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Dans leur garage, ce père et son fils ont conçu le drone le plus rapide au monde

En Afrique du Sud, un père et son fils ont réalisé un exploit hors du commun : ils ont conçu et fabriqué le drone le plus véloce jamais créé.

Dans le monde du drone FPV, certaines grandes entreprises sont connues pour fournir des modèles tout à fait abordables et performants. On pense, par exemple, à DJI, qui vient de sortir son Avata 2 il y a peu, Fatshark ou iFlight. Mais c’est aussi un univers qui regorge de créations amateurs, où les fans de FPV rivalisent d’ingéniosité pour créer des drones personnalisés. Nos deux amateurs ici ont poussé leur passion jusqu’au bout, puisqu’ils ont fabriqué un drone quadricoptère, baptisé Peregreen 2, capable de voler à la vitesse ahurissante de 480 km/h, soit quasiment aussi rapidement qu’une certaine Bugatti Chrion.

Officialisé par le Guinness des records, le Peregreen 2 a pulvérisé de loin l’ancien record détenu par Ryan Lademann depuis novembre 2022. Son drone pouvait atteindre déjà 360,5 km/h.

Conception et défis techniques

Le drone Peregreen 2 est d’abord une histoire de persévérance. Luke Maximo Bell et son père ont dû surmonter de nombreux obstacles techniques pour concrétiser leur ambitieux projet. La plupart des composants de l’appareil ont été conçus grâce à l’impression 3D ; une approche qui leur a permis de personnaliser le design et de réduire les coûts. Le cadre en fibre de carbone, qui supporte les quatre moteurs, constituait la seule exception à l’impression 3D.

Le problème principal qu’ont rencontré Luke et son père était la surchauffe des batteries, qui provoquait régulièrement des incendies. « Nous avons dû remplacer les batteries surchauffées et les fils trop fins fournis avec les moteurs » explique Luke dans la vidéo YouTube (voir ci-dessous) retraçant le projet de A à Z. Il explique également qu’ils se sont servis de caméras thermiques pour évaluer la température des batteries, qui montaient jusqu’à 130 ° C ! Une vraie fournaise.

Autre point très important pour qu’un drone puisse filer à ces vitesses vertigineuses : l’aérodynamisme. Si les entreprises spécialisées dans le domaine disposent d’installations spéciales pour tester cet aspect, des souffleries, Luke et son père ont recouru à une autre méthode. Rudimentaire, mais diablement ingénieuse : embarquer le drone à bord d’une voiture en mouvement et le passer par la fenêtre. Une technique qui leur a permis d’identifier les points faibles du Peregreen 2. « En permettant au modèle de tourner autour de son centre de gravité, nous avons pu vérifier si le centre de pression se trouvait derrière ce dernier afin d’obtenir une forme complètement stable ». Très astucieux.

L’homologation du record et les performances du drone

L’homologation d’un record par le Guinness des records est un processus exigeant qui implique des critères stricts. Pour que la performance du Pergreen 2 soit reconnue, la vitesse moyenne devait être mesurée sur une distance d’au moins 100 mètres, dans les deux sens, afin que le facteur vent ne vienne pas perturber la performance.

Le Peregreen 2 a brillamment relevé ce défi, enregistrant une vitesse moyenne époustouflante de 480,23 km/h. Ce résultat remarquable a même été dépassé lors d’une pointe de vitesse à 510 km/h. De quoi donner des sueurs froides à l’équipe qui a suivi le pilote de F1 en pleine action, Max Verstappen, avec leur drone FPV. D’autant que ces derniers ont profité de l’expérience du Red Bull Advanced Technologies pour concevoir leur drone.

L’autre défi qu’ont eu à surmonter nos deux compères était de filmer les exploits du drone sans que les images subissent de distorsions. Un effet dû à deux facteurs principaux : les vibrations et l’effet Rolling Shutter. La plupart des caméras utilisées sur les drones, y compris celles pour le FPV, utilisent des capteurs CMOS. Ces capteurs capturent l’image ligne par ligne, de haut en bas. À des vitesses très élevées, cet effet est particulièrement visible, car différentes parties de l’image sont enregistrées à des moments légèrement différents, créant ainsi une déformation. Pour surmonter cet obstacle, ils ont dû par conséquent modifier la structure du nez du drone.

Le projet Peregreen 2 prouve une chose : que la passion et la persévérance peuvent mener à des accomplissements extraordinaires. Un garage, une imprimante 3D et quelques centaines d’heures de travail acharné ; voilà ce qu’il aura fallu à Luke et son paternel pour faire mieux que les grandes entreprises du secteur. Chapeau bas !

  • Deux bricoleurs d’Afrique du Sud, un père et son fils, Luke, ont construit le drone le plus rapide du monde.
  • Conçu dans leur garage et testé avec des techniques plutôt rudimentaires, celui-ci a atteint la vitesse ahurissante de 480 km/h.
  • Un résultat enregistré par le Guinness et qui dépasse de loin le dernier record datant de 2022.

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