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Dégâts du tourisme de masse : Airbnb se défausse et attaque violemment les hôtels

La plateforme de location a réagi aux accusations.

Partout en Europe, des mobilisations sociales éclatent en raison de la crise immobilière. C’est notamment le cas à Barcelone et Amsterdam, où les habitants sont exaspérés par la réduction de l’offre et par la flambée des loyers. Dans le viseur des manifestants et des autorités locales : Airbnb et d’autres grandes plateformes de locations accusées de préempter une partie des logements disponibles pour les locaux.

« Nous sommes le bouc émissaire »

Et justement, interrogé par le Financial Times, Theo Yedinsky, vice-président des politiques publiques d’Airbnb, a réagi très fermement à ce sujet. D’après le dirigeant, l’entreprise est le bouc émissaire d’un problème bien plus large.

Il explique ainsi : « On finit par être souvent accusé, surtout dans les centres-villes, mais, le surtourisme est en réalité alimenté par les hôtels.C’est totalement injuste. » La ville de Barcelone n’est clairement pas de cet avis, tout comme le gouvernement espagnol qui a ordonné le mois dernier à Airbnb de supprimer près de 66 000 annonces de sa plateforme.

Theo Yedinsky réplique à ce sujet :

Je pense que le maire de Barcelone doit se pencher sur la construction d’hôtels, sur l’hôtellerie en général… et construire davantage de logements. Ils font d’Airbnb leur bouc émissaire. Ils s’attaquent à une partie du problème et se demandent ensuite pourquoi la situation ne s’améliore pas.

D’après lui, les responsables politiques n’ont pas compris le problème en question et l’origine du surtourisme. Il estime au contraire que les locations de courte durée permettent de réduire la surpopulation en orientant les visiteurs vers des destinations moins fréquentées.

“Airbnb fait grimper les prix”

Un point de vue qui n’est clairement pas partagé par Ilaria Pappalepore, professeure agrégée en tourisme à l’Université de Westminster. Citée par nos confrères, elle estime que les hôtels sont plutôt situés dans les zones touristiques tandis que les locations Airbnb sont plus dispersées dans les villes, ce qui entraîne une augmentation de la vie nocturne bruyante, une hausse des prix de l’immobilier et une saturation des transports en commun dans certaines zones résidentielles.

Sous la menace, Airbnb reste droit dans ses bottes. Theo Yedinsky le confirme : « Nous collaborons avec les régulateurs du monde entier depuis dix ans. Nous y sommes parvenus… cette entreprise continuera de prospérer. »

Ce qu’il faut retenir :

  • Des mobilisations sociales émergent en Europe face à la crise immobilière, et Airbnb est accusé de réduire l’offre de logements pour les locaux
  • La plateforme se défend en affirmant être injustement désigné comme bouc émissaire et estime que le vrai problème vient du manque de construction de logements et du rôle des hôtels
  • Des experts soulignent que la dispersion des locations Airbnb dans les quartiers résidentiels contribue à la hausse des loyers, aux nuisances et à la saturation des transports

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