Comparateur de prix : Google réfute les arguments de Bruxelles sur un abus de position dominante

Google et Bruxelles, c’est une très longue et tumultueuse histoire d’amour impossible, la commission européenne vient de vivre un nouveau chapitre, car la firme américaine a réfuté les accusations d’abus de position dominante que l’autorité européenne tient à son encontre, comme plusieurs sociétés plaignantes dans ce dossier.

L'Europe devrait infliger une amende record à Google de 3 milliards

Hier, Google a été plutôt sévère à l’encontre des arguments de la commission européenne et n’a pas hésité à contredire les propos de l’Europe qu’il juge sans fondement et totalement erronés. Kent Walker, vice-président de Google a indiqué : « les arguments de la Commission européenne selon lesquels les résultats de Google Shopping portent préjudice à la concurrence. Ces allégations sont erronées sur les plans juridique et économique ».

Google n’est pas d’accord avec les accusations d’abus de position dominante

Pour comprendre le fond de l’affaire, il faut revenir dans le passé. En 2010, Google a effectué une modification de son algorithme de référencement qui aurait fait chuter le positionnement de nombreux comparateurs de prix, alors que Google Shopping gagnait en visibilité. Une armée de comparateurs de prix comme Kelkoo, LeGuide.com, Twenga, ou Ciao par exemple avait déposé une plainte auprès de la commission européenne pour un abus de position dominante flagrant.

Olivier Sichel, l’ancien patron du Guide.com expliquait : « Google a changé son algorithme, et tout à coup, nous sommes passés de la première page de résultats aux tréfonds du site ». Un état de fait que Google ne partage pas, avançant que les 6 comparateurs se plaignant de ces baisses ne reflétaient pas la vision de plus de 350 autres comparateurs européens.

Google explique également que le comportement des utilisateurs ne se résume pas à chercher via son moteur de recherche, surtout dans le domaine du e-commerce et qu’il existe de nombreux autres moyens pour l’utilisateur d’arriver sur un comparateur ou un site sans passer par la case « moteur de recherche ». Ils estiment donc que les sites n’ont tout simplement pas su s’adapter au marché, n’ont pas investi pour rejoindre des annuaires, effectué des partenariats, créé des campagnes publicitaires, facilité les affiliations, utilisé les réseaux sociaux, etc.

Bruxelles et Google campent sur leurs positions

A ce sujet, Kent Walker a expliqué : « Les acheteurs se rendent sur les sites marchands de différentes façons : depuis les moteurs de recherche, les moteurs de recherche spécialisés, les plates-formes marchandes, les réseaux sociaux, et les publicités en ligne ». D’après Google, il est trop facile de simplement affirmer qu’il est le responsable de leurs échecs.

Pour étayer ses propos, Google a pris l’exemple de l’Allemagne en soulignant : pour le e-commerce « Amazon est la première porte d’entrée vers le Web », avec un tiers des recherches de produits, Google vient très loin derrière avec 14,3 % des requêtes, les comparateurs de prix représentent une part infime comprise entre 5 et 6%. Pour Google, la concurrence a toujours eu lieu et il n’y a jamais eu abus de position dominante. Chacun campant sur ses positions, l’affaire risque de durer encore longtemps, il faut dire que l’amende encourue est de plusieurs milliards de dollars, l’un a beaucoup à perdre et l’autre beaucoup à gagner…

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