Depuis sa première édition en 1995, l’E3 est la grande messe du jeu vidéo. Tous les ans, une grande partie de l’industrie se donne rendez-vous pour dévoiler le futur du gaming à Los Angeles. Une boîte à rêve suivie par des millions de joueurs à travers la planète qui attendent impatiemment d’en prendre plein les yeux, d’être surpris, et de vibrer devant des annonces incroyables.
Hélas, depuis quelques années, l’E3 fait moins rêver les joueurs. De plus en plus de passionnés se retrouvent frustrés, reprochant à l’événement d’être bien moins impressionnant. Et le phénomène ne s’arrête pas au salon californien. La Gamescom, les Game Awards ou bien encore les différentes conférences des éditeurs et constructeurs tout au long de l’année sont moins appréciés des joueurs également.
Cette tendance est-elle logique ? L’E3 est-il moins excitant par rapport aux années précédentes ? Ou ce sentiment est-il normal ? Nous allons tenter de revenir sur plusieurs points tout au long de ce dossier pour comprendre ce changement de stratégie. Aurons-nous la chance de retrouver des conférences qui rassembleront de nouveau la passion ?
1995 – 2021 : Une évolution bien trop rapide
26 ans séparent la première édition de l’E3, de la dernière qui s’est déroulée du 12 au 15 juin dernier. Entre les deux, un premier changement organisationnel. La première édition se déroulait au sein du Convention Center de Los Angeles quand la 26e édition s’organisait entièrement en ligne, sous la forme digitale, par mesure sanitaire. Un changement obligatoire pour 2021, mais qui met en lumière un constat plus général.
Depuis 1995, Internet est arrivé et a chamboulé de nombreuses choses. À l’époque des premiers E3, la seule façon pour les joueurs du monde entier de se renseigner était de patienter de longues semaines que la presse papier spécialisée sorte leur nouveau magazine. Bien souvent, les nouvelles de l’E3 arrivaient un à deux mois après le salon, le temps que les équipes de rédactions rentrent en France (ou ailleurs dans le monde), couchent sur papier leurs différents reportages, préparent minutieusement la publication, etc…

Les joueurs avaient le droit à un numéro incroyable où l’avenir se dévoilait sous leurs yeux, page après page. Vingt ans plus tard, l’ère du numérique a apporté son lot de changements. Avec Internet, YouTube, Twitter, Instagram, nous sommes dans l’instantané, les informations n’attendent plus. Quelques secondes après les annonces, de nombreux médias et influenceurs sont en mesure de la diffuser et l’information fait le tour de la planète en quelques minutes.
La montée en puissance d’Internet est responsable d’un fléau qui ne touche pas seulement le monde du jeu vidéo, mais l’ensemble des domaines : les leaks. Ou, dans notre bon français, les fuites. De plus en plus de journalistes et personnes bien renseignées ne respectent plus les contrats de confidentialités et diffusent sur les réseaux les grosses annonces quelques heures avant les événements. Et bien souvent, cela a pour conséquence de gâcher la fête.
Le digital, c’est mal

Le délai de publication des informations et l’impossibilité de faire (trop) leaker les futures annonces ne sont pas les seuls facteurs responsables de la baisse de popularité des événements gaming. La forme de ces événements a changé et la crise sanitaire que nous traversons depuis maintenant un an et demi a accentué ce phénomène.
L’E3 de Los Angeles, le CES de Las Vegas ou encore le TGS de Tokyo, ces moments annuels étaient des temps de communications importants pour les grandes marques. C’était également des rendez-vous coûteux pour les firmes. Pour l’E3, de nombreux acteurs reprochaient à l’ESA (l’Entertainment Software Association), les organisateurs du salon, de proposer des prix d’emplacement de stands bien trop élevés au sein du Convention Center. Pour les principaux acteurs, que ce soit les constructeurs comme Nintendo et PlayStation, ou les plus gros éditeurs comme Ubisoft et Electronic Arts, il fallait également prévoir une location de salle dans la ville de Los Angeles pour y organiser leur conférence.
Avec l’attente autour de ces événements et leurs coûts, les deux ou trois salons dans l’année étaient primordiaux pour les marques. Ces dernières se préparaient et arrivaient avec de belles choses à dévoiler aux joueurs, mais surtout à la presse. Au début des années 2000, sans Internet, il fallait d’abord convaincre les journalistes pour qu’ils puissent mettre en confiance les fans à travers leurs articles. Grâce aux informations et aux retours des journalistes, les éditeurs parvenaient à susciter de l’envie et pousser les joueurs à acheter la prochaine console ou le prochain jeu à la mode.

