L’intelligence artificielle (IA) redessine le marché du travail à une vitesse qui laisse peu de temps pour s’adapter. Des secteurs entiers se restructurent, des postes disparaissent, et les jeunes diplômés se retrouvent face à un paradoxe : se former à une technologie qui, demain, pourrait rendre leur métier obsolète. Dans ce contexte, les universités américaines ont choisi leur camp, et elles foncent.
En 2021, seuls 5 établissements aux États-Unis proposaient un cursus dédié à l’IA. Aujourd’hui, selon une enquête du New York Times s’appuyant sur les données du Center for Inclusive Computing de la Northeastern University, on compte au moins 74 licences et 89 mineures, c’est-à-dire des spécialisations complémentaires que les étudiants peuvent greffer à un autre cursus principal, à travers le pays. Et la cadence ne ralentit pas : une douzaine de nouveaux programmes supplémentaires doivent encore être lancés cette année, souvent dans des États éloignés de la Silicon Valley.
Objectif : préparer les étudiants et les établissements eux-mêmes à rester compétitifs dans une économie mondiale en pleine mutation. À l’Université du Dakota du Nord, par exemple, un programme de doctorat en IA a ouvert ses portes cette année avec 8 étudiants. Ce mouvement une prise de conscience collective : ignorer l’IA dans les cursus, c’est risquer de devenir invisible aux yeux des employeurs et des étudiants.

Tous les cursus ne se valent pas
Mais tous ces programmes ne se valent pas. Certains sont construits sur des bases solides, avec de nouveaux cours, de nouveaux professeurs, et une vraie réflexion pédagogique. D’autres ressemblent davantage à des cursus informatiques existants légèrement remaniés.
Et la question de la reconnaissance par les employeurs reste entière. Selon Reid Simmons, professeur à Carnegie Mellon, première université américaine à avoir proposé un diplôme en IA en 2018, les entreprises en quête de vrais experts continueront à se tourner vers les établissements prestigieux qui ont fait leurs preuves. Au final, les risque est de former des étudiants à des outils qui évolueront plus vite que leurs cursus, et leur délivrer un diplôme dont la valeur réelle reste à démontrer sur le marché du travail.
Si pour l’heure, cette tendance reste très marquée aux États-Unis, certains cursus émergent en France, comme le Master Intelligence Artificielle parcours IA et applications proposé par l’université de Rennes. Reste à voir si cette mutation se pérennisera au fur et à mesure que les entreprises intègrent la technologie dans leurs processus.
- Aux États-Unis, les diplômes en IA ont explosé en quelques années, passant de 5 cursus en 2021 à plus de 160 aujourd’hui.
- La qualité de ces formations est très inégale, et leur reconnaissance par les employeurs reste une question ouverte.
- En France, quelques programmes émergent mais le retard avec les États-Unis reste significatif.
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