’électricité, un téléviseur et un vélo d’appartement. L’absence de douche et l’accès limité à l’eau douce ont constitué les principales contraintes quotidiennes pour l’occupant.
Un système relie la capsule immergée à un module flottant en surface via un tube contenant un escalier hélicoïdal. Cette connexion, exclusivement réservée aux visiteurs, permettait les visites médicales et l’approvisionnement en ressources essentielles. Quatre caméras surveillaient en permanence l’habitat, garantissant la validité du record, comme le souligne Susana Reyes, représentante de Guinness World Records : « Une surveillance continue 24 heures sur 24 pendant plus de 120 jours était indispensable ».

L’océan comme territoire d’avenir ?
Ocean Builders a été en réalité cofondée par Koch ; sur son site officiel, elle se présente comme une « entreprise spécialisée dans les technologies d’innovation océanique » avec pour ambition « de révolutionner la technologie marine pour transformer les océans, qui couvrent 72 % de notre planète, en véritables havres de durabilité. Grâce à nos solutions, l’humanité pourra conquérir les mers et y trouver un cadre de vie incomparable ».
Leur vision est donc de transformer les océans en nouvelle frontière habitable tout en préservant les écosystèmes marins. « Le déplacement vers l’océan constitue une évolution naturelle qui pourrait favoriser la restauration des récifs », explique Koch lors d’un entretien avec CBS au milieu de son séjour. Conquérir les mers en préservant la biodiversité marine, aujourd’hui dangereusement menacée ? La contradiction est assez nette.
Pour le moment, les ambitions de la société semblent plutôt relever d’un rêve new age au goût amer de bluewashing que d’une réalité scientifique. Surtout en considérant que Ocean Builders affiche explicitement sur son site proposer des habitats pour les personnes électrosensibles. L’électrosensibilité n’ayant jamais été démontrée par des preuves solides, nous pouvons conclure qu’Ocean Builders cherche à séduire un public spécifique et à justifier un projet qui, au fond, repose sur des bases scientifiques fragiles.
En tout cas, Koch a été profondément marqué par l’expérience : « C’est comme s’éveiller d’un rêve. J’étais dans un monde magique », confie-t-il. Il décrit avec émerveillement les instants privilégiés qu’il a vécus : « La beauté des instants où tout s’apaise, quand l’obscurité s’installe et que la mer devient luminescente ». Pour célébrer son retour à la surface, Koch s’est offert un moment de détente bien mérité avec champagne, cigare et une baignade libératrice.
- Un ingénieur a passé 120 jours sous l’eau dans une capsule de 30 m², établissant un nouveau record mondial.
- Cette expérience vise à promouvoir les habitats sous-marins comme solution écologique et futuriste pour l’humanité.
- Si le concept intrigue, les ambitions de l’entreprise derrière le projet suscitent des doutes sur leur faisabilité et leur impact réel.
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