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Comment l’espèce humaine colonisera la planète Mars ?

Même si encore lointaine, la conquête de la planète rouge se profile à l’horizon. Comment parviendra-t-on à s’y installer ?

La perspective d’une colonisation martienne, jadis cantonnée aux récits de science-fiction, se dessine désormais comme un fait réalisable grâce aux efforts concertés des ingénieurs, chercheurs et agences spatiales. Le rêve de Musk et d’autres : transformer la planète Mars en un habitat viable au long terme pour l’espèce humaine. Cette quête se heurte néanmoins à des défis colossaux, qui prouvent que nous ne sommes encore loin de quitter notre berceau pour aller nous installer à plusieurs dizaines de millions de kilomètres.

Générer une atmosphère respirable, être autonomes en production de denrées, construire des habitats durables : l’odyssée vers cette nouvelle frontière humaine s’annonce à la fois complexe et palpitante.

Réchauffer Mars pour la rendre habitable

Une des premières étapes de la terraformation de Mars passera impérativement par une refonte de son enveloppe gazeuse. Actuellement, son atmosphère se compose à 95 % de dioxyde de carbone et présente une densité environ cent fois inférieure à celle de notre planète bleue. Sans combinaison spatiale ou appareil respiratoire, un humain mourrait d’asphyxie en quelques minutes à cause du manque d’oxygène.

Cette densité atmosphérique entrave de plus la rétention thermique de la planète, plongeant les nuits martiennes dans un froid glacial atteignant -101° C. Diverses stratégies ont été envisagées pour pallier cette difficulté. L’une d’elles consisterait à détourner des comètes riches en eau pour provoquer leur impact sur Mars, libérant ainsi des gaz piégés sous la surface et de l’eau, tout en densifiant l’atmosphère. Néanmoins, cette approche nécessiterait un nombre considérable de comètes et une maîtrise technologique de redirection des corps célestes que nous ne possédons pas encore.

Une autre possibilité existe : le déploiement d’immenses miroirs en orbite, réfléchissant la lumière solaire vers la surface martienne pour en élever la température. Une étude datant de 2019 a proposé une autre solution : l’application d’aérogel, un matériau d’une légèreté exceptionnelle, sur le sol martien. Agissant comme un isolant thermique, cette technique pourrait être exploitée pour provoquer la fonte des calottes polaires et générer de précieuses ressources hydriques.

Produire de la nourriture sur Mars : une entreprise herculéenne

Sur notre planète, le terreau fertile se compose d’un mélange de minéraux, de matière organique, de micro-organismes, de gaz et d’eau, nous permettant de cultiver ce que nous voulons. En revanche, la surface martienne est tapissée de régolithe, une substance sablonneuse dépourvue des nutriments essentiels à l’épanouissement végétal et recélant des perchlorates, des substances toxiques et potentiellement cancérigènes. Transformer ce substrat inhospitalier au possible en sol cultivable représente une mission monumentale.

Les chercheurs envisagent donc l’introduction d’organismes extrêmophiles, en l’occurrence des microbes capables de prospérer dans des conditions extrêmes, afin d’enrichir le sol martien. Ces organismes pourraient être génétiquement modifiés pour optimiser leur capacité à transmuter le dioxyde de carbone en oxygène par photosynthèse. À terme, cela pourrait engendrer un biotope propice à la pousse de végétaux plus complexes, voire à la survie d’animaux. Toutefois, l’équilibrage des proportions d’oxygène, d’eau et de nutriments demeure une gageure considérable et nous sommes loin d’avoir résolu cette équation.

L’impression en 3D pour les habitats

L’édification d’habitats capables de préserver les pionniers des conditions hostiles constitue l’un des enjeux essentiels de la colonisation martienne. Actuellement, la NASA œuvre sur le programme Moon-to-Mars Planetary Autonomous Construction Technologies, explorant les potentialités de l’impression 3D pour ériger des structures sur la planète rouge. Ces édifices seraient initialement pressurisés et protégés, dans l’attente d’une évolution des conditions atmosphériques et thermiques martiennes vers des paramètres plus cléments.

L’absence de magnétosphère sur Mars soulève un autre écueil de taille. Privés de ce bouclier naturel, les colons se trouveraient exposés à des rayonnements solaires et cosmiques délétères. Parmi les solutions envisagées figure la création de champs magnétiques artificiels, bien que cette technologie demeure encore à un stade purement théorique. Dans ce cas précis, nous sommes encore en pleine science-fiction.

Voilà ce qu’il nous reste encore à achever avant d’envisager la moindre colonie dans l’espace martien. Certains experts (Elon Musk, Buzz Aldrin ou Neil deGrasse Tyson) voient en ce projet une étape indispensable au salut de notre humanité, une opportunité d’étendre notre civilisation au-delà de la Terre et de garantir notre survie en tant qu’espèce. De l’autre côté, d’autres (Stephen Hawking, Bill Nye ou Carl Sagan) pointent du doigt l’ampleur démesurée de la tâche et les coûts exorbitants associés à une telle entreprise, ainsi que les risques potentiels pour les astronautes et l’environnement martien. Relativisons un peu : il est possible que nous ne voyions jamais la première colonie s’ériger compte tenu des nombreux obstacles restant à surmonter.

  • Pour rendre Mars habitable, il faudra réchauffer et densifier son atmosphère.
  • Il sera aussi nécessaire de produire de la nourriture localement, ce qui nécessite de transformer complètement les sols de la planète.
  • Autre point élémentaire : la construction d’habitats durables pour protéger les futurs colons.

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