C’est un vrai séisme politique. Quelques heures seulement après les annonces de François Bayrou — qui doit permettre d’économiser 44 milliards d’euros sur le budget 2026 — la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet a proposé de revenir sur un des fondements du modèle français. Elle envisage de toucher aux 5 semaines de congés payés.
Pour rappel cet acquis social remonte au Front populaire en 1936, porté par Léon Blum. Initialement de 15 jours, ils ont atteint 5 semaines en 1982, sous le gouvernement de Pierre Mauroy. Aucune figure politique n’a osé s’y attaquer depuis.
Mais à l’heure du décrochage économique et d’un déficit qui se creuse inexorablement, la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet envisage cette piste comme une solution. Dans une déclaration elle explique :
« Nous avons un objectif d’augmenter le temps de travail dans un contexte où déjà quatre salariés sur dix font des heures supplémentaires avec, par exemple, la possibilité de monétiser la cinquième semaine de congés payés »
Des négociations avec les syndicats
Si cette idée peut vous faire peur, rassurez-vos, elle n’est pas encore inscrite dans le marbre. Comme l’a précisé la ministre, elle doit encore faire l’objet d’une négociation avec les partenaires sociaux.
D’ores et déjà, la CGPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) soutient cette idée. « Si cela correspond aux envies du salarié d’avoir davantage de rémunérations, je ne vois pas où est le problème », assure ainsi le vice-président de la confédération Eric Chevée à nos confrères du Parisien.
À l’opposée, la maire PS de Nantes Johanna Rolland a réagi sur les réseaux sociaux. Elle assure « qu’aucun salarié ne devrait choisir entre une rémunération juste et un repos mérité ! »
Qu’en est-il chez nos voisins ?
Si l’on regarde la situation dans le reste du vieux continent, on se rend finalement compte que la France fait déjà partie des grands gagnants. Avec 5 semaines de congés payés, nous sommes parmi les mieux lotis. Seuls le Luxembourg (26 jours), l’Estonie (28 jours), l’Espagne et Malte (30 jours) font mieux que nous.
Attention toutefois. Comme le précise les économistes Jean Tirole et Olivier Blanchard, la « corrélation ne fait pas le lien de causalité. » En d’autres termes, un pays peut avoir beaucoup de congés payés, mais être en très bonne santé économique. Les deux sujets n’ont pas vraiment de lien entre eux.
Le meilleur contre-exemple est encore nos voisins espagnols. Malgré 5 jours de congés payés en plus et des jours fériés supplémentaires, le pays est dans une très bonne forme économique. Les cas de Malte ou du Luxembourg sont plus difficiles à transposer à la France de par leur taille et leur modèle fiscal très différent.
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