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Cette bombe à retardement créée par l’IA que l’on n’avait pas vu venir

Une nouvelle étude s’est penchée sur ce problème.

Depuis plusieurs années maintenant, les deepfakes sont agitées comme un épouvantail sur Internet. Si vous n’êtes pas familier de cette notion, sachez qu’il s’agit d’une vidéo ou d’un son qui a été modifié à l’aide d’une intelligence artificielle. L’idée est de faire croire à son authenticité alors qu’il est fictif. Cela permet notamment de déployer de la désinformation à grande échelle avec un impact qui peut être dévastateur.

Un danger imprévu

Des chercheurs de l’University College Cork ont toutefois trouvé un nouvel effet inattendu de ces contenus. En effet, alors que le grand public est de plus en plus sensibilisé au risque, les internautes deviennent de plus en plus sceptiques vis-à-vis des contenus réels. Ce qui peut poser un énorme problème, car si les citoyens ne croient plus en rien, la vie démocratique devient difficile, voire impossible.

Dans le détail, les scientifiques ont passé au crible 1200 tweets sur l’invasion russe de l’Ukraine, dont certains mettaient en garde sur les risques de visualiser des contenus deepfake sur les réseaux sociaux.

Cité par FastCompany, John Twomey, chercheur en psychologie, et un des auteurs de cette étude précise :

Les deepfakes sont une arme à double tranchant, à bien des égards. Ils vont également accroître notre méfiance à l’égard des médias réels. En d’autres termes, lorsque les deepfakes sont devenus la norme, il est plus facile pour les gens de montrer du doigt des informations légitimes et réelles et de dire qu’il s’agit également d’un contenu bidon.

Alors que de très nombreuses élections doivent se tenir dans le monde en 2024, dont celle aux États-Unis qui sera cruciale, leur découverte s’avère explosive. Les auteurs suggèrent notamment aux plateformes de prêter une attention particulière aux contenus qui commentent les deepfakes.

Quant aux internautes, ils sont invités à demander des preuves aux personnes qui affirment qu’une vidéo est inauthentique. Il convient par ailleurs d’être patient et de ne pas se montrer catégorique sur une publication. Il faut en effet souvent attendre avant qu’une vidéo soit examinée et que l’on puisse se prononcer sur son authenticité.

Du côté des réseaux sociaux, une prise de conscience a commencé à s’opérer. En 2021, Facebook communiquait ainsi sur un nouveau système de détection mis au point par ses équipes. Ce dernier, basé sur le reverse engineering, est capable d’obtenir des informations sur les deepfakes générés en utilisant des modèles qui n’étaient pas encore connus. Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez obtenir plus d’informations dans notre article ici.

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4 commentaires
4 commentaires
  1. Il est certainement plus facile de démonter qu’une production est un fake que de démontrer qu’elle ne l’est pas.

    “(…) si les citoyens ne croient plus en rien, la vie démocratique devient difficile, voire impossible.”
    Il ne s’agit plus de croire mais d’envisager la plausibilité. Du reste ne dit-on pas depuis toujours qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on lit ? On rajoute simplement tout ce qu’on entend et tout ce qu’on voit. Le besoin de croire est causé par le besoin de confiance mais aussi par celui de certitudes. Envisager le doute, redonner à ce mot son vrai sens, celui de l’incertitude, et non pas celui du scepticisme voir du déni : dire “je ne sais pas” on souvent perçu comme “je ne crois pas” et parfois même interprété comme “je crois le contraire”. Il s’agit donc de douter avec toute la neutralité que cela implique et, le cas échéant, approfondir l’information pour réduire le degré d’incertitude. Au final, de nos jours comme de tous temps, de quoi est-o,; a-t-on jamais été totalement certain ? Pas grand chose tout compte fait et dans le cas contraire envisager une introspection.

  2. Imprévue ? Voici ce que j’expliquais a Gérald Bronner, éminent sociologue Français, en 2018 (mais j’avais fait cette analyse depuis plusieurs années) :

    “On pourrait aussi parler de l’autre effet pervers des ‘fake news’. On pense souvent au premier : que les gens croient des choses fausses diffusées sur les réseaux. Mais en vérité, moi qui gère un réseau de plusieurs millions de personnes, je vois que c’est le contraire qui se produit le plus souvent et malheureusement : Les gens qualifient de ‘fake’ n’importe quelle info pour peu qu’elle leur semble pas logique. Du coup les gens ne rêvent plus et ne croient plus en rien. Ni les miracles de la Nature, ni les exploits des gens pas même les avancées médicales. Ce qui, sociologiquement encore, peut-être extrêmement dangereux et pernicieux : une génération de gens qui ne croient plus en rien.”

    Et c’était encore plus flagrant pendant la pandémie (qui a eu lieu après ce texte).

    Découverte et imprévue ? Non. Que par des gens qui ne s’y connaissent pas tant que ça.

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