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Encore présente en Russie, la troisième plus grosse banque américaine fait ses valises

Après des années de blocage, Citigroup peut enfin quitter la Russie. Le Kremlin vient de valider la vente de sa filiale locale, ouvrant la dernière porte qui empêchait la banque américaine de tourner la page. Une sortie tardive, et hautement politique.

Le décret est tombé ce mercredi 12 novembre. Vladimir Poutine a signé l’ordre autorisant la vente des activités russes de Citigroup à Renaissance Capital. Pour la troisième banque américaine, c’est l’aboutissement d’un long parcours semé d’embûches.

Car elle avait annoncé dès 2021 son intention de céder sa branche de détail, dans le cadre du recentrage mené par sa directrice générale Jane Fraser. Mais la guerre en Ukraine a tout mis à l’arrêt : dès 2022, le Kremlin a interdit aux entreprises issues de pays considérés comme « inamicaux » de vendre leurs actifs sans un feu vert présidentiel, rendant la sortie de Citi presque impossible.

Faute de pouvoir trouver un acheteur étranger compatible avec les sanctions, la banque a dû se replier par étapes. Premièrement avec un arrêt progressif du retail, puis la fermeture de sa dernière agence en 2024. Elle a aussi désactivé des cartes avant de stopper la plupart de ses services institutionnels.

Russie
© Dimmis Vart / Unsplash

Un deal opaque

Serait-ce un coup de poker politique ? Un ancien haut responsable, cité par le Financial Times, évoque une « tentative de renouer un canal avec Washington », alors que Moscou cherche à apaiser un climat diplomatique particulièrement tendu. « Toutes les grandes entreprises étrangères sont des otages », rappelle-t-il.

Le repreneur, Renaissance Capital, appartient à un cercle de plus en plus restreint d’institutions financières russes encore épargnées par les sanctions occidentales. Ancien joyau du milliardaire Mikhail Prokhorov, le groupe a été restructuré ces dernières années et apparaît comme l’un des rares acteurs capables de reprendre un actif exploité historiquement pour les grandes multinationales américaines présentes en Russie.

Aucun montant n’a été communiqué. Un silence qui n’a rien d’anodin, le Kremlin imposant de lourdes décotes aux vendeurs étrangers, ainsi que des contributions obligatoires au budget fédéral. Le détail des conditions restera sans doute sous scellés, comme pour la plupart des exits occidentaux depuis le début de la guerre.

banque citi hsbc
© Unsplash / Miquel Parera

Les départs s’enchaînent

Cette opération s’inscrit dans une longue série de départs : Goldman Sachs, ING, Société Générale ou encore Deutsche Bank ont déjà plié bagage. Ne persistent que quelques acteurs européens, comme Raiffeisen, UniCredit ou OTP, devenus malgré eux des relais essentiels entre les entreprises occidentales et le système financier russe.

Pour Citi, cette vente marque aussi l’une des étapes de sa cure d’amaigrissement mondiale. La PDG veut en effet se retirer de 14 pays, céder la Pologne et fermer des activités en Corée et en Chine afin de réduire les coûts et simplifier la structure du groupe.

  • Citigroup a enfin obtenu le feu vert de Vladimir Poutine pour vendre sa filiale russe à Renaissance Capital, après trois ans de blocage politique.
  • La banque américaine tente de clore un dossier devenu ingérable depuis l’invasion de l’Ukraine et les restrictions imposées aux entreprises occidentales.
  • Cette sortie s’inscrit dans un retrait plus large, alors que Citi ferme ou vend des unités dans le monde.

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