En globish dans le texte

Avant on disait franglais et on avait l’air con.Maintenant on dit globish, c’est plus global, donc plus branchouille. Donc on a l’air légèrement plus intelligent.Vous connaissez le globish, cette sorte d’esperanto à base d’anglais vaguement constitué de 300 mots essentiels qui permettent à n’importe-quel startupper de la planète de faire son pitch face à une

Avant on disait franglais et on avait l’air con.
Maintenant on dit globish, c’est plus global, donc plus branchouille. Donc on a l’air légèrement plus intelligent.
Vous connaissez le globish, cette sorte d’esperanto à base d’anglais vaguement constitué de 300 mots essentiels qui permettent à n’importe-quel startupper de la planète de faire son pitch face à une assemblée de VC (ne pas confondre avec les WC de l’Assemblée) ou à n’importe-quel industriel chinois de racheter la moitié de l’Afrique entre deux poignées de main ?
Ne riez pas, nous allons tous devenir globishiens.
Il y a une autre variante du globish, plus francophone et plus insidieuse, que nous utilisons parfois sans même nous en apercevoir, et qui consiste à franciser des termes anglais à l’origine, mais également pour certains à utiliser des abrévations ou acronymes incompréhensibles pour les autres, sauf à déployer d’épuisants efforts de déduction.
Ainsi aurez-vous peut-être remarqué que :

– l’informaticien français dit implémenter au lieu d’implanter (pourquoi faire simple etc…)
– le logiciel vous dit de soumettre au lieu de proposer ou suggérer
– le blogueur poste alors qu’il pourrait publier
– le lecteur mp3 ne supporte pas tel format, ce qui signifie qu’il ne lit pas le format en question
– le développeur édite un fichier ce qui indique qu’il le modifie
– la start-up a une présence globale, alors qu’en français dans le texte sa présence est mondiale ou internationale


    Et concernant les abréviations et autres acronymes, nous avons également un petit florilège mignon tout plein dont j’ai mis un certain temps à décrypter certains spécimens :

    – amha (à mon humble avis)
    – imho (in my humble opinion, version anglaise du précédent)
    – irl (in the real life, très employé la semaine dernière au Web3, peuplé d’une grande tribu de IRLiens)
    – asap (as soon as possible, moins web mais toujours très pratique, je suis un grand asapien)
    – rtfm (read the fucking manual, en gros avant de nous les briser avec tes questions à la con au support, lis donc ce p… de mode d’emploi)

    Bon je vous laisse, j’ai un focus group sur le workflow et c’est plutôt touchy.


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    23 commentaires

    1. Tiens, on se croirait à la présentation Orange de ce matin à l’AMIF…

      Pour être touchy, c’était touchy…

      A un moment, j’ai même failli compter les termes, euh, comment dis-tu, globish, tellement il y en avait et tellement je ne les comprenais pas et que du coup j’avais perdu le fil de la présentation (au demeurant très intéressante sur 3×10, les recherches de Orange à destination des collectivités territoriales, le FTTH, etc.)

    2. En lisant ce billet je me suis mis "late" pour ma "conf call" de "revue de pipe" et en plus je retrouve pas mes "templates". Je suis speed !!!

    3. @Sylvain : VC=Venture Capitalist
      C’est un mec qui a plein de sous à investir dans les startup (enfin je veux les jeunes pousses).

      AFAIK : As Far As I Know … moins utilisé mais on le rencontre parfois.

    4. La plupart des éléments de la première liste sont considérés comme des faux sens/barbarismes voire faux amis et je tape sur les doigts de mes collègues quand je vois un "supporte le format" au lieu de "prend en charge le format".

      C’est bizarre, ces termes globish sont de plus en plus utilisés et répandus, pourtant mes clients continuent d’insister pour qu’on traduise dans un français correct, même si en général la doc s’adresse à des utilisateurs "avertis". Cela dit je préfère pour le moment continuer à traduire dans un langage correct, même pour de la doc dans le domaine multimédia.

    5. @Patrick, non Starck c’était l’inverse : il a fait tout sons speach en anglais avec un accent franchouille à découper au hachoir

    6. Tiens tu es passé à droite avec ton nouveau site! Ca a quelque chose à voir avec l’élection du 6 mai? Ou la nouvelle "petite" amie de notre "grand" président ?!

    7. En même temps, on me dit que nos vies ne valent pas grand chose, Elles passent en un instant comme fanent les roses…

    8. Merci pour les abréviations, à part asap, je ne les connaissais pas!

      ça me donne envie de te montrer un mail "corp" de ma boîte… Un ramassis de globishismes à chaque fois, je l’ai même fait remarquer à mon chef -pardon manager-: il n’a pas eu l’air surpris ("Tu comprends, nous appartenons à une société américaine blabla")!

      irl, les développeurs avec lesquelles je bosse "commit" (commitent en globish?) dès qu’ils ont corrigé un bug.

      Tant que j’ai quelqu’un pour faire mon backup…

    9. En français, ça donne plutôt "les développeurs avec lesquels je bosse". Non, ce n’est pas un lapsus révélateur 🙂

    10. omg trop dur pour nous de devoir utiliser des termes d’origine anglophone. Comme si dans d’autres domaines pourtant bien plus répandus que l’informatique on le faisait pas déjà.
      Un indice : le sport ou le goal arrete un tir venant du point de corner.

    11. Juste une précision venant de la part d’un informaticien (si si, et je n’ai pas honte de le dire… ou alors, disons plutôt : concepteur développeur 😉 ) : implanter n’a rien à voir avec implémenter. "Implanter" une fonctionnalité dans un programme voudrait dire qu’on l’a déjà quelque part et qu’on la fourre dans le programme… Ha si c’était si facile !!! Non, implémenter veut dire réaliser. Donc la traduction de "implement" (implanter) ne correspond pas du tout au sens que l’on donne à implémenter. Et comme j’aime étayer mes propos, je me fie à un dictionnaire en ligne (oui, en ligne, pas un dico papier… je suis dans l’informatique 😉 ) : dictionnaire.mediadico.co…

      Maintenant, il en existe plein d’autres tirés de l’anglais et mal traduit, comme dire qu’une dll est une librairie de fonction, au lieu d’un bibliotheque de fonction…

      Bon allez, c’est pas tout ça, mais meme dans l’informatique on travaille, alors j’y retourne 🙂

    12. Exact Nicko, j’aurais pu ajouter "librairie" pour "bibilothèque" à ma liste, c’est une faute de traduction courante

    13. Pingback: Tongo Traduction, pour que le chinois ne soit plus du chinois | Presse-Citron

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