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Dette : la France peut-elle vraiment faire faillite ?

La réalité est bien plus complexe que ce que l’on entend souvent dans le débat public.

115 % de la richesse nationale mesurée par le produit intérieur brut (PIB). La dette française inquiète et alimente le débat public alors que les parlementaires sont occupés à voter le budget 2026. D’ailleurs, l’État peut-il faire faillite comme on l’entend parfois ?

En tout cas, cela ne se produira pas sur le plan juridique, comme le rappelait à juste titre Alternatives Économiques en octobre dernier. En effet, aucun tribunal n’a la capacité de liquider un État. Lorsque l’on emploie ce terme, il est plutôt question d’une incapacité à rembourser ses créances.

Et c’est ici que le problème se complique. Pour résumer simplement, la France, au même titre que les autres états souverains, peut récupérer des recettes sous la forme d’impôts ou de taxes afin de couvrir ses dépenses (services publics, état providence etc). Mais un État ne mourra pas et pourra toujours emprunter afin de rembourser ses anciennes dettes.

Une économie française qui s’affaiblit à petit feu ?

Cela dit, le taux d’intérêt auquel il emprunte risque d’augmenter au fil du temps, d’autant que certains investisseurs risquent de refuser de lui prêter de l’argent s’ils constatent un risque de défaut. Techniquement, c’est arrivé il y a très longtemps en France : la dernière banqueroute en date remonte à 1797 lorsque le Directoire, épuisé par les guerres et n’étant pas en mesure de prélever l’impôt correctement, a dû se réduire à annuler les deux tiers de sa dette qui étaient alors détenus par des bourgeois français.

Cité par nos confrères Laure Quennouëlle-Corre, historienne et directrice de recherche au CNRS, tient à rappeler que la France reste encore très loin des 300 % d’endettement atteint pendant les dernières guerres mondiales.

Cependant, sa dette est désormais détenue par des créanciers étrangers à 55 %. Ces derniers pourraient dès lors exiger des taux d’intérêt largement supérieurs, ce qui créerait une vraie crise et ne ferait que renchérir la charge de la dette.

Nous n’en sommes clairement pas encore là, mais des scénarios noirs sont évoqués. La France devrait ainsi emprunter au Fonds monétaire international (FMI), mais ce dernier ne prête qu’en échange de programmes d’austérité lourds et injustes qui impactent souvent les plus fragiles.

L’État pourrait aussi décider de se tourner vers le Mécanisme européen de solidarité (MES), mais, ici encore, cela signifierait une mise sous tutelle de la seconde économie du Vieux Continent, ce qui ressemble à de la science-fiction. Enfin, la BCE pourrait décider d’acheter de la dette à des investisseurs en vue de desserrer l’étau et faire baisser les taux d’intérêt.

Il s’agit ici de pistes qui sont loin d’être actionnées et ne le seront peut-être jamais. France Info évoquait une autre idée dans une chronique il y a quelques semaines : celle d’une économie française qui continuerait de fonctionner, mais s’affaiblirait à petit feu.

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