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SFR à vendre : combien Patrick Drahi peut espérer toucher pour combler la dette ?

Prise en étau entre une dette abyssale et des scandales de corruption et blanchiment d’argent au Portugal, Altice va bientôt vendre au moins en partie l’opérateur SFR.

  • Altice se dirige vers une vente au moins partielle de SFR, alors que des échéances salées de remboursements de sa dette abyssale se rapprochent à grand pas
  • Des questions subsistent toutefois sur la valeur de l’opérateur racheté en 2014 à Vivendi pour un montant de 13,5 milliards d’euros
  • Depuis son rachat par Altice, SFR a en effet laissé filer sa dette qui s’établit aujourd’hui autour de 24 milliards d’euros – de quoi faire nettement baisser la valeur de l’opérateur

Ah les dettes… Altice semble payer en ce moment, au prix fort, une stratégie expansionniste qui a fait accumuler au groupe près de 60 milliards d’euros de créances. Jusqu’alors, le montant pouvait sembler soutenable, surtout compte tenu des perspectives du groupe Altice et de la bonne réputation de son fondateur Patrick Drahi auprès des banques et investisseurs institutionnels.

Toutefois, des scandales de corruption et de blanchiment au Portugal éclaboussent l’entreprise et ce qui menace de rompre la confiance des acteurs financiers qui soutiennent jusqu’à présent la firme. Alors Patrick Drahi mène de concert une campagne de communication – pour mieux mettre en avant le souci de transparence de l’entreprise suite aux conclusions de l’enquête interne.

Altice peut-il être certain d’être sorti d’affaire en vendant SFR ?

Des dizaines salariés impliqués de près ou de loin dans l’affaire, quel que soit leur niveau hiérarchique ou marché, ont tous été suspendus. Et surtout, Patrick Drahi commence à chercher un repreneur pour SFR qui lui permettrait d’écarter toute perspective de défaut de paiement.

Il faut dire que comme le rappellent nos confrères de Challenges, l’échéancier se rapproche pour Altice et la note sera très salée. Altice devra en effet rembourser 1,6 milliard d’euros en 2025, 5,4 milliards d’euros en 2027 et 8,9 milliards d’euros en 2028. Soit au total plus d’un quart des créances, soit 15,9 milliards d’euros d’ici fin 2028.

De son côté, SFR est aussi une entreprise endettée. L’opérateur accuse d’une dette de près de 24 milliards d’euros – ce qui complique énormément toute estimation de la valeur actuelle de SFR sur laquelle Altice pourrait compter. La valeur d’une entreprise non cotée en Bourse est généralement liée à ses bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (BAIIDA ou EBITDA pour ceux qui connaissent plutôt l’acronyme anglais).

Nos confrères de Challenges expliquent ainsi que la valeur finale de l’entreprise correspond à un montant compris entre trois et quatre fois cet EBITDA. Toutefois, le calendrier tombe très mal : SFR n’est pas en ce moment spécialement en grande forme.

L’opérateur a en effet perdu 230 000 abonnés mobiles depuis le début de l’année et rapporte au deuxième trimestre 2023 un chiffre d’affaires de 2,76 milliards d’euros en recul de 2,6 %. La dette propre de l’opérateur pose d’autant plus problème que les taux d’intérêt remontent, ce qui devrait la rendre plus chère et forcera tout repreneur à négocier avec des banques.

Au-delà, le secteur aujourd’hui stagne, ce qui ne devrait pas rendre les candidats à un rachat très nombreux. Les opérateurs concurrents, notamment Orange, Bouygues et Free, pourraient toutefois y trouver un intérêt, en fonction du prix : l’opération leur permettant potentiellement de consolider le secteur.

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