Des salaires d’ingénieurs triplés pour tenter d’attirer les meilleurs talents de la Silicon Valley. Les entreprises chinoises ne lésinent pas sur les moyens dans la course à l’IA et aux autres technologies émergentes. De quoi effrayer les grandes puissances occidentales et leurs services de renseignement. Faisons le point.
La course aux talents
Dans une enquête passionnante, nos confrères du Wall Street Journal reviennent tout d’abord sur un fait. Les gouvernements européens et américains s’efforcent de réduire l’accès de la Chine aux technologies les plus sensibles. Selon eux, les sociétés de l’Empire du Milieu contournent ce problème en tentant d’attirer les meilleurs ingénieurs, notamment dans le domaine de l’IA et des semi-conducteurs.
Certaines compagnies vont même jusqu’à ouvrir des succursales locales où elles déguisent leurs origines chinoises pour passer entre les mailles du filet et faire venir vers elles des employés clés des firmes technologiques.
De nombreux ingénieurs sont réticents à l’idée d’accepter ses offres. Ils craignent notamment pour leur réputation et leur intégration au sein d’entreprises de culture chinoise. Mais, en multipliant les tentatives, en recourant à des chasseurs de têtes et en sortant le carnet de chèques, certains finissent par se laisser convaincre.
L’alerte des services de renseignement
Cette approche fonctionne de prime abord, car, en Europe et aux États-Unis, la mentalité est assez ouverte en matière de recrutement de salariés par des entreprises rivales, d’où qu’elles viennent. Sauf que les responsables des services renseignement commencent à tirer la sonnette d’alarme face à ces pratiques. L’Oncle Sam juge même qu’il s’agit d’une tactique délibérée de ce pays rival pour tenter de devenir une superpuissance scientifique et technologique.
Le journal américain cite notamment le cas de l’Allemagne où ces recrutements ont pris un aspect politique. Une nouvelle loi a même failli être votée en vue d’empêcher ces débauchages par des compagnies de l’Empire du Milieu. Cependant la chute du gouvernement dirigé par Olaf Scholz a compliqué les choses.
Friedrich Merz, le leader de l’Union chrétienne-démocrate, qui pourrait bien lui succéder l’an prochain, a d’ailleurs voulu se montrer ferme à ce sujet. Il affirme ainsi que « les entreprises allemandes sont également une cible. Et ce n’est pas acceptable. »
Comme on peut s’y attendre, le ministère chinois des Affaires étrangères nie en bloc. S’il reconnaît que l’interaction de la Chine avec les talents de la Tech existe, elle ne serait pas différente de celle pratiquée par les autres grandes puissances. Il rejette aussi le fait qu’il s’agirait d’un moyen de voler la propriété intellectuelle, qualifiant cette idée de « calomnie sans fondement ».
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