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Euro numérique : deuxième phase de tests lancée par la BCE

Le déploiement de l’euro numérique s’accélère sous l’impulsion de la BCE.

L’Eurosystème franchit une étape importante dans son projet de monnaie numérique de banque centrale (MNBC), suite à l’annonce du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) le 18 octobre dernier. Cette décision marque l’aube d’une nouvelle ère pour l’euro numérique, qui rentre en seconde phase d’expérimentation.

Cette dernière s’étendra jusqu’au mois d’octobre 2025 et verra la participation d’un panel élargi d’acteurs, tous mobilisés pour explorer les multiples facettes et potentialités de cette monnaie dématérialisée. Les tests, plus poussés et diversifiés, visent à décortiquer divers mécanismes complexes et à imaginer une myriade de scénarios d’utilisation, offrant ainsi un aperçu tangible des avantages et des inconvénients de cette future devise virtuelle.

Des acteurs diversifiés pour des tests plus élaborés

Initiée en 2021, la première étape avait mobilisé 14 acteurs. Désormais, ce nombre a triplé, atteignant un total de 48 participants, issus d’horizons variés du monde financier, tant privé que public. Parmi les nouvelles recrues, on compte des mastodontes bancaires et financiers tels que la BNP Paribas, JpMorgan, la Société Générale ou ABN AMRO. De surcroît, trois banques centrales européennes supplémentaires ont rejoint cette aventure monétaire d’envergure. La liste exhaustive des participants est disponible à la consultation sur le site officiel de la BCE.

Ces institutions vont s’atteler à explorer un éventail de cas d’application. Leurs investigations porteront notamment sur les paiements domestiques au sein de la zone euro, les règlements – tant réels que fictifs – de titres financiers, ainsi que les opérations de change en mode paiement contre paiement (PvP) impliquant d’autres banques centrales.

Un aspect fondamental de cette phase réside dans l’interopérabilité entre les transactions basées sur la technologie des registres distribués (DLT) et la plateforme TARGET 2, pierre angulaire du traitement des paiements de montant élevé en Europe. Ces tests, programmés de juillet à novembre 2024, visent donc à valider cette interopérabilité, condition primordiale du succès de l’euro numérique.

Les prochaines étapes

Au terme de cette phase exploratoire, le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunira en octobre 2025 pour statuer sur l’avenir de l’euro numérique. Cette échéance marquera potentiellement l’avènement d’une nouvelle ère monétaire pour l’Europe. D’ici là, les multiples expérimentations permettront d’affiner les rouages technologiques et les mécanismes opérationnels indispensables à un déploiement harmonieux et efficace de cette monnaie dématérialisée.

Néanmoins, le chemin vers la concrétisation du projet reste encore un peu cahoteux. Des préoccupations subsistent notamment concernant la préservation de la confidentialité des transactions et la garantie d’une inclusion financière équitable. Bien que la BCE soit convaincue que l’euro numérique sera bien une réalité dans les prochaines années, quelques zones d’ombre persistent encore : modalités précises de mise en œuvre, implications pour le système financier existant, et conséquences réelles pour les citoyens européens. Tout ceci reste encore à définir.

  • L’euro numérique passe à la vitesse supérieure et rentre en deuxième phase d’expérimentation.
  • Objectifs : explorer divers cas d’utilisation (paiements, titres financiers, change) et s’assurer de l’interopérabilité avec les systèmes existants (TARGET 2).
  • La décision finale du Conseil des gouverneurs de la BCE interviendra en 2025.

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