Sur place, il fallait donc mettre le paquet, proposer le stand le plus beau et le plus impressionnant. Dévoiler la meilleure conférence pour rendre impatients les journalistes qui allaient prendre en main les jeux quelques heures plus tard. Ces événements étaient de vrais shows.
Le 21 octobre 2011, Nintendo diffuse sur internet son premier « Nintendo Direct ». Il s’agissait d’une conférence pré-enregistrée de 37 minutes qui avait pour objectif de dévoiler les prochains jeux Nintendo 3DS et Wii.
Beaucoup moins coûteux qu’une véritable conférence, un Nintendo Direct permettait au constructeur de communiquer n’importe quand dans l’année sans avoir à attendre un grand événement. D’abord proposé uniquement au Japon, ce format arrivera dès février 2012 en Europe et en Amérique. Puis, il sera de plus en plus utilisé par la firme pour communiquer hors rendez-vous annuels.

Avec ces formats pré-enregistrés, Nintendo se mettait même à l’abri des problèmes liés aux conditions du direct. La firme alternait donc entre les conférences et les rendez-vous sur internet. À partir du mois de mars 2013, lors de la réunion annuelle sur les résultats financiers, Nintendo annonce qu’ils n’organiseraient plus de conférences de presse. Le constructeur justifie cette décision par le fait que « différentes personnes exigent différents types d’informations » et que les Nintendo Direct sont donc plus adaptés.
Aujourd’hui, cela fait huit ans que la firme japonaise n’a plus tenu de conférence de presse physique. Nintendo n’est pas le premier acteur à oser les rendez-vous digitaux, mais il en aura ouvert la voie. Il faudra attendre 2018 pour que Microsoft se lance avec les Inside Xbox et 2019 pour que Sony diffuse son premier State of Play.

Maintenant, tous s’y mettent et cela apporte de nombreux avantages. Avec ces rendez-vous digitaux, les acteurs de l’industrie du jeu vidéo économisent de précieux dollars et peuvent communiquer quand ils le souhaitent. Avec ces événements courts d’un quart d’heure (qui peuvent s’étendre jusqu’à une heure) les marques peuvent proposer le même contenu qu’une conférence de presse à moindre coût. Hélas, cela à beaucoup moins d’impact. Un enchaînement de vidéos ne sera jamais aussi attrayant qu’une scène avec un présentateur, des invités et une salle qui exulte d’euphorie devant l’annonce d’un jeu très attendu.
Un enchaînement de vidéos ne sera jamais aussi attrayant qu’une scène avec un présentateur, des invités et une salle qui exulte d’euphorie devant l’annonce d’un jeu très attendu.
En 2020, le monde est secoué par la pandémie du Covid-19. Une situation inédite et compliquée pour tout le monde doit apprendre à s’adapter aux nouvelles façons de vivre et de travailler… À distance.
L’industrie du jeu vidéo va le mieux s’en sortir côté communication. À l’air du numérique, les « geeks » ne sont plus moqués. Ils sont même enviés par la plupart qui découvrent les ordinateurs, le travail à distance, les joies des problèmes techniques, les tutoriels pour faire fonctionner les conférences Skype, Zoom ou Discord. L’industrie du jeu vidéo est parée. Depuis plusieurs années, des conférences sont organisées en ligne et dans des temps records les principaux acteurs parviennent à se retourner.

Face à l’annulation de tous les événements Gaming, Geoff Keighley, producteur des Game Awards (l’équivalant des Oscars dans le jeu vidéo) réunit les principaux membres de l’industrie pour organiser le Summer Game Fest. Cela devait être un festival de quatre mois qui avait pour but de fusionner l’E3 et la Gamescom en proposant une multitude d’événements en ligne au cours de l’été.
Sur le papier, ce festival avait tout pour offrir aux joueurs une saison estivale formidable pour oublier la période compliquée. Mais les retours du Summer Game Fest seront assez mauvais. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose.
Les joueurs ont fait face à des conférences ennuyeuses qui ne montraient pas toujours des jeux, avec énormément de teasing sur les réseaux sociaux pour exciter les joueurs et provoquer au final de nombreuses frustrations et déceptions. Le résultat se solde par quatre mois trop longs avec une multitude d’événements parfois annoncés seulement quelques heures avant leur diffusion.

