Si vous avez détenu quelques générations de macs, et quelles que soient leurs différences techniques, ou leur design, une chose a toujours été une sorte e fil rouge : le son qu’ils émettent au démarrage. Non pas celui du système d’exploitation, comme sur les PC Windows – au demeurant beaucoup plus portés sur ce genre de retours sonores (les sons de démarrage et de fermeture de Windows 95 n’ont-ils pas été composés par Brian Eno en personne ?).
Mais plutôt directement lorsqu’on lance le système. Pour le reste, Apple est toujours resté minimaliste : il n’y a jamais eu de son d’arrêt du système, et il ne demeure qu’à peu près un seul son (d’alerte) configurable – jusqu’à ce jour. Le son de démarrage proprement dit ne peut pas être modifié par l’utilisateur. Tout juste peut-on, sur les macs récents l’activer ou le désactiver via une commande dans le Terminal. Aussi simple soit-il, cet accord est devenu partie intégrante de la gamme d’ordinateurs de la firme. Au point que Apple en a fait une marque déposée en 2012 (USPTO #4,257,783).
Pourquoi le son de démarrage des macs est si particulier
Mais il n’aurait dû ne jamais exister. Dès le Apple ][, sans interface graphique, la firme introduit un son de démarrage basique, repris jusque dans les dernières phases du développement du Macintosh. Nous sommes en 1988, le tout premier et un ingénieur clé du système d’exploitation, Jim Reekes, ne supporte plus d’entendre cet accord strident de façon répétée alors que les bogues faisant crasher la machine sont encore particulièrement nombreux.
Passionné de musique et ayant assemblé un studio d’enregistrement dans sa maison, il enregistre l’alternative que l’on connaît sur un Korg Wavestation EX – un synthé assez avant-gardiste, qui devient par la suite typique de beaucoup de productions, notamment de dance music, vers la fin des années 1980. Comme il craint que son idée soit évincée par divers échelons, et motivé par son aversion du son de démarrage d’alors, Jim Reekes s’arrange avec une des équipes pour que sa version soit intégrée au tout dernier moment.
De quoi mettre les mécontents (et la direction d’Apple) devant le fait accompli : face au risque de créer un bogue juste avant le lancement du prochain Macintosh, personne n’ose plus modifier le son de démarrage. Qui restera (malgré quelques retouches mineures) le même sur les générations suivantes, bien après le départ de Jim Reekes, en 1999. Pour la petite histoire, il raconte que Apple refusait alors de le laisser travailler sur ce qui allait devenir les fondations de iTunes et de l’iPod dans la période la plus compliquée pour la survie même d’Apple à la fin des années 1990.
Des technologies qu’il continue de développer en solitaire jusqu’en 2001 – avant que Apple ne noue un accord pour utiliser ses technologies dès le retour de Steve Jobs – permettant de lancer rapidement le premier grand succès attribué à son retour : l’iPod. Soulignons que si l’initiative de Jim Reekes a plutôt bien été reçue, c’est à cause d’un dernier petit détail : en plus d’être un ingénieur logiciel talentueux, ce mélomane accompli était alors titulaire d’un diplôme en théorie musicale et composition (California State University Fullerton, 1978-1981). On vous propose de regarder Jim Reekes revenir sur cette histoire dans la vidéo ci-dessous :
Jim Reekes who worked as Apple’s sound designer in the 1980’s with a backstory on how and why the sound was chosen. pic.twitter.com/PYPvy1uVZf
— Historic Vids (@historyinmemes) May 13, 2024
- Les macs doivent leur son de démarrage à un ingénieur clé, Jim Reekes, passionné de musique.
- Ce dernier ne supportait pas le son strident qui retentissait lors de l’allumage des Macintosh d’alors.
- De peur que son idée soit rejetée, il a réussi à se frayer un passage dans une ROM finalisée, mettant la hiérarchie devant le fait accompli.
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