« Je suis très fière de vous annoncer le lancement du projet d’e-sport LNX ». C’est par ces mots que la ministre des armées, Florence Parly, a présenté le nouveau projet de l’armée française lié à l’univers du jeu vidéo.
Lors du Forum Innovation Défense, cette annonce a fait grand bruit. Habituellement centré sur les nouvelles technologies militaires, l’évènement s’est donc ouvert à un nouveau public cette année. Selon la ministre, l’e-sport a « un potentiel d’attractivité et de rayonnement considérable ». Et d’ajouter :
Demain, piloter un char de combat comme le Griffon, ce ne sera pas si différent que de s’orienter dans un jeu vidéo à l’aide d’un joystick.
Toujours « en phase de structuration » ce projet est mené par trois entités : l’AID (Agence de l’innovation de défense), Les Jeunes IHEDN (association d’élèves militaires de l’Institut des hautes études de défense nationale) et le club d’e-sport montpelliérain MTP Esport. « Nous commençons notamment à discuter avec l’Institut de recherche biomédicale des armées pour voir dans quelle mesure nous pouvons dériver les nouveaux modes d’entraînement cognitif des cyberathlètes » explique Emmanuel Chiva, directeur de l’AID.
Une chaîne Twitch mais « pas forcément des jeux militaires »
Bien qu’elle s’en défende, l’objectif de l’armée française semble clair : recruter de nouveaux talents. « L’armée cherche constamment à recruter des jeunes et veut utiliser l’e-sport comme levier d’adhésion et outil de recrutement » explique au Monde Nicolas Besombes, sociologue du sport et fondateur de l’Association pour la recherche et les études francophones sur l’e-sport.
Un jugement que ne partage pas Dorian Petey, coordinateur du projet LNX, qui assure que « le but n’est pas du tout d’embrigader les jeunes ». Pourtant, le contexte semble prouver le contraire. Si l’armée parvient à maintenir ses objectifs de recrutement, elle doit redoubler d’inventivité pour maintenir ce niveau jusqu’en 2025, objectif qu’elle s’est fixée.
Par ailleurs, les méthodes employées ont tout l’air de confirmer cet objectif de recrutement. En plus de constituer une équipe e-sport, l’armée française va diffuser des sessions de jeu en direct sur Twitch. Or, la plateforme de streaming de jeux vidéo est majoritairement plébiscité par les jeunes.
Par ailleurs, l’armée française semble vouloir ratisser large. Pas question de ne diffuser que des jeux de guerre. Les cyberathlètes ne s’illustreront « pas forcément sur des jeux militaires » comme Warzone, Battlefield ou Counter Strike.
D’ailleurs, les FPS (jeu de tir à la première personne) ne seront pas les seuls jeux mis à l’honneur. Pour preuve, le premier jeu à être mis en lumière par l’armée sera sans doute Rocket League, un célèbre jeu mêlant football et voitures télécommandées très populaire sur Twitch. Le directeur de l’AID espère même organiser le première évènement d’ici 2024. Son nom : Eurodefense Battle. Ça ne s’invente pas.
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Une simple recherche sur internet aurait permis de voir que Les Jeunes IHEDN ne sont pas des élèves militaire. Mais c’est sûrement plus simple de copier les erreurs de l’article du Monde.
Bonjour cher lecteur anonyme,
L’IHEDN est un institut dont le maître mot est la défense nationale. J’ai peut-être pris un raccourci mais il me semble que cela a un lieu étroit avec l’armée quand même. Il suffit de se rendre sur le site de l’institut pour s’en apercevoir.
Bonne journée.
objectif qu’elle s’est *fixée*.
Or, la plateforme de streaming de jeux vidéo est majoritairement *plébiscité* par les jeunes.