L’organisation d’événements en ligne étant beaucoup moins coûteuse, les fans ont fait face à une multitude de rendez-vous, avec des acteurs qui n’ont pas l’habitude de réaliser ce genre de contenus. Le Summer Game Fest s’achèvera avec très peu d’annonces marquantes et cette sensation de toujours rester sur sa faim.
L’année de la next-gen avec l’arrivée des PlayStation 5 et Xbox Series X n’a pas aidé à redonner de l’espoir. Seul Sony est parvenu à organiser deux conférences bien maîtrisées en juin et en septembre. Microsoft était un peu plus en difficultés.
Hélas, en 2021 avec la crise sanitaire qui se prolonge, nous faisons face au même cas de figure. La première partie du Summer Game Fest avec la cérémonie d’ouverture est assez décevante. L’E3 livre l’une de ses pires éditions. De nombreuses prises de paroles comme celle de Capcom, Koch Media, Ubisoft ou encore Square Enix ne montrait pas grand-chose. Très peu de nouvelles annonces et rien de marquant qui pouvait justifier l’organisation d’une conférence E3.
À la fin de ces rendez-vous, nous avions clairement l’impression ne de rien avoir appris de nouveau et que les marques faisaient seulement acte de présence, profitant de l’E3 pour créer un coup de communication « gratuit ». Loin des shows impressionnants que l’on pouvait savourer ces dernières années.
Un problème de communication ?

Au-delà de l’aspect économique qui pousse les différents éditeurs et constructeurs à réaliser des conférences sens âmes et bien trop nombreuses, nous pouvons évoquer un gros problème de communication. Avec la force des réseaux sociaux et l’attente des joueurs, il est très facile de faire monter la pression au point de sur-vendre son événement. C’est le cas de Microsoft, l’année dernière, qui y est allé un peu trop loin pour promouvoir son Inside Xbox, en mai 2020.
Face à la colère et la déception des joueurs après l’événement, Aaron Greenberg, responsable du marketing des jeux chez Xbox a rédigé un tweet pour s’excuser de la communication maladroite. Quelques mois plus tard, à l’occasion des Game Awards, Greenberg prendra les devants et demandera aux joueurs et aux fans de ne pas trop s’emballer à l’approche de la cérémonie.

Geoff Keighley est également un spécialiste dans l’art de promouvoir ses événements au point de décevoir plus d’un joueur. Tous les ans, il va promouvoir ses événements pendant de nombreuses semaines. Geoff Keighley tweet, annonce, sème le doute et va même jusqu’à publier de courtes vidéos d’annonces qui ont pour objectif de faire monter la pression… Et créer beaucoup de désillusion au moment de suivre les événements en LIVE.
La course aux clics… La course aux vues

Un autre facteur vient s’ajouter à l’ensemble de ses problèmes. Les informations se diffusent vite, les internautes et les joueurs sont dans l’attente et ils sautent sur le premier site ou la première vidéo qui détiendra le scoop qui va embellir leur journée.
Dans le cas des grands événements, de plus en plus de rédactions, de streameurs et d’influenceurs jouent sur l’attente des joueurs pour ramener quelques vues supplémentaires. Teasing d’informations confidentielles, jeu avec les internautes pour les mener sur différentes pistes ou tout simplement duper l’internaute et la communauté pour les mettre dans l’attente d’un événement qui ne verra jamais le jour.
Pour l’E3 2021, deux événements soulignent ce gros problème où des rédactions professionnelles et autres chaînes YouTube peuvent jouer avec l’attente des joueurs pour en quelque sorte duper les internautes et les pousser à les suivre pour ramener quelques clics et quelques vues supplémentaires. Que ce soit volontairement. Ou de manière involontaire car ces derniers n’ont pas pris le temps de bien se renseigner pour informer comme il se doit leur communauté.
Lors du troisième jour de l’E3, un panel de Take Two Interactive était prévu à 10h15 du matin (heure de Los Angeles). Depuis plusieurs semaines, il était indiqué sur le site officiel de l’E3 que ce panel était une discussion autour de la diversité et l’inclusion.
Ce genre de rendez-vous n’est pas inédit. Tous les ans, l’E3 organise des meetings, petites conférences et autres panels au sein du Convention Center. D’habitude, ces rendez-vous sont beaucoup moins mis en avant puisqu’ils se déroulent pendant les trois jours d’ouverture du salon et visent surtout les joueurs et la presse présente sur place.
Cette année, pour sa première édition entièrement digitale, l’ESA (les organisateurs) en a profité pour promouvoir les petites conférences et les panels comme celui de Take Two. Cela peut être considéré comme une maladresse en termes de communication étant donné que les joueurs attendaient principalement des annonces de jeux et non des discussions autour d’un sujet aussi important.

