Ecrire comme on respire

Dis, pourquoi tu blogues ?

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La question, récurrente et souvent débattue dans les blogs, suscite souvent des réponses similaires.

Parmi les raisons ou les finalités les plus courantes, il y a ceux qui bloguent pour échanger et partager leurs connaissances, d’autres pour accompagner le développement d’un business, ceux qui tiennent carnet sans raison précise, les exhibitionnistes, les pédagogues, les poètes, ceux qui bloguent pour améliorer leurs revenus, ceux qui le font pour la gloire (au propre comme au figuré), ceux qui le font par nécessité, ceux pour qui le blog est une vitrine professionnelle, ceux qui photobloguent, ceux pour qui le blog sert à organiser leur mémoire, ceux qui bloguent pour rien, ceux qui feraient mieux d’arrêter, ceux qui feraient mieux de commencer, ceux qui se regardent écrire comme on s’écoute parler, d’autres qui bloguent pour… bloguer.
Etc.
Soit, c’est déjà pas mal tout ça, me direz-vous.

Mais il y a une autre motivation, qui constitue pourtant l’essence même d’un blog, et qui est rarement, voire jamais évoquée : l’écriture.
Ouais : le plaisir d’écrire. Tout simplement.

Loin de moi l’idée de prétendre que la blogosphère regorge d’écrivains frustrés en herbe, car dans l’état actuel le web est plutôt un monde de matheux et de techniciens, ou au mieux de journalistes…
Pour autant, je suis souvent surpris par la qualité presque littéraire de certains articles sur lesquels je tombe au hasard d’un surf.
Mieux : la qualité de certains articles qui n’ont pourtant aucune autre vocation que celle de décrire un logiciel ou un service web.
A tel point que d’aucuns sont aussi intéressants pour leur forme que pour ce qu’ils racontent.
Voire parfois plus.

Et personne n’évoque le plaisir d’écrire ? Comme si au pays du pragmatisme scientifique (le web dans son ensemble) il était tabou d’évoquer le frisson que peut procurer la découverte (ou la rédaction) d’un bon texte.

Je me suis personnellement toujours plus situé comme un littéraire que comme un technicien (j’étais d’une nullité crasse en maths et plutôt bon en français-philo-langues) et j’aime écrire. Rédiger, organiser, construire du texte.

Ce qui parfois donne des billets un peu longs là où d’autres (je les admire) vont aller à l’essentiel pour dire la même chose.
Mais tant pis, même si j’essaie d’élaguer, j’aime les mots.

J’ai la chance d’écrire facilement et à peu près correctement, j’avoue sans modestie n’être pas trop mauvais en syntaxe, grammaire et orthographe (même si je fais aussi des fautes comme tout le monde), ce qui accessoirement peut aider à vous pondre un article assez long en quelques minutes sans trop de relecture.
Mais écrire reste toujours un plaisir.

Tant que ce plaisir sera là je continuerai à bloguer (et même à sur-bloguer 😉 : vous n’êtes pas près de vous débarrasser de moi comme ça.
Même si Presse-citron cesse un jour, je bloguerai ou je publierai toujours sur le web, d’une façon ou d’une autre.
Un vrai crampon.

On me demande souvent où je trouve le temps de faire tout ça : je n’ai aucun mérite, le plus long et élaboré de mes articles doit me prendre une petite heure à tout casser, et les autres sont rédigés en quelques minutes (je ne parle pas là du temps passé en recherche, illustration, liens, qui double facilement le temps de rédaction).

Je vous le dis, je ne sais pas si j’écris bien, mais une chose est sûre : j’écris comme je respire. Yeah.

Et vous alors, l’écriture : corvée ou plaisir ?

(photo : Pixabay)


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41 commentaires

  1. Plaisir d’écrire d’où découle souvent plaisir de lire. Mais je m’arrête là, on va dire que je fayotte.

    Le blog, c’est surtout pour moi partager le petit carnet que j’ai dans la poche. Le numérique prend moins de place que le papier.

