Cette idée nous vient tout droit de la start-up Daye, qui espère faciliter ainsi le dépistage des IST (Infections Sexuellement Transmissibles) pour les femmes. Une invention très prometteuse, qui permettrait aux intéressées d’éviter par conséquent les écueils logistiques ou psychologiques du dépistage traditionnel. Le tampon est actuellement en phase de test et repose sur la technique PCR (Polymerase Chain Reaction), très efficace pour la détection de matériel génétique pathogène.
Un bond technologique pour la santé féminine
Daye explique que beaucoup de femmes, au moment du dépistage, doivent faire face “à des obstacles à la fois pratiques et émotionnels au dépistage, notamment des difficultés à organiser des rendez-vous, de la peur et de l’embarras”. Le faire chez soi transformerait alors radicalement cette expérience, parfois complexe à vivre.
Alors que ces tests sont normalement pratiqués à l’aide d’un écouvillon ou d’un spéculum, l’utilisation d’un tampon permettrait une collecte d’échantillons vaginaux plus large et complète.
Une solution non invasive, qui est pour le moment en phase d’essai clinique au Royaume-Uni et en Italie. Celui-ci est mené en collaboration avec Lindus Health auprès de 375 patientes. L’idée de cette phase de test est de déterminer son efficacité et l’acceptabilité du produit.
Plus qu’un simple tampon : une plateforme de dépistage
Grâce au test PCR, ce tampon est capable de détecter les IST les plus courantes : gonorrhée, chlamydia, mycoplasmes, trichomonas et uréeplasma. À terme, l’entreprise souhaiterait élargir son champ d’action pour qu’il dépiste les infections au papillomavirus humain (HPV), l’herpès génital, ainsi que l’infection bactérienne au streptocoque B.
Le tampon coûte pour le moment 99 £ (environ 113 euros) et se reçoit par la poste. La patiente fait les manipulations elle-même, puis renvoie le dispositif au laboratoire. Quelques jours après, les résultats sont consultables via une application. Il est également possible de compléter le processus en réservant une consultation avec une infirmière, contre 29 £ (33 euros) de plus. Si un des tests revient positif, l’utilisatrice recevra dans tous les cas un appel de Daye pour la conseiller dans ses démarches de soin.
On peut clairement saluer cette démarche, même si le prix reste pour le moment assez élevé. Celle-ci est considérée plutôt positivement du côté des professionnels de santé, bien que certains restent plus réservés, comme l’Association britannique pour la santé sexuelle et le VIH (Bashh) par exemple. L’institution craint, en effet, que la généralisation du diagnostic de certains organismes (l’uréeplasma particulièrement) conduise à la mise en place excessive de traitements antibiotiques. Un phénomène qui, à terme, pourrait provoquer une antibiorésistance de la population.
- La start-up Daye a mis au point un tampon capable de détecter les IST, que les femmes peuvent s’autoadministrer à domicile.
- Celui-ci est en phase de test au Royaume-Uni et en Italie.
- À terme, l’entreprise souhaiterait étendre ses capacités de dépistage à d’autres affections aux conséquences potentiellement lourdes.
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