Depuis le 19 février dernier, la plateforme numérique Ulyces propose gratuitement la série documentaire Ultra Violet consacrée au Toulouse Football Club (TFC). Deux épisodes ont déjà été diffusés et ils s’avèrent passionnants. Le premier a particulièrement attiré notre attention car il aborde une facette intéressante du monde du ballon rond : le recours à la data et à l’intelligence artificielle pour mieux recruter.
La data pour recruter malin
Après sa descente en Ligue 2 en 2020, le TFC a été racheté par le fonds d’investissement RedBird Capital Partners. Le dirigeant de longue date, Olivier Sadran, a donc cédé sa place à Damien Comolli à la présidence. Ce dernier a un CV conséquent de directeur sportif à son actif et il est notamment passé par des clubs européens prestigieux tels que Liverpool et le Fenerbahçe.
Toulouse est doté de moyens limités mais doit tout de même recruter pour bâtir une équipe compétitive et être en capacité de remonter en Ligue 1. Le dirigeant décide alors d’utiliser la data afin de trouver des perles rares passées relativement inaperçues jusque là. Des joueurs de grande qualité ont été trouvés par ce biais à l’image de Rhys Healey, Branco van den Boomen, ou encore Stijn Spierings.
Dans le documentaire, Damien Comolli explique : « Notre approche ça été de dire, si on fait la même chose que les autres, avec moins d’argent que les autres, on y arrivera pas ». Il ajoute : « On s’est dit “prenons une approche différente avec l’utilisation par exemple des données, des statistiques”, c’est une méthode qui est assez unique dans le monde du foot à l’heure actuelle. »
Julien Demeaux, actuellement responsable données football au sein du club toulousain, abonde dans ce sens : « Le processus de recrutement, il part toujours de la data. On couvre à peu près une soixantaine de championnats aujourd’hui. On les fait passer dans nos algorithmes et ça va nous permettre de comprendre ce que fait bien un joueur, et ce qu’il fait moins bien (…) ça nous aide aussi à trouver peut-être des joueurs qui sont sous-évalués sur le marché ».
Dans le détail, le système du TFC permet également d’opérer ce que le président qualifie de translation. En clair, l’outil est en capacité d’anticiper le niveau de performance d’un joueur en tenant compte du niveau de la Ligue 2 par rapport à son championnat actuel.
L’intelligence artificielle au service de Liverpool
Et ce mode de sélection semble parfaitement bien fonctionner. Le club possède ainsi le meilleur passeur et le meilleur buteur de deuxième division avec Rhys Healey, Branco van den Boomen.
À noter que l’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée dans le monde du football. Liverpool a récemment noué un partenariat avec DeepMind, l’entreprise de Google.
Les chercheurs de la compagnie ont formé un modèle en utilisant les données fournies par l’équipe sur chaque match de Premier League joué entre 2017 et 2019. Il en ressort que que l’IA peut repérer certains détails qui ne sont pas forcément vus par l’œil humain. Il en va ainsi des risques de blessures, mais aussi de conseils tactiques, tels que le fait d’attaquer d’un côté du terrain ou face à un adversaire en particulier, jouer court ou long…
Sports offers an exciting opportunity for researchers to test AI systems assisting humans in complex, real-time decisions in a dynamic multiagent environment.
Our team explores how AI techniques can transform decision-making by coaches and players alike: https://t.co/ZWoYHXz3nt pic.twitter.com/noaZXfTia2
— Google DeepMind (@GoogleDeepMind) May 7, 2021
Loin d’être infaillible, ce dispositif doit toujours être utilisé avec un regard critique. Il nécessite la présence d’experts pour analyser les résultats et faire le tri. Les managers peuvent donc s’appuyer sur ces nouveaux outils pour analyser les failles et les points forts de l’équipe et de leurs adversaires.
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