Take Two Interactive est la société propriétaire de 2K Games, PlayDot, Private Division et surtout Rockstar Games. Une conférence du géant américain a fait énormément de bruit puisque tout le monde attend des informations sur la version next-gen de Grand Theft Auto V et surtout l’annonce du fameux GTA 6. Malgré la confirmation qu’il ne s’agissait pas d’un « showcase », de nombreuses rédactions, streameurs et youtubers ont couvert l’événement en espérant voir des jeux Rockstar ou encore d’autres titres très attendus de 2K Games comme BioShock 4, le prochain Mafia ou un nouveau Borderlands.
Le second exemple concerne la conférence Namco-Bandai du lendemain. La veille, un tweet du compte officiel de l’E3 précisait que cette conférence avait pour unique but de présenter le jeu The Dark Pictures : House of Ashes dont la sortie est prévue le 22 octobre prochain sur PS5, Xbox Series X, PC, PS4 et Xbox One. Hélas, cela n’a pas empêché bon nombre de personnes de faire monter la pression auprès de leur communauté laissant sous-entendre qu’une nouvelle présentation du très attendu Elden Ring pouvait être de la partie.
Internet va vite, les réseaux sociaux vont vite et il est difficile de tout suivre. Nombreux sont les joueurs qui n’arrivent pas à suivre et accordent leur confiance à des rédactions, streameurs ou youtubeurs et qui vont donc être excités, enthousiaste et euphorique face aux annonces et à l’attente que leur promet leurs influenceurs préféré. Et forcément, cela peut vite créer des désillusions.
Une industrie en dent de scie

Le cycle des consoles est également responsable de quelques frustrations du côté des joueurs. Depuis la première édition de l’E3, on remarque que plusieurs éditions mettent consécutivement la barre assez haute, avant de voir les éditions suivantes devenir assez décevantes. Cela correspond souvent avec plusieurs phases.
La première phase correspond à l’annonce des nouvelles consoles. Ainsi, l’E3 2013 était relativement excitant et d’une grande qualité. C’était l’occasion de découvrir la PS4, la Xbox One et les premiers jeux next-gen.
La seconde phase correspond au début de la nouvelle génération. Les développeurs annoncent leurs futurs jeux prévus d’ici un an ou deux. Nous avons le droit à de nombreuses annonces. Une période de deux à trois ans qui correspond au moment où les nouvelles consoles sont à leur apogée avec les ventes qui atteignent leur sommet. Sur la précédente génération, nous avons ainsi eu des E3 2014, 2015 et 2016 assez incroyables avec PlayStation qui était au-dessus de tout.
La troisième phase correspond à la fin de la génération. Le moment où tous les jeux ont été annoncés et que les développeurs travaillent sur les premiers jeux de la nouvelle génération. S’en suivent alors plusieurs mois (et année) de calme où les constructeurs ne peuvent rien montrer pour laisser le temps aux studios de préparer la nouvelle génération. L’E3 2017, mais surtout 2018 et 2019 étaient ainsi assez pauvre avec un E3 2019 qui était une pâle copie de l’E3 2018 avec moins d’une dizaine de nouveaux jeux annoncés.
PlayStation a fait le choix de ne pas se rendre à cette édition. Depuis 2017, la firme ne présentait que The Last Of Us Part.II, Marvel’s Spider-Man, Death Stranding et Ghost of Tsushima, les quatre derniers gros jeux de la PS4.
Le chamboulement sanitaire

