Le drone Skydio R1 est autonome, sait où vous êtes, et où vous allez

Après 4 ans de travail discret, la start-up américaine Skydio présente son premier produit, le R1, un drone autonome capable de vous suivre et filmer en 4K dans des environnement denses en complexes.

 

Une start-up fondée il y a 4 ans par des chercheurs du MIT et soutenue par les plus grands investisseurs de la Silicon Valley, présente son premier produit, le R1, un nouveau drone autonome.

Si la dénomination autonome vous parait floue (ou vous fait penser aux voitures autonomes), sachez qu’il s’agit en fait d’une drone qui vole sans être piloté, à l’instar de ses déjà illustres prédécesseurs, collègues et concurrents, comme par exemple la série DJI Mavic (Pro, Platinum, Air), le DJI Spark ou encore le Parrot BeBop 2 Power. Comment fait-il pour se déplacer ? A l’instar de ces derniers, il se « verrouille » sur quelqu’un et le suit tout en le filmant et en évitant les obstacles. Attention, il ne se limite pas seulement à éviter un arbre ou deux en parcourant un champ, il peut concrètement vous suivre dans une forêt dense, ou dans des environnements urbains comme un entrepôt. C’est là toute la différence avec les machines de DJI ou de Parrot, puisque sa technologie de guidage autonome et d’évitement d’obstacles est annoncée comme la plus sophistiquée du moment, loin devant la concurrence si l’on en croit les arguments avancés par ses concepteurs.

Une technologie de pilotage autonome similaire à l’automobile

Se faire traquer par une machine volante qui vous suit pendant que vous vous déplacez, ou courrez, c’est effectivement ce dont est capable le R1, à l’aide de ses 13 caméras embarquées (6 sur le Mavic Air) qui lui permettent de se repérer dans son environnement. La start-up utilise plusieurs technologies embarquées dans la dernière génération de voitures (semi-)autonomes, notamment le puissant processeur Nvidia TX1 à 256 coeurs.

Si le Skydio R1 n’est pas le premier drone grand public à adopter des technologies basées sur la vision vidéo pour faciliter le vol, c’est le premier en à en faire un usage aussi pointu. En effet, contrairement à DJI qui l’utilise principalement pour éviter des objets, Skydio l’utilise pour permettre au drone de voler de lui-même et de suivre des objets en mouvement.

Pour guider le drone, rien de plus simple. Il suffit d’ouvrir l’application, laquelle retransmet la vue de la caméra principale qui filme en 4K à 30 images/s, et de tapoter sur la personne à suivre. Même en groupe, le R1 identifiera les caractéristiques morphologiques de la  silhouette humaine (telles que le visage, la corpulence, la taille, ou la couleur des vêtement), et commencera à la suivre.

Des possibilités inédites

Cela ouvre de nouvelles possibilités. Par exemple, il devient possible de verrouiller l’objectif sur vous-même et de skier en montagne pendant que la R1 enregistre ces séquences en 4K. Il peut se voler jusqu’à 40 km/h durant 16 minutes pour une charge complète de la batterie.

Le R1 a divers modes de vol qui définissent le cadrage d’image qu’il capture. Le mode follow agit comme il le suggère, en suivant une cible en mouvement de derrière, tandis que les modes sideorbit et lead capturent la vidéo avec des points d’observations plus complexes qui impliquent que le drone se doit aussi de prédire vos déplacement en fonction de votre trajectoire. Le drone dispose aussi d’un mode stadium conçu spécifiquement pour la capture de sports de plein air. Parmi tous les modes spécialisés, l’application laisse aussi la possibilité de piloter le drone manuellement, avec une seule main !

Le drone est disponible dès maintenant sur le site de Skydio, au prix de 2499 $. Le prix prohibitif s’explique par la technologie de conduite autonome embarquée particulièrement onéreuse. C’est néanmoins un positionnement tarifaire qui aura du mal à trouver un public autre que des entreprises et professionnels pouvant rentabiliser un tel investissement, ce qui ne pose pas problème selon PDG de la startup, qui ne se considère pas comme société de technologie grand public : « il y a clairement une voie pour utiliser cette technologie dans d’autres domaines » tels que la construction, l’agriculture, ou la sécurité.

 


Commenter