Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est omniprésente. Difficile de passer à côté de ChatGPT. Ce robot conversationnel évolué se présente comme une véritable révolution pour les internautes. Effectivement, ChatGPT peut répondre à vos questions, vous donner des lignes directrices sur un sujet précis et même rédiger un texte à votre place. Pour ne citer que quelques exemples de l’étendue de ses capacités. Entre peur et fascination, les avis sont mitigés.
Depuis l’essor de ChatGPT, l’argument de l’intelligence artificielle est utilisé à toutes les sauces pour décrédibiliser un discours ou même un article. Alors que le député socialiste Hervé Saulignac a fait rédiger une intervention à l’Assemblée nationale par ChatGPT et qu’un amendement écrit par l’outil conversationnel a même été déposé par un député en mars dernier, quid de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la sphère gouvernementale ?
Nos confrères de franceinfo ont interrogé les élus. Ces derniers affirment majoritairement ne pas se servir de ChatGPT. Pourtant, d’après un sondage d’Odoxa publié en février 2023, au moins un Français sur cinq disait y avoir recours. En réalité, il est encore très mal vu d’utiliser ChatGPT. À l’Assemblée nationale, mais pas seulement.
ChatGPT, le dopage de la politique ?
Hervé Saulignac a sa petite idée sur la question. Lui qui avait pris la parole avec un texte rédigé par ChatGPT pour, justement, souligner l’importance de l’essor de l’intelligence artificielle et de ChatGPT. Amusé, il explique “C’est comme le porno : personne ne vous dira qu’il en regarde ! On est encore au stade de l’usage honteux”.
Cette perception de ChatGPT s’apparenterait à du “dopage” aux yeux de la plupart des députés. “Si on a recours à une intelligence artificielle, on fait la démonstration qu’on n’est pas intelligent. Donc on se cache d’avoir recours à cette prothèse, car c’est un peu honteux de dire qu’on a fait faire le travail par un robot” complète Hervé Saulignac.
Pourtant, ChatGPT semble s’immiscer discrètement dans le quotidien des élus. Pour la députée Renaissance Constance Le Grip, il ne serait pas étonnant à ce que de plus en plus d’assistants parlementaires aient recours à ChatGPT. Avant tout pour gagner du temps. Au fur et à mesure, l’utilisation de ChatGPT devrait finir par se répandre les couloirs de l’Assemblée nationale.
Mais ChatGPT peut s’avérer très utile, à condition de savoir s’en servir intelligemment. Et de ne pas recracher bêtement ce que répond l’outil. Parmi les reproches faits à ChatGPT, sa manière d’écrire est jugée “consensuelle, un peu mécanique et trop lisse” par Aurélien Lopez-Liguori, député Rassemblement national qui assume utiliser régulièrement le robot conversationnel.
Dans sa réflexion, franceinfo met en lumière un potentiel problème de l’avènement de ChatGPT et l’intelligence artificielle. En gagnant du temps, nous pourrions assister à une “inflation législative”. Effectivement, le député MoDem Philippe Latombe explique que “les députés pourraient déposer d’innombrables amendements en un temps record, sans craindre qu’ils soient rétorqués pour irrecevabilité, car l’IA aurait intégré ce critère”. De quoi perdre pied.
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Difficile d’être sûr que les députés utilisent l’intelligence artificielle dans l’Assemblée nationale.
Par contre, la connerie naturelle, ça ne fait aucun doute !