  2. Plaisir d’écrire, plaisir de s’exprimer, le blog en tant que journal " intime " me plait beaucoup. Ensuite en le professionnalisant il devient concurrent de la presse papier avec ces avantages et ces défauts ce qui est une formule qui me convient moins. Bien qu ils soit parfois agréable d’avoir un journal numérique. donc le blog à plein de ramification depuis l idée de départ qui est vraiment sympa

  3. Ne t’en fais pas pour la longueur de tes billets, ils sont toujours très lisibles, on ne trouve pas le temps long 🙂

    bien d’accord concernant le plaisir d’écrire, principale source de motivation.

  4. Pour moi (puisque la question est posée ) écrire, c’est d’abord le plaisir : un vrai plaisir parce qu’il ne se gagne pas dans la facilité mais dans l’effort ; la recherche de la meilleure formulation, du mot juste.

    C’est goûter la matière des choses de plus près, éprouver parfois des sensations au détour d’une phrase que l’on vient de coucher sur le papier ou l’écran.

    C’est aussi le plaisir d’écrire en fonction de son humeur, chaque jour apparaît différent, ou plutôt comme une variation à partir d’un style qui se forge avec le temps.

    Ce qui me réjouit à travers l’émergence des blogs c’est justement ce retour à l’écrit, et conséquemment, à la qualité. On tombe effectivement sur de vraies perles. C’est alors un authentique plaisir de lecteur.

    Ecrire pour moi c’est aussi se donner de la voix ; de quoi se révolter, s’alerter sur des sujets graves ou futiles. C’est un acte profondément citoyen, d’homme ou femme responsable.

    Avec tout ça, pas étonnant que j’en ai fait mon métier…

  5. salut Eric,
    très juste, ta réflexion sur l’écriture. Beaucoup de blogueurs sont avant tout des amateurs d’écriture.
    Moi, je me retrouve assez bien dans ta description de quelqu’un qui a la chance de ne pas trop galérer pour écrire. J’aime écrire. Et j’aime échanger.
    Ecriture + Echange = BLOG
    à bientôt !

  6. Pour ma part, c’est le plaisir d’écrire (j’aime beaucoup ton idée de "construire un texte") mais c’est aussi et surtout le plaisir de réfléchir.

    Le blog m’aide à coucher une idée, à construire une réflexion.

    Mais il est indéniable que sans le plaisir d’écrire, le blog pert un peu de sa substance. Ya le fond mais plus la forme. Et nous, lecteur, perdons une part de plaisir.

  7. Le plaisir de bloguer passe forcément par celui d’écrire.

    En blogguant, je prends plus de plaisir à organiser / illustrer / voir mon article finalisé qu’à l’écrire.

  8. Au début c’était pour partager mes quelques connaissances sur mon sujet de prédilection (un peu marre de toujours répéter à mon entourage les mêmes astuces ou conseils 😉 ). Puis le plaisir de l’écriture, pas au sens litteraire car j’ai pas mal de progrès à faire … mais au sens marketing du terme (attention, j’ai pas dis commercial !), donc pour faire découvrir les atraits du numérique à mes lecteurs. Sûrement une déformation pro 😉
    PS : Je suis rassuré que tu mettes plus d’une heure qd tu fournis les liens, c’est ce que je trouve de plus consommateurs mais aussi de plus riche dans un blog.

  9. En tout cas ton style d’écriture est très fluide, on te lit avec aisance. Comme toujours quand ça parait simple c’est qu’il y’a beaucoup de travail derriére mais surtout énormément de talent !

  10. Plaisir, même si je ne commence que maintenant à "oser" écrire en mon nom.

    Dis-nous en plus peut-être…
    * Tu écris dans/avec quoi ? (directement dans l’interface de saisie de DotClear, dans typepad, dans un cahier ?)
    * Tu brouillonnes, gribouilles un peu, pas du tout ?
    * Quand et où préfères-tu écrire ? (jour/nuit/bureau/toilettes 🙂 /en réunion/etc.)
    * Est-ce que tu peux écrire dans le bruit, pendant les périodes de rush, devant quelqu’un ? Ou bien dois-tu t’isoler ?

