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Comment Donald Trump prépare son retour en ligne

L’ancien président et son entourage évaluent toutes les options disponibles. Une chose est sûre, le républicain a bien l’intention de retrouver son influence sur Internet.

« RESTEZ À L’ÉCOUTE ! ». Après son éviction de la plupart des grandes plateformes à la suite de l’intrusion violente dans le Capitole de Washington le 6 janvier dernier, Donald Trump a promis une grande annonce à ses partisans. L’ancien président a même laissé entendre qu’il pourrait construire son propre réseau social.

Depuis, l’attente se poursuit et le leader conservateur est resté silencieux. Déboussolés par la modération renforcée des géants du web, de nombreux supporters ont décidé de rejoindre des services alternatifs peu regardants en matière de désinformation ou de contenus haineux. C’est notamment le cas de Parler ou de Gab.

De leur côté, Donald Trump et son entourage réfléchissent à différentes options pour permettre au milliardaire de retrouver sa place privilégiée de trublion du net. Doit-il rejoindre ces plateformes conservatrices au risque de s’enfermer dans un entre-soi ou créer un site d’un genre nouveau qui serait à Internet ce que Fox News est aux chaînes d’information ?

Gab et Parler accueilleraient à bras ouverts Donald Trump

Jason Miller, un des principaux conseillers de l’ancien président, l’a récemment confirmé à SkyNews Australia, il n’est pas question pour son patron de rester trop longtemps silencieux en ligne. Le communicant a précisé à cette occasion : « Il y a déjà eu un certain nombre de réunions concernant à la fois l’adhésion aux plateformes de médias sociaux et potentiellement la mise en place de nouvelles plateformes de médias sociaux ».

La première option pourrait notamment se faire via une utilisation de Gab. Certains ont d’ailleurs crû à tort que le républicain y avait posté des contenus récemment. Selon Andrew Torba, son directeur général, le compte @realdonaldtrump n’est qu’une archive miroir des tweets et des déclarations du président. En clair, Donald Trump n’a pas publié directement en ligne mais ses propos ont été rapportés.

Pour autant, le réseau social souhaiterait clairement l’accueillir mais cela ne serait pas l’option privilégiée par l’entourage de l’homme d’affaires, d’après Andrew Torba. Il explique : « Nous sommes certains que Jared Kushner (le gendre de Donald Trump Ndlr) essaie activement de garder Trump à l’écart de Gab et ce depuis des semaines. Parce que Gab est le seul endroit sûr qui reste pour les conservateurs, cela signifie que Kushner essaie de garder Trump hors d’Internet. »

Le leader du « Grand Old Party » a aussi envisagé de jeter son dévolu sur Parler. Une enquête de BuzzFeed a en effet révélé qu’une discussion secrète a été établie entre la plateforme et les équipes de Donald Trump l’été dernier. Ce dernier aurait ouvert un compte en échange de 40 % des parts de l’entreprise.

Vers l’invention d’une nouvelle forme de réseau social ?

L’opération n’a finalement jamais été réalisée mais elle pourrait, si elle était avérée, valoir à ce dernier des poursuites judiciaires car de telles pratiques vont à l’encontre des lois anti-corruption en vigueur aux États-Unis. Il semble dès lors difficile d’imaginer le milliardaire se risquer à rejoindre Parler.

L’idée de la création d’une nouvelle plateforme pourrait donc tenir la corde. Jason Miller a d’ailleurs vendu cette option comme une poursuite logique de la communication de Donald Trump suite à son bannissement :

Je vais vous dire que ce n’est pas la même chose quand vous regardez ce qui se passe sur Twitter, je remarque que c’est devenu très ennuyeux, et des millions de personnes partent. Ils s’en vont car ce n’est plus la même chose. Et je peux les comprendre.

À quoi pourrait ressembler ce nouveau réseau social ? La journaliste Jessibelle Garcia de MakeUseOf avance l’hypothèse d’un lieu où les utilisateurs pourraient discuter de politique et des dernières sorties de Donald Trump comme ils le faisaient auparavant sur le subreddit The_Donald, qui a depuis été banni.

Sur Forbes, John Brandon imagine quant à lui un service qui serait le Fox News des réseaux sociaux. Ainsi, l’accent serait mis sur la vidéo et ferait la part belle aux opinions conservatrices. Les contenus de communication officiels du clan Trump pourraient être complétés par les créations des autres utilisateurs, avec en quelque sorte la mise en place d’un YouTube pro-républicain.

Il ferait aussi place à des punchlines, un peu comme on peut le voir sur Twitter et nul doute que l’ancien président y prendrait un malin plaisir à critiquer les mesures et les déclarations de l’administration Biden.

Reste un problème de taille pour la mise en place d’un tel projet : les exigences techniques. Comment sécuriser la plateforme ? Comment la modérer ? Ces difficultés sont déjà très difficiles à gérer pour les géants du web et elles le seront d’autant plus pour un acteur plus modeste.

La question de la monétisation reste également entière et on peut se demander quelles marques accepteraient d’associer leur image à un réseau social dont la réputation pourrait vite devenir sulfureuse. Comme il en a pris l’habitude, le milliardaire pourrait aussi utiliser ce nouvel outil comme tremplin pour booster son empire économique.

Donald Trump Twitter stop
© Twitter

S’il parvient à surmonter l’ensemble de ces écueils, nul doute qu’un tel service pourrait attirer un grand nombre d’utilisateurs aux États-Unis mais aussi dans le reste du monde où de plus en plus d’internautes estiment que leurs propos sont injustement censurés.

Pour Facebook, Google, ou encore Twitter, il ne semble en tout cas plus question de faire machine arrière et de réintégrer l’ancien président. L’ambiance semble d’ailleurs un peu plus détendue depuis l’éviction de Donald Trump. Selon une étude de la société Zignal Labs, les fake news électorales postées sur les grandes plateformes auraient même baissé de 73 % dans la semaine qui a suivi son départ.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Les fakes news, vous en faite une belle brochette de hipsters déconnectés, le retour de bâton va faire mal, la France vient de quitter le classement des “pleines démocraties” et vous en êtes un des engrenages.

  2. Il devient en effet de plus en plus urgent de créer des médias alternatifs vraiment libres. Et accessibles via des webapps, pour être indépendants des magasins d’application (genre App Store d’Apple).

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