Avec l’arrivée de la next-gen en 2020 (PS5, Xbox Series X/S), l’E3 2021 s’annonçait incroyable. Les deux ou trois prochaines annonces promettaient de l’être également avec de nombreuses annonces.
Malheureusement, la pandémie de Covid-19 a bouleversé beaucoup de plans. L’ensemble des studios ont dû travailler à distance, les développements ont pris du retard, la production de consoles ne suit pas et les stocks ne sont pas assez nombreux. Ainsi, il est assez compliqué de savoir comment les choses vont évoluer. Si tout va rentrer dans l’ordre dès la fin de cette année pour avoir une année 2022 digne de ce nom.
Pour le moment, l’année 2022 commence à être bien remplie concernant les jeux à venir. On espère alors que les choses reprendront leur cours avec des événements physiques permettant de créer uniquement trois ou quatre rendez-vous dans l’année afin de condenser les annonces plutôt que de les étirer sur plusieurs mois.
L’envie de vendre du rêve plutôt que de convaincre

Enfin, s’il y a bien une évolution qui divise les joueurs, c’est l’orientation et la façon dont les jeux sont annoncés. Ces dernières années, l’idée n’est plus de convaincre les journalistes qui vont tester les jeux quelques heures après la conférence, mais d’en mettre plein les yeux, de vendre du rêve aux joueurs avec des jeux qui arriveront dans trois, quatre voire cinq ans plus tard.
Les vraies démonstrations de gameplay en live laissent place à des vidéos de gameplay pré-rendus, minutieusement préparées à l’avance et qui donne un résultat quasiment parfait du jeu. Bien entendu, cela ne reflète pas le rendu final du titre et peut créer d’énormes déceptions comme avec le premier opus de Watch Dogs qui fut annoncé lors de l’E3 2012.
Une vidéo de gameplay pré-rendu incroyable. La next-gen avant l’heure, mais qui fut beaucoup trop embellit par l’éditeur français. Lors de la sortie du jeu trois ans plus tard, ce sera la douche froide.

Depuis quelques années nous faisons face aux fameux trailers en CGI. Un trailer en CGI est un court métrage en images de synthèse qui reprend l’univers du jeu et vient le sublimer. Les studios s’en servent au tout début du développement du jeu pour présenter le contexte et l’ambiance du titre quand il n’est pas encore possible de montrer du gameplay ou un trailer « in-engine ». C’est-à-dire, une vidéo réalisée avec le moteur graphique du jeu.
Le problème, c’est que ces trailers sont généralement diffusés bien longtemps avant la sortie des titres en questions. Parfois, le développement du jeu n’a même pas débuté que ce dernier dispose déjà de son trailer CGI. Ainsi, l’attente se révèle être bien longue et le résultat peut là encore bien décevoir. Aujourd’hui, les véritables présentations de gameplay se font de plus en plus rares à l’E3 et dans la plupart des salons et autres conférences.
L’E3, c’était mieux avant ? Est-ce que cela reviendra ?

L’E3, la Gamescom, les rendez-vous Gaming, c’était donc mieux avant ? Il est bien difficile de répondre à cette question. Toutes les précédentes éditions de l’E3 n’étaient pas grandioses. Mais oui, depuis 2019, on ne peut pas dire que nous étions gâtés. Tous les espoirs reposent désormais sur 2022.
D’ailleurs, l’ESA a d’ores et déjà annoncé que l’E3 2022 reviendrait dans une version physique avec de nombreux rendez-vous digitaux. Une bonne nouvelle. La Gamescom avait déjà pour ambition de créer une édition physique cette année, mais l’objectif ne fut pas atteint.
Tout laisse à croire que l’année prochaine sera enfin l’année où tout repartira comme avant, et on l’espère. Pour revivre de grands moments de gaming, il est primordial que l’industrie du jeu vidéo retrouve son rythme et cesse d’abuser des rendez-vous digitaux. Bien entendu, ce n’est pas le seul problème, mais c’est bien là le point de départ. Comme un jeu délicieux que l’on savoure à sa sortie, nous pouvons très vite nous lasser et même nous dégoûter de ce dernier s’il revient tous les ans de manière un peu moins bonne.
Espérons que l’industrie s’unisse et se rassemble autour de deux ou trois événements majeurs dans l’année. Permettant aux studios d’avoir du temps de rattraper leurs retards, de mettre en place leurs projets afin de nous proposer moins de conférences, mais beaucoup plus de qualité.
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