Depuis la crise Covid, le secteur aérien connaît une mutation profonde notamment chez les acteurs low cost. Afin de maintenir leur marges, les compagnies low cost ont sorti certains services de leur tarif de base pour les facturer en option. Ryan Air ou Easy Jet par exemple n’incluent plus la valise cabine dans leur tarif de base alors qu’elles l’étaient avant.
Chez WestJet, il a été visiblement décidé de pousser tous les curseurs à fond. La compagnie canadienne impose désormais à ses passagers, en classe économique, un siège à « inclinaison fixe » et ne permet l’inclinaison totale qu’en s’acquittant d’un supplément, réservé aux classes supérieures ou options payantes. En pratique, voyager sans supplément signifie désormais accepter son siège dans une position légèrement inclinée mais fixe, impossible à ajuster pendant le vol. Seuls les détenteurs d’un billet « extended comfort » ou « premium » pourront retrouver le confort du dossier modulable.
Cette évolution est d’autant plus surprenante que le trafic aérien atteint des records : en 2024, il dépassait les niveaux de 2019, juste avant la crise Covid. Les compagnies cherchent à maximiser leurs revenus tout en affichant des tarifs de base attractifs.
Les options payantes, nouveau moteur des compagnies aériennes
Bagages cabine facturés, choix du siège payant, flexibilité des dates de voyage : les options additionnelles se multiplient et déteignent même sur les compagnies traditionnelles, comme Air France, qui fait maintenant payer le choix du siège. Les experts du secteur notent que ces suppléments représentaient déjà 15 % du chiffre d’affaires des compagnies aériennes en 2023, soit le double d’il y a dix ans.
Selon le cabinet Ideaworks, les compagnies misent sur la segmentation des services pour augmenter le panier moyen, tout en préservant la vitrine du billet « le moins cher » affiché en ligne. Pour le voyageur non averti, la facture peut vite grimper si le moindre avantage devient une option. Pour les compagnies, c’est une mine d’or. eEn 2023, les options diverses et variées représentaient la bagatelle de 117,9 milliards de dollars de revenus soit en moyenne 14,7% des revenus globaux des opérateurs.
Sans surprise, la décision de WestJet fait polémique. Les voyageurs réguliers déplorent une nouvelle perte de confort et d’autonomie, d’autant que l’inclinaison du dossier est l’un des derniers petits privilèges qui rendaient supportable un trajet long-courrier en classe économique.
Dans son communiqué publié lors de la refonte de ses cabines sur les Boeing 737-8 MAX et 737-800, WestJet justifie cette décision par la nécessité de « préserver l’espace personnel ». Bah voyons !
- WestJet impose désormais un supplément pour incliner son siège, la classe économique doit se contenter de sièges fixes.
- La compagnie justifie cette mesure pour “préserver l’espace personnel” de chaque voyageur.
- La tendance à la facturation de la moindre option touche l’ensemble des compagnies aériennes low cost et s’étend aux compagnies traditionnelles.
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