Ce vendredi 4 septembre, le gouvernement de Giorgia Meloni franchit le cap des 1 413 jours consécutifs à la tête de l’Italie. Il devient l’exécutif le plus long à avoir gouverné sans interruption depuis la création de la République italienne en 1946, dépassant de peu le précédent sommet établi par Silvio Berlusconi entre 2011 et 2005, soit 1 412 jours.
Si le célèbre magnat des médias conserve la primauté du temps total passé au pouvoir, avec plus de 9 années cumulées au fil de plusieurs mandats, la présidente du Conseil des ministres s’impose par sa capacité à tenir la barre sans la moindre interruption.
Une performance qui tient de la prouesse, dans un pays qui a vu défiler 68 gouvernements en l’espace de 80 ans. Car le paysage politique italien est historiquement marqué par une instabilité chronique et des crises de coalition répétées, avec une durée de vie moyenne famélique de 13 mois par cabinet.

Bilan mitigé
Pour tenir la distance sans faire exploser sa coalition ultra conservatrice, Giorgia Meloni a rapidement troqué son profil d’outsider radicale pour une approche plus pragmatique. Elle s’est, par exemple, alignée sur la discipline budgétaire européenne et sur la politique étrangère occidentale. De quoi renforcer sa crédibilité internationale sans froisser la majorité de ses partenaires.
De même, ses partisans mettent en avant des résultats concrets sur le plan économique : le chômage est passé sous la barre des 6 %, tandis que plus d’1 million d’emplois ont été créés. Elle a, en outre, réduit drastiquement l’arrivée de migrants, l’un des piliers de son programme.
Un bilan évidemment à mitiger, vivement contesté par l’opposition et les syndicats. Ses détracteurs soulignent, par exemple, que le pouvoir d’achat s’est dégradé sous l’effet de l’inflation, tandis que les problèmes structurels du pays (faiblesse de la productivité, déclin démographique et déserts médicaux), demeurent inchangés.
Et ce n’est pas tout, car la Première ministre voit naître une menace à sa propre droite, avec l’émergence de mouvements encore plus radicaux, qui lui reprochent d’être devenue trop modérée.
Un règle de plus de vingt ans au XXe siècle
L’histoire italienne du XXe siècle a connu des régimes plus durables, mais hors du cadre démocratique. Durant l’entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale, le dictateur fasciste Benito Mussolini a dirigé l’Italie pendant plus de vingt ans sans interruption, de 1922 à 1943.
C’est précisément pour empêcher le retour d’un pouvoir aussi long et absolu que les constituants ont façonné, en 1946, une République au système parlementaire très morcelé.
- Avec 1 413 jours consécutifs au pouvoir, le gouvernement de Giorgia Meloni devient le plus long de l’histoire de la République italienne.
- Dans un pays habitué à l’instabilité, elle réussit enchaîne près de quatre ans sans interruption.
- Si la Première ministre revendique une baisse du chômage et des impôts, l’opposition dénonce, entre autres, l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat.
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