L’Insee vient de publier sa grande enquête annuelle sur les revenus des indépendants, révélant des écarts marqués entre les statuts, les secteurs… et les genres. Voici quelques données intéressantes à en tirer. À noter qu’elles portent sur l’ensemble de l’année 2023.
Le non-salariat en hausse
En France, le travail indépendant continue de séduire, porté par le boom du micro-entrepreneuriat. Ils étaient ainsi plus de 4 millions à exercer une activité non salariée en 2023, dont 1,9 million de micro-entrepreneurs actifs.
Mais dans un contexte de forte inflation, le revenu d’activité moyen des non-salariés classiques (hors micro-entrepreneurs et agriculture) s’élevait à 4 040 euros par mois, en baisse de -4,4 % en euros constants sur un an.
C’est la deuxième année consécutive de repli réel. Résultat, ce revenu reste inférieur de 6,3 % à celui de 2019, c’est-à-dire avant la crise sanitaire. Chez les micro-entrepreneurs, la baisse était plus modérée (-3,5 % en euros constants), avec un revenu mensuel moyen de 680 euros. Malgré cela, ce revenu reste légèrement supérieur à celui de 2019 (+2,4 %).

Quelles sont les activités les mieux payées ?
Tous les indépendants ne naviguent pas dans les mêmes eaux. En haut de l’échelle, certaines professions tirent nettement leur épingle du jeu : les médecins et dentistes affichent un revenu moyen de 9 900 euros par mois, suivis des juristes et comptables avec 8 120 euros mensuels, ou encore des pharmaciens (6 780 euros). D’autres secteurs comme les activités financières, qui enregistrent un salaire moyen de 6 120 euros ou les services techniques spécialisés (5 800 euros) figurent aussi parmi les mieux rémunérés.
A contrario, plusieurs métiers peinent à assurer un revenu mensuel décent. Les indépendants exerçant dans le commerce de détail hors magasin (1 500 euros), les VTC (1 570 euros), les coiffeurs (1 650 euros) ou les enseignants (1 900 euros) restent bien en deçà de la moyenne.
La situation est encore plus difficile chez les micro-entrepreneurs : un sur deux gagne moins de 340 euros par mois. Ce statut, largement plébiscité, est souvent utilisé comme un simple complément d’activité par des salariés en quête de revenus supplémentaires.
Autre constat regrettable, les écarts de revenus femmes-hommes restent marqués : -30 % chez les non-salariés classiques et -18 % chez les micro-entrepreneurs. De même, plus d’un non-salarié sur dix déclare un revenu nul ou déficitaire.
- En 2023, le revenu moyen des indépendants a reculé pour la deuxième année consécutive, sous l’effet d’une inflation persistante.
- Derrière les moyennes, l’Insee révèle aussi de fortes disparités selon les secteurs et les statuts.
- Tandis que les médecins et juristes affichent des revenus confortables, une majorité de micro-entrepreneurs peine à dégager plus de 340 euros par mois.
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