La startup Deel vient de lever 300 millions de dollars dans un nouveau tour de table. Une opération qui la valorise à 17,3 milliards de dollars, un niveau rarement atteint dans le secteur des technologies pour les ressources humaines (RH).
La machine à mondialiser l’emploi
Fondée en 2019 et basée à San Francisco, Deel s’est donnée une mission simple : permettre aux entreprises de recruter et de payer des collaborateurs partout dans le monde sans se soucier des contraintes administratives liées aux frontières.
Concrètement, la société propose une plateforme qui gère les contrats de travail, les feuilles de paie internationales, la conformité juridique locale et même l’intégration de nouveaux employés. Elle s’adresse aussi bien aux entreprises qui embauchent des salariés qu’à celles qui travaillent avec des indépendants.
Deel s’est d’abord attaquée au problème le plus compliqué du métier, c’est-à-dire la paie internationale, là où les autres entreprises du secteur passent par des intermédiaires et ne maîtrisent pas tout leur système. « Nous avons commencé par le problème le plus difficile », explique l’entreprise dans son communiqué. Elle affirme avoir bâti « une infrastructure mondiale propriétaire », avec plus de 250 entités juridiques, ainsi que des licences financières aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et dans l’Union européenne. Son moteur de traitement de la paie fonctionne aujourd’hui dans plus de 55 pays et doit atteindre 100 pays d’ici 2029.
Cette stratégie agressive lui a permis de connaître une croissance fulgurante. Deel revendique plus de 35 000 clients dans 150 pays, gère plus de 1,5 million de collaborateurs via sa plateforme et traite 22 milliards de dollars de salaires par an. L’entreprise affirme également avoir dépassé le cap du milliard de dollars de revenus annuels récurrents et avoir enregistré pour la première fois, en septembre, 100 millions de dollars de chiffre d’affaires mensuel.

Les investisseurs au rendez-vous malgré une guerre judiciaire
En amont, la société est engagée dans une bataille féroce avec sa plus grande rivale, Rippling, un autre géant des ressources humaines numériques. Cette dernière accuse Deel de vol de secrets industriels, de concurrence déloyale et même d’association de malfaiteurs. De son côté, Deel a contre-attaqué en avril avec une plainte pour diffamation, dénonçant une « campagne de dénigrement orchestrée depuis des années ». L’affaire suit toujours son cours et n’a pas encore de date de procès.
Malgré cette mauvaise publicité, les investisseurs continuent de se bousculer. Les dirigeants de Ribbit Capital et Andreessen Horowitz ont même renouvelé publiquement leur confiance dans Deel. Et le marché semble valider cette rivalité au sommet : Rippling a elle-même levé 450 millions de dollars en mai dernier, à une valorisation de 16,8 milliards.
Avec ses nouveaux moyens financiers, Deel prévoit d’investir massivement dans l’automatisation de ses services, l’intelligence artificielle et l’expansion internationale. Elle vise à proposer une paie « native » dans plus de 100 pays d’ici quatre ans, à multiplier les acquisitions et à devenir « la première plateforme mondiale du travail ».
- Deel vient de lever 300 millions de dollars, portant sa valorisation à 17,3 milliards et confirmant son statut de nouvelle star mondiale des technologies RH.
- Spécialisée dans la gestion de paie et l’emploi international, l’entreprise revendique plus de 35 000 clients dans 150 pays et dit être rentable depuis trois ans.
- Avec cette levée, elle vise désormais l’expansion dans 100 pays et la construction de la première infrastructure mondiale de paie.
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