Le mercredi 26 mars, la commission spéciale chargée d’étudier le projet de loi de « simplification » a pris une décision qui pourrait changer la donne pour des milliers d’automobilistes. Les députés ont voté pour la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), ces périmètres urbains où les véhicules les plus polluants sont interdits de circuler.
Mises en place en 2019 puis renforcées en 2021, ces zones visent à améliorer la qualité de l’air dans les grandes agglomérations. Le fonctionnement reposait sur le système souvent décrié de la vignette Crit’Air, censé classer les véhicules selon leur niveau de pollution. Depuis le 1er janvier 2025, toutes les villes de plus de 150 000 habitants étaient censées avoir instauré une ZFE.
Une contestation qui traverse tous les partis politiques
La révolte contre les ZFE n’est pas nouvelle, mais elle s’est intensifiée ces dernières semaines. Sur les réseaux sociaux, dans la rue et désormais à l’Assemblée nationale, le mécontentement grandit. Des manifestations sont d’ailleurs prévues dans plusieurs villes le 6 avril prochain.
En commission, les députés ont adopté des amendements identiques déposés par Les Républicains et le Rassemblement national. Fait marquant, ces textes ont reçu le soutien de certains élus macronistes, d’Horizons et du groupe LIOT, tandis que plusieurs députés de gauche se sont abstenus. Cette coalition hétéroclite montre une préoccupation partagée au-delà des clivages politiques traditionnels.
« Les ZFE exacerbent les inégalités sociales en pénalisant les ménages à revenus modestes contraints de choisir entre des coûts supplémentaires importants pour acheter un nouveau véhicule propre ou renoncer à se déplacer », a souligné Ian Boucard, député LR du Territoire de Belfort. Un argument qui porte auprès d’une partie de la population, comme en témoigne l’engagement de l’écrivain Alexandre Jardin, devenu porte-voix du mouvement anti-ZFE.
Le gouvernement défend l’efficacité du dispositif face aux critiques
Le gouvernement Bayrou se retrouve dans une position délicate. Lors du vote en commission, les ministres ont défendu le dispositif, rappelant ses effets bénéfiques sur la pollution. « Dans les deux agglomérations où les ZFE sont effectives, soit celles de Lyon et Paris, la concentration de dioxyde d’azote a été réduite de plus d’un tiers », a assuré la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.
Le ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, a plaidé pour davantage d’évaluations avant de légiférer. Quant à François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du territoire, il a tenté de proposer un compromis en affirmant que le « gouvernement est favorable à ce que les collectivités définissent les ZFE et puissent adapter les zones et les règles ».
Si le vote en commission ne signifie pas encore la fin définitive des ZFE, il marque néanmoins un tournant. En l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale, le gouvernement pourrait être contraint de revoir sa copie face à la grogne qui monte.
- Les députés ont voté en commission la suppression des zones à faibles émissions
- La contestation traverse les partis politiques, pointant l’impact social sur les ménages modestes
- Le gouvernement défend l’efficacité du dispositif pour réduire la pollution, mais se retrouve sous pression
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