  11. Je suis heureux qu’un specialiste des news web comme toi ait prit le temps d’ecrire ce joli texte.
    Bloguer est aussi (et avant tout?)un acte littéraire. On l’oublie parfois quand on voit que les blogs les mieux "classés sont ceux qui traitent de l’actualité Hightech;faisant peu de place à la création. Mis a part "Embruns" peu de talents litteraires sont mis en valeur.
    Presse-citron a le mérite de méler ecriture de qualité et contenu informatif.Bravo

  12. C’est vrai qu’il y a un certain plaisir à écrire (en tout cas en ce qui me concerne) même si le sujet du blog n’a rien de littéraire. On se réjouit des bons mots et des belles formules que l’on trouve, on ressent une certaine satisfactio à produire des billets fluides, bien structurés, si possible sans fautes d’orthographes 😉 Du point de vue marketing, l’écriture sert aussi à se différencier, à se créer une identité, une "marque de fabrique". Des fois je lis mes flux en vrac dans mon agrégateur et je reconnais certains blogueurs rien que par leur style.

  13. Au début, j’ai essayé de bloguer "utile", histoire que mes quelques lecteurs n’aient pas l’impression de perdre leur temps. Mais au bout de quelques mois, j’ai vite continué de choses simples, intimes et incongrues.

    Je découvre que nous avons un parcours un peu similaire : j’ai fait des études de lettres avant d’obtenir un diplome en informatique.

    Ce "socle" littéraire confirme ce que je pensais de ton blog : il est tout simplement agréable à lire.

  14. A mon sens, tout est histoire de passion et de partage. Quand on est passionné(e) – peu importe le sujet – on aime pouvoir le partager, le faire savoir… et trouver d’autres personnes qui ont cette même passion.
    Quoi de plus naturel que d’exprimer cette passion par l’écriture ? Après, on est effectivement plus ou moins doué, plus ou moins inspiré…

  15. Bonjour Éric

    Ça parait que tu aimes écrire, je l’ai remarqué dès que j’ai découvert ton blogue il y a environ un an. Outre l’excellent contenu, la qualité de tes textes est une des raisons pour lesquelles c’est toujours avec un grand plaisir que je te lis quotidiennement. Continue ton bon travail tant que tu y trouveras du plaisir, il est apprécié.

  16. Plaisir ! Pur bonheur que d’écrire, mais quel horreur de me relire… ! J’adore voir défiler les mots sur mon écran (la situation fait que je préfère parfois du papier) mais je ne me relis quasiment jamais car j’ai encore cette fâcheuse tendance a tout réécrire autrement, comme si rien ne pouvait convenir. Mais, j’adore et c’est d’ailleurs essentiellement pour sa que je blog

  17. Le plaisir d’écrire pour moi aussi.

    Mais qui a parfois été bridé par la sensation qu’il fallait que je publie quelque chose.

    Du coup, depuis cet été, quand j’ai envie d’écrire un truc, je le fais offline. Et je décide de publier ou non. J’ai désormais un document Word qui regorge d’idées de billets plus ou moins débiles…

  18. Bloguer oui, mais pourquoi…

    J’ai l’envie de croire que le plaisir de l’écriture tel que tu le décris renaît aujourd’hui, pour mon plus grand bonheur, d’une coutume perdue depuis l’avènement du numérique. Ecrire aux gens pour donner des nouvelles, écrire à la personne que l’on aime, en voilà une idée surannée désormais ! Et pourtant, il semble que notre envie de partager nos idées et nos émotions n’ait jamais été aussi forte qu’aujourd’hui…

    Car si le blog dispense une émulation collective quotidienne, il nous fait également, nous sentir exister auprès des autres. Il nous pousse au travers de la masse croissante d’individus qui compose notre monde, à nous sentir un peu plus proche des gens. Peut-être premier pas vers la matérialisation de la noosphère, le blog nous fait approcher la conscience des autres non plus seulement dans la sphère de l’intimité, mais dans celle de la collectivité.

