Ces dernières semaines, les prouesses de ChatGPT ont relancé l’attrait pour les technologies d’intelligence artificielle, et leur aspect disruptif pour de très nombreux secteurs. Mais dans le monde du septième art et des séries, cela fait déjà un bon moment que ces outils d’IA changent la donne.
Cela nous a justement donné envie de rédiger cette synthèse non exhaustive des systèmes qui révolutionnent déjà le cinéma, ou pourrait modifier radicalement les productions de films et de séries à l’avenir.
Dramatron
Présentée en fin d’année dernière par DeepMind, la société de Google, cette IA est basée sur un modèle de langage comme ChatGPT. L’idée est très simple, il s’agit d’aider les scénaristes à rédiger des scénarios de films.
Dramatron est donc en mesure de générer la trame d’une histoire, des descriptions de lieux et de scènes, ou encore de créer des personnages. Les auteurs n’ont ensuite qu’à récupérer cette production et à la perfectionner.
DeepMind précise : « En construisant un contexte structurel via l’enchaînement des invites, Dramatron peut générer des scripts et des scénarios cohérents, avec un titre, des personnages, des temps forts de l’histoire, des descriptions de lieux et des dialogues. »
À noter qu’il est tout à fait possible de faire de même avec ChatGPT. Si l’outil d’OpenAI n’est clairement pas doué pour raconter des histoires tout seul, il peut devenir un partenaire pour les scénaristes en apportant certains conseils avisés sur un texte.
FRAN
Disney a mis au point FRAN ( face re-aging network), un système capable de vieillir ou de rajeunir un acteur à l’écran en seulement quelques secondes. Pour obtenir ce résultat, les scientifiques ont entraîné leur réseau neuronal à partir d’une base de données comportant de très nombreux visages synthétiques. Ce sont les mêmes que l’on peut retrouver sur le site This person does not exist.
L’outil utilise alors cette source afin de prédire les zones du visage d’une personne qui vont évoluer avec le temps. Il intervient notamment au niveau des rides, ou des bajoues. Il suffit d’observer la vidéo pour mesurer l’impact spectaculaire de cet outil.
Disney et les autres grands studios ont tout intérêt à travailler sur ce type de technologie, et on a déjà pu voir certains de ses personnages rajeunis ou vieillis à l’écran. Citons notamment le deepfake de Luke Skywalker dans The Mandalorian, ou un Harrison Ford rajeuni dans le prochain Indiana Jones.
Largo.ai
La société suisse Largo Films a déployé plusieurs outils d’IA dédiés au monde du cinéma. Parmi eux, nous pouvons citer Largo.ai. Ce dernier est basé sur l’apprentissage automatique pour fournir des analyses et des prédictions afin de mesurer l’impact d’un acteur sur le succès d’une production.
Cette IA a été nourrie via une base de données très large incluant plus de 65 000 films, 50 000 séries, et 950 000 travailleurs du septième art. Elle est ensuite en mesure d’établir des indicateurs en se basant sur les rôles passés des artistes, les histoires, la réaction du public à l’égard de ces longs-métrages.
Des corrélations peuvent alors être établies et un score permet d’anticiper le succès futur d’une création. À noter que cet outil a déjà été utilisé pour une production phare diffusée sur Netflix : The Crown.
VALL-E
Pour l’heure, VALL-E, l’IA de Microsoft, n’est pas encore utilisée dans le monde du cinéma et des séries. Cet outil de “text-to-speech est capable de générer une voix synthétique à partir d’un texte. Mais, fait nouveau, elle peut aussi imiter n’importe quelle voix, à partir d’un simple échantillon de 3 secondes.
On imagine dès lors les applications possibles dans le monde du septième art, où un acteur pourrait simplement enregistrer sa voix qui serait ensuite reprise à l’infini. Cela pourrait aussi devenir un énorme soucis pour les doubleurs professionnels qui feraient ainsi face à une concurrence redoutable avec ce type de technologies.
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