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« ChatGPT se moque du droit d’auteur » : cet ancien salarié atomise OpenAI

Son parcours en dit long sur l’évolution de ces technologies.

« Si vous croyez en ce que je crois, vous devez simplement quitter l’entreprise ». Cité par le New York Times, Suchir Balaji, qui a passé 4 ans chez OpenAI en tant que chercheur en IA, ne mâche pas ses mots. Au fil du temps, ce jeune talent est arrivé à la conclusion que ces nouvelles technologies apporteraient plus de mal que de bien à la société.

Un engagement sincère

Tout a pourtant commencé par une révélation. Adolescent, ce dernier était captivé par les travaux de DeepMind, la société aujourd’hui détenue par Google, qui a notamment créé une IA spécialisée dans le jeu de Go. Il estime alors que cette innovation pourrait être utilisée pour régler des problèmes insolubles, comme guérir des maladies, ralentir le vieillissement, et faire progresser l’humanité.

Étudiant plus tard à la prestigieuse université de Berkeley, il rejoint un groupe d’élèves qui s’engagent au sein d’OpenAI en 2020. Mais à l’époque, il ne s’agit pas de l’entreprise florissante valorisée à 160 milliards de dollars que nous connaissons. Sa structure s’apparente plutôt à un organisme de recherche qui planche sur des modèles de langage basés sur des réseaux neuronaux.

Suchir Balaji et ses collègues ne s’estiment pas alors comme étant en concurrence avec les autres entreprises d’Internet, étant donné que GPT-3, l’ancêtre de ChatGPT n’est qu’un chatbot. Il précise « Avec un projet de recherche, vous pouvez, en règle générale, vous entraîner sur n’importe quelle donnée. C’était l’état d’esprit de l’époque. »

La déception de l’IA générative

En voyant OpenAI évoluer vers un modèle bien plus lucratif, il a fini par se dire que l’utilisation des données pouvait constituer une violation du droit d’auteur. Et le chercheur de préciser que cet outil viole la loi, car « les modèles génératifs sont conçus pour imiter les données en ligne afin de pouvoir remplacer « pratiquement tout » sur Internet, des articles d’actualité aux forums en ligne ».

Divers organismes de presse, des artistes, et d’autres services ont d’ailleurs attaqué OpenAI et ses rivaux pour ce motif. « Ce n’est pas un modèle durable pour l’écosystème Internet dans son ensemble », tranche Suchir Balaji.

Mis en cause, OpenAI n’a pas manqué de réagir pour contester ces affirmations :

Nous construisons nos modèles d’intelligence artificielle en utilisant des données accessibles au public, d’une manière protégée par l’utilisation équitable et les principes connexes, et soutenue par des précédents juridiques de longue date et largement acceptés. Nous considérons ce principe comme équitable pour les créateurs, nécessaire pour les innovateurs et essentiel pour la compétitivité des États-Unis.

De son côté, le chercheur, qui travaille aujourd’hui sur des projets personnels, appelle de ses vœux à une régulation plus poussée de ces technologies pour éviter les abus.

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