    Oui, je blogue parce que j’aime écrire, parce qu’en travaillant sur le sens de l’image, il est parfois bon de jouer avec les mots, parce qu’écrire un message que des milliers de gens liront peut-être, ne satisfait pas mon plaisir personnel, mais bien le sentiment que nous approchons d’une nouvelle dimension dans la communication… et ce qui est nouveau me fait avancer.

  19. C’est très gentil, je te remercie.
    Toi qui travailles dans le tourisme, tu dois savoir à quel point le carnet de voyage est un bel exemple d’écriture qui se partage.

  20. Bonjour les citrons pressés ! (oui je sais c’est pas terrible et ça a du être fait maintes et maintes fois (mais non la honte ne laisse aucun pourpre sur mes joues)

    Je crois que c’est la première fois que je commente un article sur ce blog alors j’en profite, dans un préambule dont je vais essayer d’écarter toute flagornerie, pour dire à quel point je trouve tes/vos (il est dur d’aller contre une certaine tendance au tutoiement après avoir lu tant de billets, il est difficile (enfin pour moi) de tutoyer un inconnu (cette fois-ci au sens physique du terme) écrits d’une qualité rare.
    Le sujet est intéressant et selon moi, une partie de la réponse me semble forcément, logiquement être pour être lu mais aussi pour entamer une discussion, d’où ce commentaire.

    Il me semble, sinon, que je peux différencier deux choses somme toute assez différentes : la raison qui m’a poussé à ouvrir un blog, à savoir une volonté farouche de proposer des idées de sites (j’en ai assez souvent (attention ne me taxez pas de vaniteux, je n’ai absolument pas affirmé qu’elles étaient bonnes), bien trop souvent en tout cas pour avoir le temps matériel de les développer) et la raison qui, maintenant, m’amène à écrire : l’envie de partager. Alors même si mon blog n’a qu’un écho collégual et que le nombre de commantaires se compte avec une main, j’aime l’idée qu’un article, une vidéo, une photo postée sur mon carnet de bord pourra faire sourire/réfléchir quelqu’un d’autre que mon cercle de connaissances.

  21. Un vrai plaisir. Je me souviens que lorsque j’étais sur un forum de Role Play, j’adorais raconter l’histoire de mon personnage et le faire évoluer au fil du temps et des rencontres. Lorsque j’ai arrêté cela, j’étais presque en manque. Certes je continuais d’écrire des textes mais ce n’était plus pareil. Parfois d’ailleurs j’y repense et cela me donnerait envie d’écrire une histoire plutôt que des poèmes …

    M’enfin bon, je n’ai pas vraiment le temps.
    Tout ça pour dire que j’aime bien ton article. =)

  22. Bonne idée ce remontage d’archive.

    Je m’étais fait la même réflexion lorsque ces débats ont commencés à apparaître sur la toile.
    Le blog a longtemps été comparé au « journal intime » et je ne pense pas que l’on en tienne un par obligation.

    Comme dit un peu plus haut aimer écrire est un prérequis sinon ça donne des blogueur « qui ferait mieux d’arrêter ».
    Le second prérequis je pense est d’avoir une bonne rédaction (forme, ortho, etc..), il est plus « excitant » de lire un article très bien formé, sans pour autant qu’il soit « parfait » dans sa rédaction.

    C’est ce second point qui m’empêche d’ouvrir un blog sur le développement web. J’ai une très mauvaise rédaction même sur des choses bénignes, la faute à mon sérieux en cours de français. Sans oublier le fait que le sujet est déjà largement couvert : que puis-je apporter de neuf, moi simple passionné qui aspire à passer professionnel ? [3ième point optionnel : l’originalité]

    Ya.

  23. Pingback: Au hasard des archives : Ecrire comme on respire

  24. c’est une forme d’écriture particulière. on écrit pour soi mais pour les autres aussi. ça donne forcément un style particulier. niveau rédaction, orthographe, grammaire, tout va bien pour moi. mais j’ai hésité à le créer mon dernier et récent blog. la qualité des articles des autres (entre forme, fond et inspiration) est parfois démoralisante au regard de ce que l’on croit nous-même être capable et ne pas être capable d’écrire.

