Lors du Bloomberg Technology Summit, Whitney Wolfe Herd (cofondatrice de Tinder et fondatrice et Directrice générale de l’application de rencontres Bumble) a dévoilé une vision du futur des relations amoureuses qui a suscité autant d’interrogations que de controverses. Son idée : un assistant relationnel IA capable de converser avec d’autres IA pour identifier le partenaire idéal pour chaque individu. Un discours qui peut faire froid dans le dos, aux accents clairement dystopiques. L’intelligence artificielle et l’amour devraient-ils vraiment être associés ? Ce n’est en tout cas pas la première fois que la femme s’exprime sur le sujet.
Un nouveau paradigme pour les rencontres en ligne
Dans la vision de Whitney Wolfe Herd, l’intelligence artificielle se substitue aux rencontres superficielles et aux heures perdues à swiper sur des profils. Chaque utilisateur de Bumble pourrait ainsi confier ses aspirations et ses doutes à son propre assistant IA relationnel, tel un Cupidon numérique, chargé de naviguer dans le vaste océan des profils compatibles.
Cet assistant pourrait ainsi s’engager par la suite dans des dialogues virtuels avec ses semblables, analysant méticuleusement les profils et les préférences des utilisateurs pour identifier les candidats les plus prometteurs. Fini les conversations interminables avec des personnes qui ne correspondent pas, adieu les déceptions accumulées et les dialogues qui n’aboutissent pas ! Votre assistant se chargerait de filtrer les âmes sœurs potentielles, ne présentant à l’utilisateur que quelques prétendants triés sur le volet, ceux avec lesquels une véritable connexion est envisageable.
« Ainsi, vous n’auriez plus besoin de parler à 600 personnes. Il (NDLR : l’assistant IA) pourrait analyser tout San Francisco pour vous et vous indiquer les trois personnes que vous devriez vraiment rencontrer » explique-t-elle.
L’amour sincère à l’ère de l’intelligence artificielle
L’idée d’un tel système a été accueilli avec une pointe de scepticisme (encore heureux ?) et certains ont même établit un parallèle assez juste avec l’épisode Pendez le DJ de la série Black Mirror. Un épisode dépeignant un futur dystopique dans lequel un système numérique contrôle intégralement les rencontres entre individus.
Les déclarations de la femme d’affaires sont bien évidemment sujettes à controverses. Déléguer le choix de son partenaire amoureux à des algorithmes ne reviendrait-il pas finalement à dépersonnaliser entièrement les relations humaines ? L’amour ne se résume-t-il pas justement à l’imprévu, aux rencontres fortuites et aux émotions inattendues ? Remplacer tous ces éléments par des calculs mathématiques et des correspondances présélectionnées est une réalité qui s’annonce, sous certains aspects, assez terrifiante.
« Tout s’achète. L’amour, l’art, la planète Terre […] » affirmait Octave Parango dans le film 99 francs. Une déclaration cynique qui pourrait bien devenir une réalité un jour, transformant ainsi l’amour en un vulgaire produit de consommation, optimisé et simplifié à l’extrême par des algorithmes qui choisiraient pour nous. Ce serait franchement sympathique, non ?
- Whitney Wolfe Herd, Directrice générale de Bumble a récemment dévoilé sa vision de l’avenir pour son application de rencontres.
- Elle imagine le développement d’un assistant relationnel IA capable de converser avec d’autres assistants.
- Un système qui permettrait de filtrer les rencontres et d’optimiser le système de dating.
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L’intelligence artificielle et l’amour devraient-ils vraiment être associés ?
Ça se discute quand il s’agit d’amour, mais cela se discute-il pareillement quand il ne s’agit que de flirt, de romance, de plan … cul-de-sac (restons corrects 🙂 ) Car enfin, j’imagine qu’il en va des sites de rencontres comme il en va des rencontres “naturelles” : nous n’avons pas tous la même quête en tête tant elle peut ne l’être qu’entre les jambes ou, le plus souvent, entre les deux (façon “et plus si affinités”).
Perso je n’ai jamais aimé (du temps de ma splendeur) quelque intermédiaire à fortiori quelque entremetteur/se que ce soit pour me diriger vers l’âme, le cœur, le corps de l’autre, et en particulier dans un cadre ad-hoc.
Ceci étant, avec le temps, si va tout s’en va, tout s’en viens de même, ainsi pourquoi pas une IA dès lors qu’il ne s’agit pas de rechercher une parité d’amour mais seulement d’humour, d’humeur, de libido même… L’amour ne se met pas en équation. C’est mon avis et je le partage.
Je vous parle d’un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître : savons-nous cette maxime qui m’aura été rapportée par mes aïeux, “Il s’agit d’avoir la tête froide, le cœur chaud, le sexe tiède”. Faire virevolter les adjectifs et admirons les combinaisons possibles. Pas certain qu’une IA ne s’y entremêle les pinceaux numériques, voyez-vous ?