Les rêves d’un avion hypersonique européen ne remontent pas à hier. Le monde entier se souvient du Concorde, aujourd’hui encore le seul avion de ligne capable de franchir le mur du son. Deux décennies après le dernier vol, les projets d’avion supersonique renaissent de leurs cendres.
Aux États-Unis, l’entreprise Boom Supersonic concentre tous les espoirs. En Europe, comme trop souvent, plusieurs projets concurrents se développent côte à côte. Lors de la dernière édition du Salon du Bourget, l’entreprise Dassault Aviation a présenté Vortex, un prototype soutenu par le ministère des armées français.
Un nouveau projet
Cette semaine, c’est l’agence spatiale européenne qui a levé le voile sur son projet. Baptisé « Invictus » il reprend en grande partie les travaux de l’entreprise britannique Reaction Engines Ltd, qui a fait faillite l’an dernier. Financé par l’ESA, ce nouveau projet est actuellement entre les mains du cabinet de conseil Frazer-Nash, en charge de trouver des fournisseurs.
Un vol dès 2031
Lors de la courte présentation de ce nouveau programme, l’ESA a fait des annonces très optimistes. L’agence spatiale européenne espère ainsi que cet avion du futur sera capable de voler dès 2031. Un calendrier ultra-serré, qui paraît d’ores et déjà difficile à tenir.
Autre promesse faite par le cabinet de conseil, l’avion sera capable de décoller et d’atterrir depuis une piste d’aéroport standard. Ce serait une vraie prouesse technique. Avec une telle capacité, il pourrait être utilisé dans de plus larges domaines, qui restent encore à définir.
Un moteur hybride
Le cœur du projet sera évidemment la motorisation. À ce titre, l’ESA veut reprendre les travaux britanniques déjà effectués. Elle compte s’appuyer sur « Sabre » (Synergetic Air Breathing Rocket Engine), un moteur à mi-chemin entre un réacteur d’avion et un système de propulsion digne d’une fusée.
Cette motorisation hors norme devrait être capable de pousser l’avion jusqu’à Mach 5 (6 174 km/h) et atteindre une altitude de croisière de 26 kilomètres. En fonction des différentes phases de vol, le moteur pourrait être alimenté par de l’hydrogène ou de l’oxygène liquide.
Une concurrence féroce
Si le projet Invictus est séduisant à plus d’un titre, il n’est pas le seul à vouloir faire de l’avion hypersonique une réalité sur le vieux continent. De nombreuses start-up développent déjà des solutions similaires. On peut mentionner Sierra Nevada Corp, Dawn Aerospace et Radian Space.
En dehors des frontières européennes, la NASA, mais surtout la Chine développe aussi son avion hypersonique « Shenlong ». L’Europe arrivera-t-elle à répondre à cette concurrence internationale ? Elle devra sans doute regrouper ses projets sous une seule entité pour espérer faire de l’ombre aux géants américains et chinois.
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