  25. Article très sympa !

    Pour moi ça dépend un peu des cas.
    Je m’explique : quand il s’agit uniquement de partager une musique, une vidéo, je ne prend pas un plaisir particulier à écrire les quelques lignes qui entourent mes photos/vidéos, l’idée étant plus de vraiment partager ces photos/vidéos.
    En revanche quand j’écris un article que je qualifierais de « personnel », avec une véritable recherche derrière et surtout où je construit moi même cet article, alors oui, je prend du plaisir à écrire !

  26. Pour nous, (quand on tiens un blog collectif on perd l’habitude d’employer le « je »), écrire est un source de motivation et d’auto-reconnaissance. Quand l’on passe des heures à chercher une info, la lire, l’étudier et la transformer en billet, on a qu’une seule envie c’est de dire à tout le monde « tiens regarde ce que j’ai écris, eh oué ! pas mal hein ? et bien c’est de moi » En revanche, cette appropriation est très risquée… les commentaires salés d’internautes sont à prendre à nos risques et périls. Ce n’est pas encore un problème pour nous d’ailleurs 😉 Philanthropes, on a décidé de publier des livres blancs gratuits avec des étudiants passionnés d’écriture et de dédé (développement durable) ! CV, reconnaissance, passion, loisir… chacun en fera ce qui veut

  27. Je trouve ça vraiment génial d’indiquer aux gens comment faire pour trouver des bon plan et les occupé. Seulement, il n’est jamais indiqué le site spécial pour les activité qu’on voudrai faire. Par exemple je cherche un site ou je pourrais publier en toute liberté des textes, articles.

  28. Pingback: Écrire et pas me foutre à l’eau* « La vie à la Romane

  29. Je blogue parce que je suis une pipelette qui est aussi sa première lectrice. J’aime écrire, au delà, j’aime me relire. Bon, certes, ça fait vantarde de balancer ça comme ça mais pas de chichi, je réponds à ta question ! 🙂

  30. Je suis atteinte de blogite aiguë mais le temps me manque pour les alimenter comme je veux. Du pur plaisir d’écrire, de mettre des mots sur les maux, les émotions, coucher sur le papier (euh les pixels ^^) les pensées et réflexion, partager avec les autres… Et puis on dit que « les écrits restent » non ? Reste à savoir si c’est applicable au net 😛

  31. Bonjour, je suis une nouvelle blogueuse, mais une très ancienne écriveuse. J’écris beaucoup, depuis longtemps. J’ai écrit pour et avec d’autres, mais je me suis juré de ne plus jamais le faire. Même quand je n’écris pas, ça écrit en permanence dans ma tête. La narration, c’est ma musique de fond.
    Mon bébé blog est un plaisir et presque déjà une addiction, bien qu’il ne soit pas sensé être dédié à l’écriture.
    Parfois, on me dit que je parle comme on écrit et ça ne se veut pas toujours un compliment! Je ne peux pas dire que j’écris comme je respire, mais plutôt comme on nage, en plongeant au large, en fendant les distances, en goutant des sensations, en se mouvant dans une dimension qui vous enserre et vous porte. Comme on visite des mondes engloutis, comme on pêche en eaux très profondes. Perles, coquillages et fragments micacés que je remontent, n’ont de valeur que la lumière des fonds, qu’ils réfléchissent au soleil de la vraie vie, pour l’étonnement des vrais gens.
    Rien de tout cela ne peut se faire vite ni au hasard, je le regrette ! Ecrire est toujours une expédition, qui a comme tout voyage une anticipation -chez moi elle est joyeuse et émouvante- et une répercussion – souvent mélancolique.
    Je vis dans les deux mondes à la fois, d’une vie médiale. Et puisque je suis à l’aise dans les deux plans, j’aide les autres à développer leurs organes des profondeurs. C’est ma passion, sans doute parce que c’est ma seule véritable utilité dans cette vie. Alors, c’est devenu mon métier.

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