Passer au contenu

Dothraki, chakobsa, minionese : d’où viennent les langues imaginaires de la pop culture ?

Films, séries, romans… Certains créateurs vont jusqu’à imaginer des langues inédites pour renforcer leurs univers.

Quel est le point commun entre Game of Thrones, Star Wars et Moi, moche et méchant ? Ces sagas sont toutes composées de langues imaginaires. Dans la pop culture, les langues fictives sont légion. Et elles sont beaucoup plus importantes qu’on ne pourrait le croire.

Depuis des années, les mondes imaginaires de la pop culture, et leurs langues propres, fascinent les fans. Si ces idéolangues sont aussi marquantes, c’est parce qu’elles demandent un travail linguistique titanesque.

Langues imaginaires : une immersion renforcée

Imaginer une nouvelle langue demande beaucoup de travail. Effectivement, ces idiomes inédits ne sortent pas d’un chapeau. C’est ainsi que le sound design de Star Wars s’est appuyé sur des langues du monde entier pour imaginer toutes les langues qu’on entend dans la saga de science-fiction culte. Par exemple, le Huttese, la langue pratiquée par Jabba le Hutt et sa famille, reprend des sonorités du quechua, d’Amérique du Sud, alors que le langage des Jawas peut faire penser au zoulou, d’Afrique du Sud.

Dans cette lignée, le Dothraki, dans Game of Thrones emprunte les sonorités plus dures du russe, du turc et du swahili justement pour illustrer avec toujours plus de justesse la rudesse du peuple imaginé par George R.R. Martin. De son côté, le Haut Valyrien se devait d’être plus élégant et doux à l’oreille, puisant dans le latin. David J. Peterson a également façonné la langue des Fremen dans Dune, le Chakobsa, rassemblant des influences arabes, romanes et slaves pour dégager de la mysticité.

Même la langue parlée par les Minions dans Moi, moche et méchant suit une logique bien précise. Le Minionese repose sur un mélange subtil de plusieurs langues, comme le français, l’espagnol, l’anglais et même le japonais et se compose d’une phonologie identifiable, de répétitions, d’intonations expressives et de mots reconnaissables pour donner naissance à un idiome étrange mais également familier.

Créer une nouvelle langue demande, évidemment, des mois voire des années de travail et passe généralement par des outils d’anthropologie à l’instar de la liste Swadesh, répertoriant une centaine de concepts universels présents dans toutes les cultures humaines. Il faut ensuite imaginer une grammaire, une phonologie et bien plus encore. J. R. R. Tolkien a carrément simulé une évolution historique de son elfique.

Sans s’en rendre compte, les langues fictives ouvrent une porte décomplexée vers l’apprentissage, levant de multiples barrières psychologiques. C’est du moins ce qu’assure Babbel, l’application d’apprentissage. Comme il n’existe pas de locuteurs natifs, les personnes ayant décidé d’apprendre le Dothraki ou l’elfique ont moins de pression.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech