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Dette record, déficit abyssal : la France est sur le fil… Des années douloureuses à venir ?

La France affiche désormais la troisième plus importante dette publique de l’Europe.

La dette publique de la France frôle désormais les 3 200 milliards d’euros, soit près de 114 % du produit intérieur brut (PIB). Seuls deux pays de la zone euro font pire : la Grèce et l’Italie. Et ce dernier commence doucement à inverser la tendance, contrairement à l’Hexagone…

La France plonge quand l’Italie se redresse

Mais ce n’est pas tout. Le déficit public, c’est-à-dire la différence entre les recettes et les dépenses de l’État chaque année, s’élevait à 5,8 % du PIB en 2024. Autrement dit, la France continue de vivre largement au-dessus de ses moyens.

Cette situation financière très inquiétante fragilise la confiance des marchés. En temps normal, les investisseurs prêtent à la France à des taux plus bas que ceux qu’ils accordent à l’Italie, car le pays est jugé plus sûr. Mais aujourd’hui, les taux d’emprunt à dix ans, la référence, se rapprochent dangereusement, au point que l’Italie pourrait bientôt emprunter à meilleur prix que la France. Une situation tout bonnement impensable il y a quelques années.

Car malgré une dette plus lourde, l’Italie rassure grâce à une gestion jugée plus rigoureuse et pragmatique. Son déficit a nettement reculé en 2024, tandis que ses recettes fiscales ont dépassé les attentes. Résultat, Rome renoue avec la crédibilité budgétaire, au point d’inspirer plus de confiance que Paris auprès des investisseurs.

Le reflet de cette tendance : la France a une note de crédit (AA-) avec une perspective négative, ce qui signifie qu’elle pourrait être abaissée. Pendant ce temps, l’Italie a vu sa note relevée à BBB+.

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© Unsplash / Antoine Schibler

Le pire déficit public de la zone euro en 2025 et 2026

Et les prévisions pour les prochaines années ne sont guère rassurantes. La Commission européenne prévoit que la France affichera le pire déficit public de la zone euro en 2025 et 2026 : aucun autre pays européen ne creusera autant ses finances publiques.

Problème, notre fiscalité compte déjà parmi les plus élevées d’Europe, ce qui laisse peu de marge pour augmenter les recettes. La France donne, par ailleurs, l’image d’un État difficile à gouverner, en raison de la forte résistance à chaque réforme, qu’il s’agisse de l’opinion publique ou des oppositions politiques. Pire encore, l’instabilité politique depuis la dissolution de l’Assemblée en juin 2024 accentue le manque de visibilité sur la capacité du pays à se redresser.

La France doit ainsi prouver qu’elle peut reprendre le contrôle de ses finances. Dans ce contexte, le Premier ministre, François Bayrou, a annoncé 43,8 milliards d’euros d’économies pour 2026, et envisage la suppression de deux jours fériés. Mais les marchés demeurent sceptiques : ils attendent des gestes, pas uniquement des promesses.

  • La dette publique française atteint un niveau record, tandis que le déficit continue de se creuser.
  • L’Italie, pourtant plus endettée, rassure davantage les marchés grâce à une gestion plus rigoureuse.
  • Entre instabilité politique et marges de manœuvre limitées, la France peine à convaincre qu’elle peut redresser la barre.

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